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L’itinérance dans le Grand Nord, entre bonne volonté et moyens limités

Façade extérieure avant d'un refuge, fondé dans un ancien hôtel. Un masque de protection par terre, dans la neige.

À l'approche de l'hiver, la question de l'itinérance revient à l'avant-plan des intervenants et des élus. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Le soir même où il a rejeté une proposition controversée de refuge de jour temporaire pour accueillir les personnes itinérantes, le conseil municipal de Yellowknife a adopté à l’unanimité le rapport du recensement des sans-abri. Cette apparente contradiction témoigne à la fois de la réalité de ceux qui habitent les rues de villes comme Yellowknife et Whitehorse et des défis auxquels font face ceux qui tentent de les aider.

Selon le plus récent rapport Point in Time , portant sur l’itinérance à Yellowknife, du Bureau de la statistique des Territoires du Nord-Ouest, 312 personnes étaient sans domicile fixe en 2021, ce qui représente 1,46 % de la population de cette ville d’environ 21 400 habitants.

À Whitehorse, le même type de rapport note la présence de 151 personnes sans-abri, ce qui représente 0,46 % des quelque 33 000 habitants de la capitale yukonnaise.

En comparaison, les 2095 personnes itinérantes de Vancouver, une ville où les conditions météorologiques sont plus clémentes, comptent pour 0,3 % de la population.

Pas assez de logements, trop chers?

Si la proportion de sans-abri diffère entre les deux capitales territoriales, les causes de l’itinérance et le profil des personnes touchées sont similaires.

Dans les deux villes, plus de 85 % des itinérants sont Autochtones, près de la moitié sont des femmes, et la plupart ont entre 25 et 45 ans.

Selon les deux rapports, la principale barrière au logement mentionnée par les itinérants consultés est le manque de logements abordables associé à un revenu considéré comme trop faible.

À cela s’ajoutent différentes questions de santé mentale, de même que des problèmes de dépendance à l’alcool et aux drogues. Chez les femmes de Yellowknife, la violence familiale est un autre facteur majeur.

Cette situation, la directrice aux relations communautaires du YWCA des Territoires du Nord-Ouest, Alayna Ward, la connaît bien.

L’organisme pour lequel elle travaille offre différents services aux familles, dont de l’aide au logement pour les familles défavorisées et un refuge pour les femmes victimes de violence.

Selon elle, les problèmes d’accessibilité au logement sont loin d’être une nouveauté au territoire.

Le logement a toujours été problématique à Yellowknife et dans les Territoires du Nord-Ouest, surtout pour les familles, parce que le coût est élevé et qu’il est difficile de trouver des endroits où loger les familles plus grandes, explique-t-elle.


Sans-abri, au-delà du dictionnaire

Bon an, mal an, le YWCA des Territoires du Nord-Ouest soutient une centaine de familles dans le besoin afin qu’elles ne se retrouvent pas en situation d’itinérance, ajoute-t-elle. Les services offerts vont de la distribution de paniers alimentaires à de l’aide pour payer certaines factures.

Photo officielle d'Alayna Ward, directrice aux relations communautaires du YMCA des Territoires du Nord-Ouest.

Selon Alayna Ward, le territoire est aux prises avec un manque criant de logements abordables.

Photo : Fournie par Alayna Ward

Ces familles, l’organisme les considère comme itinérantes, même si elles ne sont pas toujours reconnues comme étant sans-abri, parce qu’elles habitent dans des lieux non sécuritaires ou surpeuplés ou dorment sur les divans d’amis, précise Mme Ward.

Il en va de même pour les femmes victimes de violence, qui sont surreprésentées au territoire, selon des données récentes de Statistique Canada. Les Territoires du Nord-Ouest arrivent au deuxième rang en ce qui concerne le taux de violence conjugale au pays, après le Nunavut.

Bien que les 121 femmes que le YWCA a accueillies dans ses refuges de Yellowknife et de Fort Smith en 2020 ne soient pas, elles non plus, considérées comme vivant dans la rue, elles n’ont pas de domicile fixe et se retrouvent tôt ou tard à la recherche d’un logis, rappelle Alayna Ward.

Elle insiste sur le fait que, en plus des moyens d’urgence, il faut des logements abordables en nombre suffisant.

« On sait [...] à quel point il y a un manque criant de logements au territoire et que ceux qui sont disponibles sont inabordables et inadéquats. »

— Une citation de  Alayna Ward, directrice aux relations communautaires du YWCA des Territoires du Nord-Ouest

Il est essentiel que le gouvernement investisse dans la construction d’infrastructures et s’assure qu’il y a des logements parce qu’en ce moment il n’y en a tout simplement pas, ajoute-t-elle.

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