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Un test à plus de 200 $ pour aller souper aux États-Unis

Une travailleuse de la santé insère un coton-tige dans le nez d'une patiente pour le prélèvement d'un échantillon pour un test de dépistage.

Une femme subit un test de dépistage de la COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Quelques heures après l'enthousiasme provoqué par l'annonce de la réouverture prochaine de la frontière terrestre américaine aux voyages non essentiels en provenance du Canada, c'est désormais l'appréhension qui prévaut.

Ce doute est, selon Drew Dilkens, le maire de Windsor, relatif aux coûts qu'engendrera le franchissement de la frontière pour les Canadiens résidant dans les villes frontalières.

L’idée de traverser pour retrouver la famille pendant une journée, mais d’avoir à dépenser 200 $ pour avoir un test PCR sera intenable, a-t-il expliqué en entrevue à CBC.

« Ma femme, mes deux enfants et moi-même nous n’allons pas dépenser 800 $ pour avoir des tests PCR pour revenir au pays. Nous sommes tous pleinement vaccinés. Il doit y avoir une meilleure manière de gérer cette affaire. »

— Une citation de  Drew Dilkens, maire de Windsor.

Les États-Unis ne demandent pas de test PCR aux Américains vaccinés qui retournent au pays avoir séjourné au Canada.

Drew Dilkens souhaite que le Canada en fasse autant ou qu'à défaut, il opte pour les tests rapides qui seraient plus abordables puisqu’ils coûtent 40 $ par personne en Ontario.

S’ils espèrent limiter le franchissement de la frontière en maintenant la nécessité de présenter un test PCR, c’est exactement à cela qu’ils arriveront, a-t-il indiqué.

Le maire de Windsor n'est pas le seul à voir l'effet dissuasif du coût des tests PCR pour les résidents transfrontaliers.

Patrice Dufour habite à Sarnia. Avant la pandémie, il se rendait très fréquemment aux États-Unis, notamment pour assister à des rencontres sportives des grandes équipes de Détroit et pour faire ses courses.

Il a hâte d'y retourner, mais son opinion est faite : Il est certain que je n’irai pas aux États-Unis si le test est obligatoire [au retour au Canada], explique-t-il dans un message texte.

La frontière canado-américaine dans le tunnel reliant Windsor en Ontario et Détroit au Michigan

Le tunnel Windsor-Détroit ne sera peut-être pas rapidement pris d'assaut en raison du prix des tests.

Photo : Radio-Canada / Marine Lefevre

La question du prix des tests PCR en lien avec les voyages internationaux n'est pas nouvelle au Canada.

Des Canadiens se plaignent depuis des mois de coûts prohibitifs oscillant entre 199 $ et 250 $ avant les taxes par test et par personne. Certaines structures sanitaires, en Ontario notamment, ont décidé de ne plus effectuer de tests pour les voyages internationaux.

Deux poids deux mesures

Drew Dilkens trouve la nécessité de présenter un test PCR avant de revenir au Canada injuste vis-à-vis des Canadiens les moins fortunés.

Commentant le fait que les frontières aériennes sont toujours restées ouvertes aux voyages non essentiels, il a déclaré que les mesures mises en place depuis le début de la pandémie n’ont eu de réels effets que sur les Canadiens les moins fortunés.

La frontière n’a jamais été fermée pour les personnes qui ont de l’argent. Ces gens ont toujours pu traverser la frontière par les airs, a-t-il expliqué.

Le maire de Windsor Drew Dilkens.

Drew Dilkens pense que les coûts exorbitants de certains tests PCR dissuaderont les Canadiens de se rendre aux États-Unis.

Photo : Radio-Canada / Caroline Bourdua

M. Dilkens a affirmé que les Canadiens les plus nantis n’ont qu’à payer 2500 $ pour réserver un hélicoptère qui leur permet de faire en 10 minutes le trajet Windsor-Détroit.

Du côté du bureau de santé publique de Windsor-Essex, ce que l’on souhaite, au-delà de la question de l’abordabilité, c’est de la clarté, comme l’a indiqué le Dr Shankar Nesathurai, médecin hygiéniste par intérim de la région.

Quel que soit le cadre choisi ou la procédure mise en place, ma préférence serait qu’il soit facile de le mettre en œuvre et facilement compréhensible pour les personnes qui demanderont ce service.

Il a néanmoins précisé que les décisions en la matière relevaient exclusivement des prérogatives du gouvernement fédéral.

Pas d'assouplissements en perspective

Interrogée par Radio-Canada, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a indiqué qu’elle ne pouvait commenter que les mesures en place actuellement.

Dans un courriel, l'ASFC confirme que le voyageur qui arrive des États-Unis par voiture, par autobus, par bateau, par traversier ou par train [...] doit se soumettre à un test moléculaire aux États-Unis dans les 72 heures précédant son entrée prévue au Canada.

L'agence précise que pour de brefs déplacements de moins de 72 heures, les citoyens canadiens, les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens, les résidents permanents et les personnes protégées qui se rendent aux États-Unis sont autorisées à faire leur test moléculaire préalable à l’entrée avant de quitter le Canada.

En séjour à Washington, la vice-première ministre du Canada Chrystia Freeland a indiqué jeudi que le Canada ne peut toujours pas se permettre de prendre des risques en ce qui concerne la COVID-19. Cela inclut d'exiger des voyageurs qu'ils présentent un résultat de test de dépistage négatif avant d'entrer au pays, a-t-elle précisé.

Contrairement au Canada, les États-Unis ne demandent pas de présenter un test de dépistage pour entrer sur leur territoire.

Avec des informations de CBC et de Marine Lefèvre

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