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Des affrontements au Yémen ont fait des centaines de morts depuis lundi

Des combattants progouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite font feu contre les forces rebelles houthis dans la région d'al-Kassara, au nord-ouest de Marib.

La bataille meurtrière se déroule à Marib, dernier bastion loyaliste dans le nord du pays.

Photo : Getty Images

Agence France-Presse

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a affirmé jeudi avoir tué plus de 150 rebelles au quatrième jour de raids intenses près d'une ville stratégique, où la bataille a déjà déplacé des dizaines de milliers de civils, selon l'ONU.

La bataille pour Marib, dernier bastion du gouvernement dans le nord du Yémen largement dominé par les rebelles houthis et chef-lieu de la province éponyme, a redoublé d'intensité ces derniers jours : la coalition a annoncé la mort de centaines de rebelles depuis lundi.

Les raids ont détruit 11 véhicules militaires et tué plus de 150 éléments terroristes dans la zone d'Al-Abdiya, au sud de la ville de Marib, a indiqué la coalition militaire, citée par l'agence de presse officielle saoudienne SPA.

Al-Abdiya se situe à environ 100 kilomètres au sud de la ville mais se trouve dans la province de Marib, région riche en pétrole et géographiquement stratégique entre le nord et le sud du Yémen.

Ces chiffres n'ont pas pu être vérifiés de source indépendante. Et les Houthis, proches de l'Iran, grand rival de l'Arabie saoudite, ne communiquent que très rarement au sujet des victimes dans leurs rangs.

Les rebelles ont lancé en février une campagne pour prendre Marib où ils progressent, car ils ont intensifié leur offensive ces dernières semaines. La coalition a répondu au cours des quatre derniers jours par une salve de frappes aériennes qui ont tué, selon elle, plus de 500 insurgés au total.

Les deux camps se livrent une guerre dévastatrice depuis 2014, date à laquelle les Houthis se sont emparés de la capitale Sanaa, dans le nord du pays. Depuis 2015, la coalition dirigée par les Saoudiens intervient pour appuyer les forces loyalistes en peine face aux rebelles.

Des dizaines de milliers de déplacés

Selon des sources militaires au sein du gouvernement yéménite, les Houthis ont dû se retirer de certaines des positions qu'ils contrôlaient en début de semaine au sud de Marib en raison des raids et de violents affrontements.

Malgré leurs pertes, les rebelles avancent de nouveaux renforts et envoient des milliers de combattants à la mort, aux dires de l'un des responsables.

Côté loyaliste, au moins 23 combattants, dont trois officiers, ont été tués et des dizaines ont été blessés au cours des dernières 48 heures, d'après les sources militaires.

Dans un pays déjà plongé dans le pire désastre humanitaire du monde, l'ONU met en garde contre une dégradation de la situation en raison de la bataille de Marib. Jeudi, elle a déclaré que des dizaines de milliers de personnes avaient été déplacées par les combats dans la province.

Du 1er janvier au 30 septembre, l'OIM [Organisation internationale pour les migrations] a enregistré plus de 55 000 personnes déplacées dans la province de Marib, a déclaré l'agence onusienne à l'AFP.

Et ces chiffres ne concernent que les zones auxquelles nos équipes de suivi des déplacements et de réponse rapide ont accès, a-t-elle précisé.

Avec l'intensification du conflit, près de 10 000 personnes ont été déplacées au cours du seul mois de septembre, soit le bilan mensuel le plus élevé cette année dans la province, selon l'OIM.

Mercredi, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a déploré que les infrastructures essentielles telles que les ponts et les routes aient également été endommagées, voire détruites.

Marib comptait entre 20 000 et 30 000 habitants avant la guerre. La ville abrite désormais des centaines de milliers de personnes, en majorité des Yéménites déplacés en raison des sept années de conflit.

Selon le gouvernement, plus de 130 camps de réfugiés accueillent environ 2,2 millions de personnes dans la province.

En raison des combats, des déplacés sont contraints à un nouvel exode à l'intérieur du pays le plus pauvre de la péninsule arabique et largement coupé du monde.

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