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Des résidents de Lytton sont déçus des résultats de l’enquête du BST

L'enquête du BST ne permet pas de conclure à un lien entre le feu et un train qui a traversé le village peu avant.

Lytton vue de loin, avec le chemin de fer devant et les montagnes derrière.

Le village de Lytton a été détruit à plus de 90 % par l'incendie du 30 juin, qui a causé la mort de deux personnes.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Des résidents de Lytton, détruit par les flammes le 30 juin dernier, sont déçus des résultats d’une enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), qui n’a pas permis de conclure à un lien entre l’incendie et un train du Canadien National (CN) qui a traversé le village quelques minutes plus tôt.

Certains d’entre eux, qui ont tout perdu dans cette catastrophe, se questionnent aussi sur le fait que les enquêteurs de l’agence fédérale n'ont pas interrogé les habitants de Lytton.

Personne ne va vraiment accepter cette conclusion. En tout cas, c’est le cas pour moi et pour beaucoup de gens à qui j’ai parlé, dit Alfred Higginbottom, de la Première Nation de Skuppah.

Il ajoute que, selon lui, les membres de la communauté auraient dû être consultés pendant le processus d’enquête.

D’abord, [il aurait fallu] impliquer la communauté et les gens dans ce processus, pour qu’ils en aient une compréhension claire, pas juste donner des résultats quatre mois plus tard, dit M. Higginbottom.

Aucune anomalie lors des inspections

Le BST n’a noté aucune anomalie lors de l’inspection d’un train du Canadien Pacifique (CP), exploité par le CN, qui a circulé dans le village 18 minutes avant que l’incendie ne soit signalé.

Les enquêteurs n’ont trouvé aucune trace de surchauffe des locomotives, de freins brûlés ou d’autre problème qui aurait pu mener au déclenchement de ce feu ni trouvé d’anomalie lors du visionnement de vidéos du train en marche et d’entrevues avec des employés des compagnies ferroviaires.

Cependant, le responsable de l’enquête, James Carmichael, a révélé jeudi, en réponse aux questions des journalistes, qu’il n’avait pas interrogé de résidents de Lytton, dont certains disent avoir été témoins du déclenchement de l’incendie.

Impossible d’écarter complètement la piste du train

Le BST n’est pas en mesure d’écarter définitivement la piste du train comme origine de l’incendie, mais aucune preuve ne lui permet d’établir de lien entre les deux.

Tout ce qu’on peut dire en ce moment, c’est qu’à ce jour, avec les informations, la preuve, les données que nous avons vues, nous ne pouvons pas conclure qu’un train ou les activités ferroviaires ont été définitivement la cause du feu à Lytton, a expliqué en point de presse, jeudi, la présidente de l’agence fédérale, Kathy Fox.

Des résidents de Lytton placent beaucoup d’espoir dans des enquêtes parallèles menées par le Service de lutte contre les incendies de la Colombie-Britannique et la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

On croise les doigts pour que la GRC et le BC Wildfire Service poussent plus loin et qu’ils viennent nous demander à nous autres : qu’est-ce qu’on pense, et qu’est-ce qu’on a vu, déclare Geneviève Bujold, propriétaire de deux maisons dans le village du canyon du Fraser.

De l'herbe sèche près de rails.

Le BST affirme que le Service de lutte contre les incendies de la Colombie-Britannique soupçonne que le feu a commencé à cet endroit situé près d'un chemin de fer du CN.

Photo : Bureau de la sécurité des transports du Canada

La cheffe de la Première Nation de Lytton, Janet Webster, s’est dite déçue de l’enquête du BST.

Le BST est venu neuf jours après le feu et plusieurs choses avaient déjà été fouillées : le CN était venu pour enquêter, la GRC et le BC Wildfire Service aussi, dit-elle.

J’ai l’impression qu’ils n’ont pas interviewé tous ceux qui auraient pu être témoins du feu, ajoute Mme Webster. On a besoin de voir les rapports de la GRC et du BC Wildfire Service, et j’espère que tout le monde sera franc dans ces rapports.

La GRC a indiqué faire des progrès importants dans son enquête, mais n'est pas en mesure de donner d’échéancier quant à sa conclusion.

Le district régional de Thompson-Nicola et la Première Nation de Lytton ont tous deux affirmé croire qu’un train est responsable de l’incendie.

Une demande de recours collectif déposé par un résident du village contre le CP et le CN allègue que c’est une étincelle provenant des rails qui a déclenché le feu, alors que la température frôlait les 50 degrés Celsius dans la région et que des rafales soufflaient jusqu’à 70 km/h.

Ces allégations n’ont pas été prouvées en cour.

Avec des informations de Michelle Ghoussoub et de Wildinette Paul

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