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Vénus n’aurait jamais abrité d’océans

La planète Vénus.

Image colorisée de la planète Vénus obtenue en 2016 par la sonde Akatsuki de l'agence spatiale japonaise.

Photo : JAXA

L’hypothèse selon laquelle la planète Vénus a pu un jour abriter de l’eau à sa surface est mise à mal par une étude européenne publiée dans la revue Nature (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Les travaux de l’astronome suisse Martin Turbet et de ses collègues de l’Université de Genève (UNIGE) montrent, à l’aide de nouveaux modèles climatiques, que les conditions régnant sur la plus proche voisine de la Terre n’ont jamais permis la condensation de la vapeur d’eau présente dans son atmosphère. Il n’y aurait donc jamais eu d’eau à sa surface.

Repères

  • Vénus a une taille similaire à la Terre : 95 % de son diamètre et 80 % de sa masse.
  • C'est la deuxième des huit planètes du système solaire en partant du Soleil. Elle se situe entre Mercure, la plus proche du Soleil, et la Terre.
  • Des océans étaient présents à la surface terrestre il y a près de 4 milliards d'années. Des lacs et des rivières étaient présents sur Mars il y a 3,5 à 3,8 milliards d'années.
  • La présence d’étendues d’eau sur Vénus n’a jamais été confirmée hors de tout doute.

Une planète sèche ou asséchée?

Dans la dernière décennie, certaines études – dont l’une de chercheurs américains de l’institut Goddard de la NASA (en anglais) (Nouvelle fenêtre) – ont soutenu la théorie selon laquelle de l’eau fut un jour présente à la surface de Vénus.

Le travail de modélisation climatique réalisé par l'équipe helvétique ne soutient pas ce scénario. Dans ses travaux, elle a simulé le climat qui devait régner sur Terre et sur Vénus au tout début de leur évolution, il y a plus de 4 milliards d’années, lorsque leurs surfaces étaient encore en fusion.

Ces simulations montrent plutôt que, sur Vénus, les températures ne sont jamais descendues suffisamment bas pour que l’eau présente dans son atmosphère forme des gouttes de pluie qui pourraient tomber sur sa surface. Au lieu de cela, l’eau est restée sous forme de gaz dans l’atmosphère et les océans ne se sont jamais formés.

Cette réalité s'explique par le fait que les nuages s’y forment majoritairement du côté obscur de la planète. Ces nuages provoquent un très puissant réchauffement par effet de serre qui a empêché Vénus de se refroidir aussi rapidement qu’on le pensait auparavant, explique le spécialiste de l'atmosphère des planètes du système solaire.

Une telle diminution aurait pu être possible si la surface de Vénus était à l’époque protégée du rayonnement solaire par des nuages.

D’une planète à l’autre

Dans leurs travaux, les chercheurs ont également simulé l’évolution du climat de la Terre. Ce travail montre que notre planète aurait pu subir le même sort que Vénus.

Si la Terre avait été juste un peu plus proche du Soleil, ou si le Soleil avait brillé aussi fort dans sa jeunesse qu’aujourd’hui, notre planète serait très différente, ajoute M. Turbet.

Trois missions seront lancées dans la prochaine décennie par les agences spatiales européenne et américaine pour étudier la deuxième planète du système solaire.

Les observations de ces missions vénusiennes seront indispensables pour confirmer – ou infirmer – nos travaux, conclut David Ehrenreich, coauteur de l’étude et professeur à l’UNIGE.

Les principales missions vers Vénus

  • En 1961, Venera 1 devient le premier vaisseau spatial à visiter Vénus. Malheureusement, le contact avec cette sonde soviétique est perdu lorsqu'elle se trouve à 100 000 km de la planète.
  • En 1964, la sonde soviétique Zond 1 passe à 100 000 km de Vénus, mais ne transmet aucune donnée.
  • En 1965, Venera 3 réussit la première entrée dans l'atmosphère de la planète, mais, encore une fois, aucune information n'est transmise.
  • En 1967, Venera 4 pénètre dans l'atmosphère de Vénus et envoie des données jusqu'à environ 25 km de sa surface.
  • La même année, la sonde américaine Mariner 5 effectue un vol rapproché jusqu'à 4000 km de la surface.
  • En 1970, la sonde Venera 7 réussit un premier atterrissage.
  • Deux ans plus tard, Venera 8 envoie des renseignements sur la surface de la planète et sa composition atmosphérique.
  • En 1975, la sonde Venera 9 retransmet les premières images de la surface.
  • Plusieurs sondes sont par la suite envoyées, dont les américaines Pioneer Venus 1 et 2, et transmettent des données sur son atmosphère.
  • En 1982, la sonde Venera 13 envoie les premières photos en couleurs de la surface et les premières analyses de son site d'atterrissage.
  • Entre 1989 et 1994, la sonde américaine Magellan permet de cartographier 98 % de la surface de Vénus. Elle observe le sol de la planète par radar, car les nuages empêchent de le voir. Les images sont reconstituées à partir des données radar.
  • En 2005, la sonde Venus Express est lancée par l'Agence spatiale européenne. Cette mission, qui s'est achevée en 2014, a permis de récolter de nombreux renseignements sur la planète.
  • En 2010, la sonde spatiale japonaise Akatsuki se place en orbite autour de Vénus, mais cette orbite est beaucoup plus élevée que celle visée, ce qui ne lui permet pas de remplir tous ses objectifs.

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