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Un taux inquiétant d’analphabétisme en Estrie

Photo montrant un livre au milieu d'un pique-nique.

Le taux d'analphabétisme est préoccupant en Estrie (archives).

Photo : Unsplash / Camille Brodard

Radio-Canada

Plus de six personnes sur dix dans quatre MRC de l’Estrie n’atteignent pas le seuil jugé nécessaire pour comprendre des textes plus longs et plus complexes.

C’est le constat que dresse la Fondation pour l’alphabétisation dans l’étude  La littératie au Québec : un regard local sur les enjeux , réalisée par l’économiste Pierre Langlois.

Les MRC de Coaticook, du Granit, du Haut-Saint-François et des Sources sont placées au niveau rouge : plus de 60 % de leur population n'est pas capable de comprendre les messages envoyés.

« Il faut atteindre le niveau 3 pour être capable de bien fonctionner dans la société. »

— Une citation de  André Huberdeau, président de la Fondation pour l'alphabétisation

Concrètement, on peut parler d'un article de journal. Les gens peuvent lire et comprendre ce qu’ils lisent, mais sont incapables d'assimiler totalement l’essentiel de l'article et d'en tirer un bon jugement. Comprendre une lettre du gouvernement concernant un programme auquel vous participez demande un certain niveau de complexité, alors ça prend au moins un niveau 3. Les articles scientifiques sont de niveaux 4 et 5, explique le président de la Fondation pour l'alphabétisation, André Huberdeau.

Il signale que les niveaux 1 et 2 sur l’échelle du PEICA concernent les gens qui ne sont pas capables de lire un menu au restaurant.

Il y a ici un très gros problème, estime André Huberdeau.

Pour les MRC de Brome-Missisquoi, de la Haute-Yamaska et du Val-Saint-François, de 54 à 58 % de la population n’atteint pas le niveau 3.

Les MRC de Sherbrooke et de Magog sont au niveau vert, c'est-à-dire que moins de 54 %de la population n’atteint pas le niveau 3.

Lorsque les gens sont près de cégeps ou d'universités, ils vont plus facilement poursuivre leurs études. Ils vont être un peu plus habiles sur le plan de la littératie, indique M. Huberdeau.

Importance

André Huberdeau estime que l’atteinte du niveau 3 est très importante dans la société actuelle.

C’est un drame aujourd'hui parce qu’il y a beaucoup d'écrits par Internet, de journaux ou de lettres. C’est important de comprendre ce qu'on lit pour progresser, indique-t-il.

Le président de la Fondation pour l'alphabétisation explique qu’il n’existait pas de données régionales.

Ces données nous préoccupent. Le Québec est la dixième province au Canada sur ce plan. S'il atteignait les données de l’Ontario, on observerait 4,9 milliards $ d’amélioration au PIB chaque année. Avoir de meilleures connaissances permet de vous développer, d’avoir de meilleurs emplois et d’être plus engagé dans la société et les entreprises. Ça permet à la société québécoise d’en bénéficier, estime André Huberdeau.

Il signale que la publication de cette étude avait comme objectif de sensibiliser les différents intervenants à la situation.

Nous souhaitons que des solutions locales soient trouvées. C'est plus simple qu’une solution globale. Une municipalité pourrait impliquer des intervenants locaux pour aider les gens à progresser, estime M. Huberdeau.

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