•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vaccination et grossesse : deux femmes enceintes racontent leur décision

Une femme enceinte tient un masque rose pour se protéger de la COVID-19, contre son ventre.

Le vaccin contre la COVID-19 prévient les complications chez les femmes enceintes, tout en conférant une immunité au nourrisson.

Photo : Shutterstock

Aucun doute ne régnait dans l'esprit d'Hannah Beland au sujet de la vaccination. Au mois de juin, alors que son conjoint et elle songent à fonder une famille, elle décide d’obtenir ses deux doses de vaccin contre la COVID-19. « Je tenais à être vaccinée [au moment de tomber enceinte] pour être prudente », raconte la future mère, aujourd’hui enceinte de huit semaines.

Je travaille aussi dans une garderie et puisque les enfants ne peuvent pas se faire vacciner, je voulais faire ma part pour les protéger, déclare Hannah, qui habite à Dieppe.

Égoportrait de Hannah Beland.

Hannah Beland a décidé d'obtenir ses deux doses de vaccin juste avant de tomber enceinte, sachant que son nourrisson aurait des anticorps contre la COVID-19 à sa naissance.

Photo : Gracieuseté / Hannah Beland

L’obstétricienne-gynécologue à l’Hôpital de Moncton, Ariadna Grigoriu, soutient que les vaccins des compagnies de Pfizer-BioNTech et de Moderna – qui sont des vaccins à ARN messager – ont réussi à démontrer leur efficacité dans cette tranche de la population depuis la première étude publiée en avril, où l'on a inclus plus de 35 000 femmes enceintes à tous les stades de grossesse.

Le vaccin d'AstraZeneca ne fait pas partie de la liste de vaccins autorisés pour les femmes enceintes car il contient une version affaiblie du virus SRAS-CoV-2, malgré qu’elle soit inoffensive. Ce n'est pas le cas des vaccins à ARN messager. En règle générale, les vaccins dits vivants atténués ne sont pas utilisés chez les femmes pendant leur grossesse.

En plus de réduire leurs risques de complications, nous savons maintenant que les vaccins contre la COVID-19 administrés à une femme enceinte protègent également son bébé. La Dre Grigoriu, qui est également spécialiste en médecine materno-fœtale, explique que les anticorps produits par les femmes cheminent à travers le placenta et se rendent jusqu’au fœtus.

Bien qu’il soit rare que des femmes transmettent le virus de la COVID-19 à leur nourrisson pendant la grossesse, il n’en demeure pas moins que la protection qui est conférée au bébé par l’intermédiaire de sa mère est importante à la naissance.

Même si c’est vrai que, dans l’ensemble, la COVID-19 n’est pas sévère chez les enfants, chez les nouveau-nés qui sont quand même plus fragiles, ça a occasionné des hospitalisations et des situations quand même assez stressantes pour les familles, illustre Isabelle Boucoiran, obstétricienne-gynécologue au CHU de Sainte-Justine.

C’est d’ailleurs une autre raison qui a permis de convaincre Hannah Beland. Sachant que mon enfant va naître avec des anticorps et que ça lui donne plus de chances de ne pas tomber malade en étant infecté, ça m’a rassurée, confie-t-elle.

Les femmes enceintes plus à risque d'être sévèrement malades

C'est connu, les risques liés à la COVID-19 sont plus élevés chez les femmes enceintes. En cause : le fait d’être enceinte constitue à lui seul un facteur de risque.

Cela a à voir avec les changements physiologiques pendant la grossesse [et] avec le fait que l’utérus pousse sur le diaphragme, détaille la Dre Ariadna Grigoriu. Et cette action de l’utérus sur le muscle du diaphragme – qui se situe au niveau de la cage thoracique – diminue la capacité des poumons. C’est vraiment une situation qu’on voit avec d’autres infections respiratoires comme l’influenza, explique-t-elle.

Ariadna Grigoriu interviewée.

L'obstétricienne-gynécologue, Ariadna Grigoriu, appelle les femmes enceintes à poser des questions à leurs professionnels de la santé au sujet de la vaccination contre la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Les femmes enceintes sont donc plus à risque d’être hospitalisées ou d’être admises aux soins intensifs, contrairement à des femmes de leur groupe d'âge qui ne sont pas enceintes. Les risques d'accoucher prématurément sont aussi plus importants si on contracte la COVID-19.

« Il y a les jeunes, qui sont en bonne santé, qui juste par le fait d’être enceintes, sont plus à risque. »

— Une citation de  Ariadna Grigoriu, obstétricienne-gynécologue à l'Hôpital de Moncton

Malgré cela, certaines femmes sont toujours hésitantes.

Craindre pour son foetus

C’est le cas de Candace Beers, qui en est à son troisième trimestre de grossesse. La femme de 39 ans explique avoir longtemps réfléchi avant de recevoir sa première dose, en octobre. Et elle n’est toujours pas certaine de vouloir obtenir la deuxième.

Pourtant, en avril, quand le Nouveau-Brunswick annonce que la catégorie des femmes enceintes est désormais considérée comme un groupe prioritaire pour la vaccination, Candace Beers prend immédiatement rendez-vous au Colisée de Moncton.

« J’étais là, avec ma manche retroussée. »

— Une citation de  Candace Beers

Elle en était alors à sa huitième semaine de grossesse et n'avait pas encore consulté son médecin traitant. Quand elle apprend son stade de grossesse, l'infirmière qui l'a prise en charge lui demande de patienter un instant, le temps de vérifier quelque chose avec sa patronne.

Lorsqu'elle revient, Candace lui demande pourquoi elle semble hésitante. Elle m’a répondu qu’elle voulait simplement s’assurer que tout était correct, étant donné que j’en suis encore très tôt dans ma grossesse, élabore-t-elle.

Un égoportrait de Candace Beers.

Candace Beers en est à son huitième mois de grossesse et devrait accoucher d'ici quelques semaines.

Photo : Gracieuseté / Candace Beers

C'est à ce moment-là que Candace a voulu savoir ce que l'infirmière en pensait. Elle a pris une pause, puis elle m'a répondu que si l'une de ses filles était dans la même situation que moi et qu'elle lui posait la question, elle lui répondrait d'attendre de recevoir le vaccin après son premier trimestre, rapporte-t-elle.

Or, la Dre Grigoriu soutient que le vaccin n'exacerbe pas les risques de complications liées à la grossesse. Même s'il est pris pendant le premier trimestre, il n’augmente pas le risque d’anomalies congénitales, cite-t-elle en exemple. Ça c'est sorti dans les études cliniques qu'on a jusqu'à maintenant.

Candace est toutefois bien aux faits des risques qu'elle encoure sans la vaccination. Mais les craintes ne paraissent pas pour autant s'estomper. Elle veut attendre de tenir son nouveau-né dans ses bras avant de prendre sa décision finale : celle d'être, ou non, doublement vaccinée.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !