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Mise en demeure contre le CISSS du Bas-Saint-Laurent afin de cesser le TSO

Quatre employés médicaux marchent de dos dans un couloir d'hôpital.

Le Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires de la région a envoyé une mise en demeure au CISSS pour qu’il mette fin à l’utilisation du TSO, d’ici le 15 novembre (archives).

Photo : iStock

Alice Proulx

Un syndicat affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) met en demeure le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent afin qu'il cesse d'avoir recours au temps supplémentaire obligatoire (TSO) comme mesure de gestion de ses employés, d’ici le 15 novembre.

La FIQ et ses syndicats affiliés avaient annoncé, quelques jours plus tôt, qu'ils souhaitaient emprunter la voie judiciaire pour contraindre le gouvernement à en finir avec cette pratique qui s'applique aux infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques.

Une dizaine de régions du Québec font partie de l'offensive, dont le Bas-Saint-Laurent.

Le Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires de la région a ainsi demandé à la présidente-directrice générale du CISSS, Isabelle Malo, d'agir afin de mettre fin à l’utilisation abusive du TSO dans ses établissements.

« Un TSO, c’est une mesure d’exception, c’est quelque chose qui devrait arriver très rarement, mais actuellement, c’est tous les jours. C’est rendu une culture et ça ne devrait pas être ça. »

— Une citation de  Cindie Soucy, présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires
Cindie Soucy, présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et 
cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent.

Cindie Soucy, présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent (archives).

Photo : Radio-Canada / Édith Drouin

Mme Soucy déplore que le recours au travail en temps supplémentaire obligatoire soit désormais un mode de gestion bien établi, ce qui illustre, selon elle, une grande défaillance dans la gestion de l’établissement.

On a des secteurs, comme à Matane et dans la Matapédia, qui sont très fragiles actuellement et qui travaillent en sous-effectifs. Ça met à risque les soins donnés à la population, la qualité des soins. On demande à Mme Malo de prendre des actions politiques, même si elles sont très difficiles, pour respecter la capacité des professionnels en soin de prodiguer des soins sécuritaires, à la hauteur de ce qu’ils sont capables de faire, explique-t-elle.

Des professionnels à bout de souffle

Cindie Soucy ajoute que ces situations occasionnent énormément d'épuisement et de détresse psychologique chez les professionnels de la santé. Elle demande ainsi aux gestionnaires d'appliquer les plans de contingences qui visent la diminution des services offerts à la population.

Souvent, la situation est tellement grave qu’il est rendu trop tard pour trouver des solutions qui seraient adéquates. Si on veut préserver les services qui sont donnés à la population, il arrive un temps où on n'a pas le choix de diminuer pour permettre aux professionnels en soin, qui restent en place, de reprendre le dessus, [...] parce que sinon, on va directement dans un mur, lance-t-elle.

Image floue de travailleurs de la santé dans un corridor d'hôpital.

Cindie Soucy mentionne qu'il n’est pas rare de voir plusieurs professionnels de la santé éclater en sanglots au cours de leur prestation de travail (archives).

Photo : getty images/istockphoto / OZANKUTSAL

La présidente du Syndicat précise que le TSO correspond, généralement, à une période allant de 12 à 16 heures de temps supplémentaire.

C’est déjà beaucoup trop pour un professionnel en soin qui doit garder sa concentration durant tout son quart de travail pour être 100 % présent pour ses patients, affirme Mme Soucy.

« C’est maintenant qu’on doit agir et c'est maintenant qu’on doit cesser cette pratique.  »

— Une citation de  Cindie Soucy, présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires

Le syndicat a également interpellé la ministre responsable de la région, Caroline Proulx, afin qu'elle agisse en ce sens.

Le porte-parole du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Gilles Turmel, a répondu que le CISSS prend acte [de la mise en demeure] et va continuer à œuvrer dans le meilleur intérêt des usagers, tout en tenant compte du mieux être possible de ses ressources humaines. M. Turmel a également tenu à rappeler que l'ensemble des PDG des Centres intégrés du Québec - pas seulement Mme Malo - ont reçu une mise en demeure similaire.

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