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Eau potable : le Nunavut déclare l’état d’urgence à Iqaluit

Cargaisons de bouteilles d'eau dans un avion.

La livraison d'eau potable a été commandée par le gouvernement territorial.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Radio-Canada

Face à la crise de l’eau potable à Iqaluit, le gouvernement du Nunavut à déclaré l’état d’urgence jeudi après-midi. En effet, une odeur de carburant se dégage de l'eau provenant du système d'aqueducs municipal depuis plusieurs jours.

« Je tiens à assurer aux habitants du Nunavut, en particulier à ceux d'Iqaluit, que nous prenons la question de l'eau très au sérieux », a déclaré la ministre des Services communautaires et gouvernementaux, Jeannie Ehaloak.

Selon le territoire, l’état d’urgence permettra d’accélérer le processus pour déployer les ressources nécessaires pour soutenir les efforts de protection de la santé publique et des infrastructures dans la ville d'Iqaluit.

Le ministère de la Santé est toujours en attente des résultats des tests effectués pour déceler une possible contamination du système d’eau municipal par des hydrocarbures. Il rappelle donc aux Iqalummiut qu'ils ne doivent pas consommer l’eau du robinet, même bouillie et filtrée, que ce soit pour en boire ou cuisiner, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Il demande également aux femmes enceintes de ne pas prendre de bain et de ne pas utiliser l’eau du robinet pour donner un bain aux nouveau-nés et aux nourrissons.

Le communiqué rappelle que l'eau du robinet ne peut être utilisée que pour la buanderie, le ménage, et les douches, en évitant toutefois de l’avaler.

Après la livraison des 80 000 litres d’eau en bouteilles annoncée par le gouvernement du Nunavut mercredi, 4600 bouteilles de 4 litres, soit plus de 18 000 litres, ont été distribuées en une heure jeudi, selon le maire d’Iqaluit, Kenny Bell.

Des gens vont se prémunir de caisses de bouteilles d'eau le long d'une table à l'extérieur d'un édifice.

La distribution d'eau potable embouteillée pour les résidents d'Iqaluit s'est organisée aussitôt le premier chargement arrivé.

Photo : Radio-Canada / Salome Avva

Notre système d’eau est défaillant, et ce, depuis des années, dit le maire

Kenny Bell affirme que les canalisations vieillissantes sont clairement en cause dans la crise actuelle. Dès 1993, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest ne faisait plus que des réparations d’urgence et n’investissait plus parce qu’il savait que le Nunavut serait créé en 1999. Alors en 1999, nous sommes partis à la traîne à ce niveau-là.

Des travaux ont été effectués, mais ils sont insuffisants, selon lui. Nous avons essayé de réparer tout ce que nous pouvions ces quatre dernières années, ajoute-t-il. Avant la crise, des discussions étaient en cours avec le gouvernement fédéral pour recevoir l’aide nécessaire et ce dernier était très réceptif , précise-t-il.

Plan serré de bouteilles d'eau derrière le filet protecteur de la cargaison.

D'autres cargaisons d'eau potable sont attendues à Iqaluit au cours des prochains jours.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Ce réseau d'eau vétuste est également touché par un autre facteur aggravant, souligne Kenny Bell : les changements climatiques. Une étude est en cours, mais le maire affirme que le pergélisol dans lequel ce réseau est construit n’est plus solide à présent, et le sol bouge, ce qui entraîne des ruptures des canalisations. En 2012, le maire a été informé que ces fuites laisseraient s’écouler environ 2 millions de dollars d’eau potable par an. Il dit être certain que ce chiffre est encore plus élevé aujourd'hui.

Autre effet de ces changements climatiques, selon le maire, les précipitations qui varient et ne permettent plus au lac de se remplir autant qu’auparavant. Le lac Geraldine n’est en fait pas assez grand pour la population grandissante de la ville, constate le maire, qui explique que la Ville a été obligée de pomper de l’eau de la rivière Apex ces dernières années.

Des tuyaux sont posés au sol pour puiser l'eau depuis la rivière Apex, près d'Iqaluit.

Un système de distribution permet de transférer d'importantes quantités d'eau de la rivière Apex vers le lac Géraldine, principal réservoir d'eau de la communauté.

Photo : CBC / Kieran Oudshoorn

Le maire explique que, tout comme la capacité du lac Geraldine, celle du centre municipal de traitement de l’eau ne répond plus aux besoins de la population d’Iqaluit, qui est en pleine croissance.

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