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Payer pour être dédommagée, le combat d’une locataire trifluvienne

Une affiche gouvernementale de la Régie du logement.

Le Tribunal administratif du logement a ordonné au propriétaire de Renée Lamothe de lui verser la somme de 800 $ comme compensation.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Radio-Canada

Une locataire de Trois-Rivières peine à faire exécuter un jugement du Tribunal administratif du logement. Cet été, Renée Lamothe a obtenu gain de cause contre son ancien propriétaire pour des problèmes de punaises de lit. Mais depuis, impossible de le joindre.

En juillet 2020, une infestation de punaises de lit a forcé Mme Lamothe et son fils de 8 ans à quitter leur logement, tout en continuant de payer le loyer.

Après avoir intenté un recours devant le Tribunal administratif du logement, ce dernier a ordonné à son propriétaire de lui verser la somme de 800 $ comme compensation.

Toutefois, elle est incapable d’entrer en contact avec lui et doit donc débourser de sa poche des frais d’huissier de 625 $. Un montant important pour la mère monoparentale à faible revenu.

La plupart des gens qui louent dans des loyers comme ça, c’est des personnes vulnérables et ils n’ont pas les capacités de faire ce que j’ai fait. Et je trouve que ça laisse place aux propriétaires de mauvaise foi de nous laisser vivre là-dedans, parce que c’est très difficile après ça, même si tu as gagné, il faut encore des démarches exubérantes, déplore Renée Lamothe qui aimerait que cette situation change.

Renée Lamothe, en gros plan, en entrevue à Radio-Canada.

Renée Lamothe peine à faire exécuter un jugement du Tribunal administratif du logement.

Photo : Radio-Canada

Des organismes outrés

Le Groupe pour la défense des droits sociaux de Trois-Rivières dénonce une faille du système. Son coordonnateur, Pierre Blanchet, aimerait que ces frais soient assumés par l’aide juridique quand il est question de personnes vulnérables à faible revenu.

Pour les personnes à l’aide sociale, […] il est très difficile de se mettre de l’argent de côté, une fois le loyer et l’épicerie payés. Il est encore plus difficile d’allouer 625 $ pour des frais d’huissier afin de tenter de récupérer un montant quasi équivalent de dédommagement. Surtout qu’il est fort probable que ce montant ne soit jamais remboursé par le propriétaire.

Un avis partagé par InfoLogis Mauricie. Malheureusement pour des personnes en situation de précarité financière, ça arrive souvent de devoir simplement abandonner, parce qu’ils n’ont pas les sommes pour payer les huissiers, rapporte la coordonnatrice de l’organisme, Carol-Anne Côté.

Carol-Anne Côté, en entrevue à Radio-Canada.

La coordonnatrice d'InfoLogis Mauricie, Carol-Anne Côté.

Photo : Radio-Canada

Elle explique qu’il n’existe pas de programme d’aide financière offert pour les personnes qui vivent cette situation. C’est ce qu’on dénonce en fait aujourd’hui. C’est ce qu’on trouve totalement aberrant que le Tribunal administratif du logement ne puisse pas faire appliquer ses jugements jusqu’au bout pour ces locataires.

De son côté, le propriétaire indique qu’il est habituel pour les locataires de devoir faire affaire avec un huissier.

Il nie d’ailleurs toujours la présence de punaises de lit dans son immeuble, malgré la décision rendue par le tribunal.

Renée Lamothe, le Groupe pour la défense des droits sociaux de Trois-Rivières et InfoLogis Mauricie revendiquent qu’une aide financière soit offerte aux personnes à faible revenu pour couvrir les frais encourus afin faire respecter un jugement du Tribunal administratif du logement.

Avec les informations de Raphaëlle Drouin

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