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La STM envisage des coupes dans ses services en 2022

Une personne attend sur le quai de la ligne orange alors que le métro s'immobilise sur les rails.

La STM fait face à un manque à gagner de 62 millions de dollars pour l’année 2022.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Société de transport de Montréal (STM) pourrait être forcée de procéder à des réductions de service l’année prochaine sur ses lignes de métro et dans son réseau d’autobus si elle ne parvient pas à obtenir un financement additionnel pour équilibrer son budget.

La nouvelle, d’abord révélée par le quotidien Le Devoir jeudi, a ensuite été confirmée à Radio-Canada par Philippe Déry, conseiller corporatif au département des relations publiques de la STM.

La STM fait face à un manque à gagner de 62 millions de dollars pour l’année 2022. Divers scénarios sont actuellement à l’étude pour réduire les coûts d’exploitation de la société.

Ils sont détaillés dans une note interne intitulée Scénarios  ajustement de l’offre de service bus et métro dès 2022, que Le Devoir a pu consulter. Radio-Canada n'a pas pu obtenir une copie du document.

Philippe Déry confirme que la STM fait face à des choix déchirants pour améliorer l’état de ses finances. Des réductions de service pouvant aller jusqu’à 30 % pourraient être imposées pour parvenir à combler ce manque [à gagner] si des solutions liées au financement ne peuvent être mises en place, évoque-t-il dans un courriel.

En entrevue téléphonique, le porte-parole précise toutefois que cette hypothèse constitue l’option la plus robuste pour remédier à la situation. Selon Le Devoir, cette avenue permettrait à l’organisme public de réaliser des économies de 150 millions de dollars.

« Il s’agit d’une solution de dernier recours qui ne correspond nullement à la volonté de la STM, mais que la Société pourrait se voir contrainte de mettre en place. »

— Une citation de  Philippe Déry, conseiller corporatif

Cependant, un autre scénario – moins draconien – est aussi à l’étude. Il prévoit une baisse de 10 % du service dans le métro et de 5 % des passages des autobus. C’est le scénario avec l’impact le moins pire pour nos clients, affirme M. Déry. Il a refusé de dire s’il s’agissait de la piste de solution retenue par la société.

Un autobus affiche «couvre-visage obligatoire» sur son enseigne.

L’offre de service de la STM oscille en ce moment entre 90 et 95 % de ce qu'elle était dans la période pré-COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Cette option permettrait d’économiser 28 millions de dollars, toujours selon Le Devoir. Elle toucherait potentiellement 200 employés, d'après le représentant de la STM.

Celui-ci précise que, si cela devait être le scénario choisi, toute mise à pied se fera par attrition naturelle (non-remplacement de départs volontaires, départs à la retraite, etc.). Actuellement, environ 11 000 personnes travaillent pour l’organisme montréalais.

Advenant des coupes dans les services, les impacts se feraient sentir à l’automne 2022, précise M. Déry au téléphone, car l’offre du transporteur pour le début de l’année a déjà été planifiée.

L'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) affirme de son côté avoir mis de l’avant une augmentation de la rémunération de la STM en 2022 et non une diminution, écrit son porte-parole Simon Charbonneau dans un courriel. Ce que l’on demande à la STM n’est pas de diminuer ses dépenses, mais bien d’en limiter les hausses et de ne pas affecter les usagers.

L'ARTM note également que les discussions se poursuivent pour l’élaboration du cadre financier 2022-2024.

Un déficit structurel

Cette situation est liée à un déficit structurel présent avant la pandémie, mais qui a été exacerbé par la crise sanitaire, soutient-il. Il évoque au passage la chute de l’achalandage, les frais générés par l’adaptation des véhicules et des installations, les mesures spéciales mises en place pour assurer la sécurité des voyageurs comme la désinfection, etc.

La STM estime que son achalandage se situe en ce moment autour de 55 % de ce qu’il était avant la pandémie. Ce taux était de 50 % en septembre. Au pire de la crise, au printemps 2020, l’achalandage a fondu à 20 %. Au sujet de l’offre de service, elle oscille en ce moment entre 90 % et 95 % de celle de la période pré-COVID-19.

« Depuis plusieurs mois déjà, la STM a avisé les autorités de la situation financière intenable dans laquelle elle se trouvait et des choix déchirants qu’elle pourrait être contrainte de poser si d’autres solutions n’étaient pas mises en place. »

— Une citation de  Philippe Déry, conseiller corporatif à la STM

Il souligne qu’une démarche d’optimisation financière dans les divers secteurs de l’entreprise a été menée. Le vérificateur général et son équipe ont été mandatés pour analyser la situation financière et déterminer si d’autres économies pouvaient être dégagées sans toucher à l’offre de service.

Les conclusions : la STM a dégagé un maximum d’économies en optimisant au maximum sa gestion budgétaire – dans le jargon, on dirait que "nous sommes fer sur fer", écrit le conseiller.

D’où l’avenue, que nous ne souhaitons pas emprunter, mais qui est inéluctable si l’enjeu du financement n’est pas réglé, de devoir réduire l’offre de service, ajoute-t-il.

Le porte-parole insiste sur le fait que la volonté de la STM est de protéger au maximum le niveau de service offert aux clients. Cela lui permettrait de maintenir l’attractivité du transport collectif afin de contribuer à sa relance.

Des solutions autres que des coupures de service devraient être retenues par les autorités pour assurer la pérennité du transport collectif montréalais, affirme-t-il.

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