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Analyse

La valse-hésitation de Québec 21 sur le troisième lien

Jean-François Gosselin avoue s'être mal exprimé sur le projet de troisième lien.

Jean-François Gosselin avoue s'être mal exprimé sur le projet de troisième lien.

Photo : Radio-Canada

Le chef Jean-François Gosselin appuie le tunnel Québec-Lévis et sème la confusion.

Pour répondre aux préoccupations des citoyens qu'il rencontre lors de son porte-à-porte, le chef de Québec 21 a proposé mercredi que le troisième lien soit scindé en deux : un tunnel pour le transport collectif entre les centres-villes de Lévis et Québec et un autre pour les automobilistes qui contourneraient le quartier Saint-Roch vers l'est.

Jean-François Gosselin appuie toujours le projet du gouvernement Legault, mais il cherche des solutions pour le rendre plus acceptable.

Le lendemain, il a dû reculer et préciser sa pensée. Je me suis mal exprimé, a-t-il avoué.

Sa déclaration initiale a étonné dans l'entourage de la CAQ à un point tel, qu'une source gouvernementale a dérogé à son devoir de réserve en période électorale pour remettre les pendules à l'heure. Ce scénario n'a jamais été envisagé.

Ses adversaires lui ont reproché son improvisation en évoquant que ce nouveau plan avait été élaboré sur une napkin, un exemple qu'il a lui-même abondamment utilisé par le passé pour démolir le projet de tramway.

Le chef de Québec 21 a commis la même erreur que son adversaire plus tôt dans la campagne. Il a réfléchi à voix haute sur le projet de tunnel, comme Bruno Marchand l'avait fait au sujet d'une taxe spéciale pour le tramway.

Répondant à une question en apparence toute simple, il s'est retrouvé à défendre deux tunnels au lieu d'un.

Nuance

Ce n'est pas Québec 21 qui a lancé le débat sur le troisième lien cette semaine. C'est Bruno Marchand. Le chef de Québec forte et fière a annoncé qu'il n'avait pas l'intention de se prononcer sur cette question d'ici la fin de la campagne. Une déclaration qui a bien failli faire couler beaucoup d'encre si ça n'avait pas été de la sortie de Québec 21.

La tempête qu'il s'apprêtait à soulever démontre qu'encore une fois, en politique, il est difficile d'être nuancé sur un sujet. Le gros bon sens, c'est toujours meilleur en théorie.

Là où M. Marchand a peut-être raison, c'est quand il dit que le troisième lien n'est pas un enjeu de campagne cette année et qu'il le sera très certainement la prochaine fois, en 2025. La CAQ vient de lancer le processus d'évaluation environnementale. Le projet prendra forme dans les prochaines années.

Premier coup de sonde

Le chef de Québec forte et fière aura été le plus virulent dans ses propos sur les résultats du premier sondage LeSoleil/FM93/Navigator publié cette semaine. Le nouveau venu arrive en troisième position avec 12 % des intentions de vote. C'est Marie-Josée Savard qui est en tête avec 36 % des voix.

Bruno Marchand répète que c'est son parti qui mène la campagne. Il pense que les résultats seraient différents aujourd'hui compte tenu des derniers développements dans la course. Il cite l'absence de Marie-Josée Savard au débat organisé par la Table de concertation des aînés de la capitale nationale et la présence d'un candidat climatosceptique dans les rangs de Québec 21.

Il est vrai qu'un sondage, c'est une photo prise à un moment précis.

Cependant, quand on regarde l'évolution des intentions de vote à Québec depuis le printemps, on ne voit pas de mouvement de contestation ou de rejet de l'administration Labeaume. Le vent de changement annoncé par Québec forte et fière ne s'est pas encore matérialisé.

La campagne est encore jeune. Tous les partis reconnaissent que rien n'est joué.

Mais la course continue de souffrir d'un manque de visibilité. Il est beaucoup question de la campagne électorale dans les médias, mais elle fait rarement la une. Ce déficit d'attention semble profiter à la dauphine du maire sortant.

Absence

Régis Labeaume s'est tenu loin des médias dans la dernière semaine. Il a également manqué l'activité de financement de sa protégée jeudi soir.

Sa présence et ses commentaires en début de campagne ont été soulignés à gros trait par les adversaires de Marie-Josée Savard.

Son absence fait beaucoup moins de bruit. Cela joue probablement en faveur de la candidate.

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