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Valérie Plante imposera la vaccination aux élus montréalais

Un règlement sur le passeport vaccinal sera adopté mercredi prochain en comité exécutif, puis soumis à un vote d'ici la fin de l'année.

Gros plan sur des chaises vides dans la salle de conseil de l'hôtel de ville de Montréal.

Seuls les élus vaccinés doivent pouvoir entrer à l'hôtel de ville de Montréal, suggère l'équipe de la mairesse Valérie Plante.

Photo : Radio-Canada

Pour siéger à l'hôtel de ville de Montréal, les prochains élus de la métropole devront présenter une preuve qu'ils ont été complètement vaccinés, a décidé l'administration de Valérie Plante.

Selon nos informations, cette mesure sera adoptée mercredi prochain par le comité exécutif de la mairesse Plante. Son équipe évoque un devoir nécessaire d'exemplarité pour les élus.

Par la suite, pour entrer définitivement en vigueur, ce règlement devra passer au vote du conseil municipal.

En raison du scrutin électoral, prévu le 7 novembre, aucune séance n'est cependant prévue en octobre. Une telle décision sera donc soumise aux prochains élus, vraisemblablement d'ici la fin de l'année.

Denis Coderre présente le poing à la mairesse, tandis que celle-ci lui présente le coude.

Valérie Plante et Denis Coderre sont en faveur d'une vaccination obligatoire pour les élus montréalais.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Montréal n'est pas la première institution publique à vouloir imposer la vaccination à ses représentants.

La Ville d'Ottawa a évoqué en septembre une idée similaire, tout en obligeant ses employés à être adéquatement protégés contre la COVID-19.

Le passeport sanitaire a aussi été imposé à l'Assemblée nationale, à Québec, mais rien de tel n'a encore vu le jour au niveau fédéral, à la Chambre des communes.

Le personnel politique n'est pas concerné

Ce passeport vaccinal devrait être, dans un premier temps, limité aux élus montréalais. Cette mesure ne concernera donc pas, pour l'instant, le personnel politique et les autres employés municipaux travaillant à l'hôtel de ville, comme les personnes travaillant à l'entretien ménager ou les agents de sécurité.

Des discussions, nous glisse-t-on, pourraient cependant avoir lieu dans les prochaines semaines à ce sujet avec les syndicats notamment pour imposer la vaccination à l'ensemble des employés de l'hôtel de ville.

Par ailleurs, l'entrée de l'édifice est toujours fermée aux touristes et aucune éventuelle réouverture n'est programmée.

Cette idée est vue d'un bon œil par les différents partis politiques montréalais.

Projet Montréal affirme que ses 103 candidats sont d'ores et déjà pleinement vaccinés. Même chose pour les 98 candidats d'Ensemble Montréal, le parti de Denis Coderre, qui avait pris la décision, mi-septembre, de montrer la porte à Julie-Pascale Provost, alors candidate à la mairie de Lachine.

Cette dernière n'avait fourni aucune preuve de vaccination à son parti, nous a confirmé Ensemble Montréal.

Une femme avec une pancarte électorale.

Rita Ikouane est candidate pour le parti Mouvement Montréal de Balarama Holness.

Photo : Facebook / Rita Ikhouane

Des candidats de Mouvement Montréal sans passeport vaccinal

Balarama Holness se dit lui aussi en faveur de cette idée. Le chef de Mouvement Montréal et candidat à la mairie propose également, à l'instar de Denis Coderre, de rendre la vaccination obligatoire pour les 28 000 employés de la Ville de Montréal.

Or, Radio-Canada a appris qu'au sein de son équipe, au moins deux candidats ne sont pas vaccinés ou adéquatement vaccinés.

C'est le cas de Rita Ikhouane, qui brigue un siège dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Employée dans un bureau montréalais d'avocats, Rita Ikhouane a partagé ces derniers mois différentes publications sur les réseaux sociaux – désormais effacées – remettant en question les mesures sanitaires ou un passeport vaccinal.

Elle a notamment participé à une marche organisée par Québec Debout, le 1er mai dernier, qui visait à dénoncer les décisions prises par le gouvernement du Québec.

Tout le monde a le droit d'avoir des opinions, juge la jeune femme, jointe par téléphone.

Je ne suis pas contre les vaccins, mais mon statut vaccinal m'appartient, se défend-elle.

« Si la société estime que c'est ce qu'il faut faire [se faire vacciner], je vais le faire. Mais j'aime prendre mon temps et réfléchir, sans sentir que je fais quelque chose de mal. »

— Une citation de  Rita Ikhouane, candidate pour Mouvement Montréal

Le chef de son parti, Balarama Holness, assure ne pas être au courant. Elle ne sera invitée à aucun événement public, lance-t-il, tout en maintenant sa candidature.

Un homme prononce un discours.

Marc-André Bahl fait partie de l'équipe de Ralliement pour Montréal, qui s'est unie avec Mouvement Montréal.

Photo : Facebook / Marc-André Bahl

Un autre élu de Mouvement Montréal, Marc-André Bahl, diffuse quant à lui sur ses réseaux sociaux différents contenus remettant en question la pandémie.

Le candidat, qui veut se faire élire dans l'arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, a partagé des contenus complotistes, que ce soit au sujet de Donald Trump ou de la crise sanitaire. Il a par exemple mis de l'avant le documentaire Hold-up, un film français remettant en question la pandémie de COVID-19.

Marc-André Bahl, qui fut candidat du Parti québécois en 2012, fait partie de l'équipe de Ralliement pour Montréal, qui a décidé de s'unir avec la formation de Balarama Holness. Sur sa page Facebook, il se montre virulent contre les « wokes » et ceux évoquant le racisme systémique. Un thème pourtant cher à Balarama Holness, qui avait mené une pétition à cet effet.

M. Bahl affirme aussi que l'islamophobie n'est pas du racisme et que l'on a le devoir de critiquer.

Interrogé par Radio-Canada, Balarama Holness nous a dit ne pas connaître ce candidat ni son district [Marie-Victorin] et nous a renvoyés vers Marc-Antoine Desjardins, le chef de Ralliement pour Montréal.

Ce dernier n'a pas voulu nous mettre en contact avec Marc-André Bahl, qui a ignoré nos messages sur les réseaux sociaux.

Aux yeux de Marc-Antoine Desjardins, les propos partagés sont à la limite du mauvais goût ou de l'humour noir, mais il demeure toujours apte à être candidat même si nous l'invitons à la prudence élémentaire dans les circonstances.

« Il est clair que la pandémie a affecté bien des gens au niveau de la santé mentale et de la détresse psychologique. Nous ne cautionnons aucun propos de quiconque qui ne serait pas acceptable dans le cadre d'une société libre et démocratique au sens des tribunaux; ultime limite dans les circonstances. »

— Une citation de  Marc-Antoine Desjardins, numéro 2 de Mouvement Montréal

Par ailleurs, le statut vaccinal de Marc-André Bahl devrait être complété prochainement, assure Marc-Antoine Desjardins, qui souligne que son candidat a reçu sa première dose et qu'il respecte les consignes sanitaires et gestes barrières préconisés par la santé publique.

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