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Un salaire de plus de 200 000 $ pour 7 infirmières du CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Une infirmière marche d'un pas pressé dans un corridor d'hôpital.

Les heures supplémentaires faites par des infirmières de l’Estrie ont explosé au cours de la dernière année. (archives)

Photo : getty images/istockphoto / sudok1

Radio-Canada

Le nombre d'heures supplémentaires faites par des infirmières de l'Estrie a explosé au cours de la dernière année, selon des informations obtenues par l'entremise de la Loi sur l'accès à l'information. Toutes ces heures ont entraîné un bond majeur de salaire pour un petit nombre d'infirmières.

En 2021, l'infirmière la mieux payée de la région a gagné près de 325 000 $. De ce montant, 170 000 $ provenaient d’heures supplémentaires.

Il s’agit du salaire le plus élevé pour une infirmière depuis au moins 2018, et cela représente une hausse de 25 % par rapport au salaire le plus élevé de 2020. 

Sept autres infirmières ont gagné entre 200 000 $ et 300 000 $ dans la dernière année.

Ces nombres ne surprennent pas le syndicat qui représente les infirmières. Selon sa présidente, Sophie Séguin, toutes ces heures supplémentaires sont nécessaires en raison d'un manque de personnel. 

On tourne toujours autour de, avec les absences et les postes vacants, 1200 personnes qui manquent à l'appel pour notre catégorie d'emploi [...]. C'est pas normal d'avoir autant de temps supplémentaire à offrir ou à mettre dans les horaires. 

Une citation de :Sophie Séguin, présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l'Est

Quand ils [les horaires] sortent, on sait déjà qu'il y a des besoins, ça met une pression sur les employés, sur l'équipe de travail pour pouvoir offrir les soins, ajoute-t-elle. 

TSO parfois volontaire

Alors que les syndicats dénoncent depuis de nombreux mois les heures supplémentaires obligatoires, certaines infirmières choisissent de travailler davantage.

Radio-Canada a discuté avec une infirmière qui a touché plus de 200 000 $ en 2020, et qui a souhaité garder l’anonymat.

Elle estime travailler de 3 à 6 quarts de 16 h par semaine de façon volontaire. Elle indique avoir accepté toutes ces heures pour s'assurer une sécurité financière, mais aussi pour éviter du temps supplémentaire obligatoire (TSO) à ses collègues. 

En ce moment, il y a beaucoup de temps supplémentaire obligatoire et beaucoup vivent ça très mal. Beaucoup de filles se sentent prises en otage, contraintes de rester. Comme j'ai l'habitude de faire des heures supplémentaires, je les sauve de ce moment-là, explique-t-elle.

Elle indique être en mesure de soutenir ce rythme de vie. Sans vouloir commenter ce cas en particulier, le professeur titulaire en sciences infirmières à l’Université de Sherbrooke Stéphane Lavoie avertit qu'autant d'heures peuvent avoir un impact sur la santé. Il lance une mise en garde en se basant sur ses expériences dans le milieu hospitalier.

Souvent, les gens qui faisaient ce genre d'investissement important en termes d'heures pouvaient faire ça pendant un petit bout, mais inévitablement, il peut y avoir des impacts sur la santé physique et mentale à plus long terme. Il faut être extrêmement prudent.

Une citation de :Stéphane Lavoie, professeur titulaire en sciences infirmières à l’Université de Sherbrooke

Pour le moment, en 2021, soit du 1er avril au 11 septembre, les heures supplémentaires ont coûté 22 millions $ en Estrie.

Lors de la dernière année financière complète, soit du 1er avril 2020 au 31 mars 2021, ce sont 53 millions $ qui ont été payés, et 39 millions l'année précédente.

Avec les informations de Marion Bérubé

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