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Bientôt, presque tous les travailleurs de la santé au Canada devront être vaccinés

Une femme dans un hôpital.

Une employée travaille à l’Hôpital Jean-Talon, à Montréal, au Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Alors que le Québec a repoussé cette semaine la date butoir de la vaccination obligatoire de tous les employés de la santé au 15 novembre, la majorité des autres provinces sont engagées dans un processus similaire et pourraient faire face au même dilemme si elles souhaitaient éviter des ruptures de service.

Au Québec, il reste encore plus de 22 000 travailleurs de la santé qui ne sont pas adéquatement vaccinés et qui risquent d'être mis à pied s'ils n'obtiennent pas leurs deux doses d'ici un mois.

Le 26 août dernier, plus de 43 000 travailleurs n’étaient pas adéquatement vaccinés. En moyenne, 1400 travailleurs ont été vaccinés par jour entre le 26 août et le 11 octobre. Si ce rythme se maintient, le gouvernement espère réduire de beaucoup le nombre de travailleurs qui pourraient être mis à l’écart.

Selon les données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), 93,4 % des employés du réseau de la santé sont adéquatement vaccinés. Seules les régions sanitaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Capitale-Nationale et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine ont un taux de vaccination supérieur à 95 %. Le Nunavik a le taux le plus bas, avec 86 % des travailleurs adéquatement vaccinés.

Les taux de vaccination sont moins élevés dans les CHSLD et parmi les préposées aux bénéficiaires.

Selon une enquête épidémiologique de l’INSPQ (Nouvelle fenêtre), entre le 1er mars et le 14 juin 2020, 13 581 travailleurs de la santé ont été atteints de la COVID-19, soit le quart des cas recensés au Québec lors de la première vague de COVID-19. Onze de ces travailleurs de la santé en sont morts. La majorité (70 %) des travailleurs de la santé infectés par la COVID-19 étaient des préposés aux bénéficiaires, des infirmières ou des infirmières auxiliaires.

D’après l’INSPQ, leur risque de contracter la COVID-19 a été environ 10 fois plus élevé que celui du reste de la population.

Ailleurs au pays

La Colombie-Britannique a annoncé la semaine dernière que tous les travailleurs des établissements de soins de longue durée devaient obtenir une première dose d'ici le 12 octobre et une deuxième dose dans les 35 jours suivant la première, sans quoi ils devront prendre un congé obligatoire sans solde. En date du 12 octobre, 5 % (1955) de ces employés n’avaient reçu aucune dose (Nouvelle fenêtre).

Ailleurs au pays, les données sur le statut vaccinal des travailleurs de la santé sont parcellaires. Plusieurs provinces ont récemment annoncé la vaccination obligatoire et les travailleurs ont encore quelques jours, voire quelques semaines pour soumettre leur preuve de vaccination.

Pour l’instant, en Ontario, au Yukon et au Nunavut, la vaccination des travailleurs du secteur de la santé n’est pas obligatoire.

Par contre, en Ontario, les travailleurs des milieux à risque élevé (hôpitaux, fournisseurs de services de soins communautaires et à domicile, foyers de soins de longue durée, services ambulanciers) qui ne soumettent pas de preuve de vaccination complète doivent subir régulièrement des tests de dépistage et suivre des séances d'éducation sur les vaccins.

L’Ontario précise que 705 900 travailleurs de la santé ont reçu une dose et 697 000 ont reçu deux doses, mais n'indique pas combien de travailleurs en tout étaient concernés.

La grande majorité des hôpitaux ontariens ont pour leur part commencé à obliger la vaccination des travailleurs et certains ont déjà commencé à mettre à pied ceux qui n’ont pas reçu deux doses. C’est le cas, par exemple, de 252 employés dans la région de Waterloo (Nouvelle fenêtre).

À Terre-Neuve-Labrador, sur les 39 277 travailleurs de la santé, 37 361 ont été vaccinés à la fin de septembre, soit 95 %. La province ne collige pas de données sur les travailleurs de la santé dans le secteur privé (p. ex., massothérapeutes agréés, travailleurs de soutien à domicile).

La Nouvelle-Écosse dit avoir administré plus de 50 000 doses (soit vacciné environ 25 000 personnes) au début de sa campagne de vaccination, mais n’a pas de données plus récentes sur celles qui ont depuis été vaccinées. Le 29 septembre dernier, la province a délivré un mandat de vaccination à tous les travailleurs de la santé; ceux-ci doivent présenter une preuve de vaccination complète avant le 30 novembre. Ainsi, d’ici un mois, la province aura une meilleure idée du statut vaccinal de ses travailleurs de la santé.

Un porte-parole du ministère albertain de la Santé indique que 93 000 travailleurs, médecins et bénévoles ont soumis une preuve vaccinale à ce jour. La province précise que plusieurs employés ont reçu leurs deux doses, mais n’ont pas encore donné leur preuve vaccinale, puisqu'ils ont jusqu’au 16 octobre pour le faire.

Le porte-parole n’a pas indiqué combien d’employés totaux doivent soumettre cette preuve, mais le site du gouvernement indique que 108 600 personnes travaillent aux Services de santé Alberta, 12 500 employés aux laboratoires Alberta Precision, Carewest et CapitalCare Group, et que cela concerne 12 200 bénévoles et plus de 10 900 médecins.

Ainsi environ 70 % des 133 300 employés auraient soumis leur preuve vaccinale à ce jour. Le ministère indique qu’on permettra autant que possible aux travailleurs non vaccinés de poursuivre, mais que certains pourraient être mis à pied après le 31 octobre.

Le Nunavut, la Saskatchewan et le Manitoba ne colligent pas de données sur le statut vaccinal des travailleurs de la santé.

En Saskatchewan, les travailleurs de la santé ont jusqu’au 1er octobre pour déclarer leur statut vaccinal. Ceux qui ne seront pas vaccinés devront se soumettre à des tests de dépistage et demander, dans la mesure du possible, qu'on s'adapte à leurs besoins.

Ailleurs dans le monde, aux États-Unis, Northwell Health, le plus grand fournisseur de soins de santé de l'État de New York, a annoncé au début d'octobre que 1400 employés (moins de 2 % de son personnel) ont refusé de se faire vacciner et ont dû quitter leur emploi. Au 13 octobre, 90 % des travailleurs de la santé (Nouvelle fenêtre) de cet État sont vaccinés. Le comté de Wyoming a le plus bas taux avec 74 % des travailleurs vaccinés. 

En France, environ 15 000 des 2 millions des travailleurs de la santé du pays sont sur le point d’être suspendus sans salaire parce qu'ils n'ont pas fourni de preuve vaccinale.

Le point sur la couverture vaccinale au Canada

À ce jour, 71 % de la population canadienne totale (ou 81 % de la population de 12 ans et plus) a été entièrement vaccinée contre la COVID-19.

Le taux de vaccination est encore sous le seuil de 80 % pour les 40 ans et moins. Il y a un peu plus de jeunes de 12 à 17 ans (75 %) entièrement vaccinés que d'adultes de 18 à 29 ans (72 %).

Plus de 56 millions de doses ont été administrées au Canada, selon Santé Canada (Nouvelle fenêtre). Parmi ces doses, on enregistre environ 18 000 signalements d’effets secondaires suivant l’immunisation, soit 0,032 % de toutes les doses. De ce nombre, 13 307 étaient des effets secondaires sans gravité (0,024 %), et 4675, des effets secondaires graves (0,0008 % de toutes les doses).

En date du 1er octobre 2021, Santé Canada faisait état de 82 cas du syndrome de thrombose avec thrombocytopénie, dont six décès (âge médian de 57 ans); de 31 cas du syndrome de Guillain-Barré (âge médian de 54 ans); et de deux cas du syndrome de fuite capillaire. De plus, on a recensé 859 cas de myocardite ou péricardite (âge médian de 28 ans).

Santé Canada reconnaît que le nombre de cas de myocardite/péricardite après vaccination est plus élevé que ce à quoi on pourrait normalement s’attendre dans la population en général, particulièrement chez les hommes et femmes âgés de moins de 40 ans et après la deuxième dose.

Les taux d’effets secondaires suivant la deuxième dose sont moins élevés que ceux suivant la première dose.

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