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Le nombre d’élèves morts au pensionnat de Cross Lake est plus élevé qu’on pensait

Un groupe d'élèves assis dans une salle de classe du pensionnat de Cross Lake et une enseignante religieuse se tient debout.

Un groupe d'élèves assis dans une salle de classe du pensionnat de Cross Lake, au Manitoba (février 1940).

Photo : Ministère des Affaires autochtones et du Nord canadien/Bibliothèque et Archives Canada

Radio-Canada

Des documents indiquent que 84 élèves sont morts à l’ancien pensionnat pour Autochtones de Cross Lake, dans le nord du Manitoba, alors que de précédentes informations avançaient plutôt le chiffre de 30.

Avertissement : des informations contenues dans cet article pourraient être troublantes pour certains lecteurs.

Le pensionnat pour Autochtones de Cross Lake était situé dans la Première Nation de Pimicikamak, à plus de 500 km au nord de Winnipeg. Il a fermé ses portes en 1969.   

Le chef de la Première Nation, David Monias, affirme que l'archidiocèse de Keewatin-Le Pas a produit des dossiers révélant l'ampleur des décès dans l’établissement entre 1912 et 1967.

Pour l’instant, le Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR) dénombre, sur son site Internet (Nouvelle fenêtre), 30 jeunes Autochtones qui ont perdu la vie dans ce pensionnat. Cependant, le CNVR mentionne qu’il n’a étudié qu’une partie des documents qu’il détient.

L’archevêque de Keewatin-Le Pas, Murray Chatlain, explique que ces nouvelles informations sont apparues lorsque les Missionnaires oblates du Sacré-Coeur ont engagé une archiviste pour fouiller dans leurs dossiers. 

Ces nouveaux documents fournissent des détails sur la façon dont les élèves sont décédés et de dont les autorités en ont été informées, sauf les proches, explique le chef de la Première Nation Pimicikamak, David Monias. 

« Dans un des cas, un garçon est décédé à la suite d’une noyade. Les parents n’ont été prévenus qu’en décembre, lorsqu’ils ont tenté de rendre visite à leur fils au pensionnat. [...] C’était vraiment déchirant de lire ces documents. »

— Une citation de  David Monias, chef de la Première Nation de Pimicikamak

M. Monias explique que des personnes ont indiqué à la communauté de Pimicikamak l’endroit où pourraient se trouver certaines sépultures. La Première Nation a contacté une compagnie pour des fouilles radar afin de mener les recherches. 

La communauté, comme plusieurs autres, a transmis à Ottawa une demande de financement pour tenter de retrouver les enfants disparus des pensionnats, mais n’a pas encore eu de réponse. 

Quant au gouvernement manitobain, en juin dernier, il s’était engagé à financer à hauteur de 2,5 millions de dollars des recherches sur les anciens sites des pensionnats pour Autochtones dans toute la province.

CBC a contacté la province et le gouvernement fédéral à propos du financement demandé par la communauté de Pimicikamak, mais n’a pas obtenu de réponse avant la publication de ce texte. 

Après la découverte de ces nouveaux documents, la communauté souhaite continuer de faire avancer cette quête d’un passé oublié, ou tu, à l’aide de radars qui scrutent le sol. 

Avec les informations de Jill Coubrough

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