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LivresGG : cinq femmes de la région et de l’Ontario français en lice

Trente-cinq œuvres en français font partie des 70 titres sélectionnés pour l’un des 14 Prix littéraires du Gouverneur général 2021.

Montage photo de Tania Langlais, Mishka Lavigne, Émilie Monnet, Madeleine Stratford et Chloé LaDuchesse.

Tania Langlais, Mishka Lavigne, Émilie Monnet, Madeleine Stratford et Chloé LaDuchesse.

Photo : Radio-Canada / Photos : Facebbok/Tania Langlais / Marianne Duval / Christian Blais / Gracieuseté de l'Université du Québec en Outaouais / Rachelle Bergeron

Quatre femmes de lettres d’Ottawa-Gatineau sont finalistes pour l’un des Prix littéraires du Gouverneur générale (LivresGG) : Tania Langlais, Mishka Lavigne, Émilie Monnet et Madeleine Stratford. À cette liste s’ajoute le nom de Chloé LaDuchesse, de Sudbury.

La Gatinoise Tania Langlais et la Franco-Ontarienne Chloé LaDuchesse voient respectivement Pendant que Perceval tombait et Exosquelette retenus dans la catégorie Poésie. Elles sont en lice aux côtés de Louise Marois, Daria Colonna et Patrick Roy.

Déjà nommée en 2001 pour son premier recueil Douze bêtes aux chemises de l’homme, publié alors qu’elle avait tout juste franchi le cap de la vingtaine, Tania Langlais se réjouit de figurer de nouveau sur cette liste.

Cette nomination arrive pour moi comme un éblouissement, une manière de me dire qu'on ne m'a pas oubliée malgré mes 12 années de silence. C'est exaltant de revivre cette expérience 20 ans après ma première nomination aux GG. J'ai l'impression d'avoir 21 ans à nouveau!, souligne-t-elle.

Or, contrairement à cette époque, Tania Langlais reçoit cette accolade de ses pairs avec beaucoup plus de sérénité. Cette reconnaissance-là, elle m’était venue comme une immense vague d’amour que je n’étais peut-être pas prête à recevoir à 21 ans, tandis qu'aujourd'hui, je suis capable de la recevoir, je suis capable de l'embrasser, je suis capable d'en profiter, fait-elle valoir. Ça me dit que ce que je fais, ça mérite peut-être d'exister, donc, d'être lu.

Pour Chloé LaDuchesse, il s’agit d’une première nomination qui survient dans la foulée de la publication de son deuxième recueil, en mai dernier.

C'est la plus grande distinction des prix francophones au Canada, donc, c'est une bonne raison de hurler en se levant le matin quand on reçoit le courriel, explique-t-elle. C'est une première nomination, et j’imagine que ça va intéresser les gens à mon œuvre.

La poète prend néanmoins le tout avec un grain de sel, en évoquant cette idée de lancer des livres dans l’arène pour qu’ils se battent les uns les autres, pour qu’on détermine un seul gagnant, qui serait le meilleur livre.

Elle n’en demeure pas moins vraiment contente d’avoir cette visibilité-là, de voir que des collègues ont apprécié [son] livre. J’ai hâte de voir la suite, ce que ça va m’amener dans ma carrière, soutient-elle.

Copeaux côté jardin, Okinum côté cour

Quant à Mishka Lavigne et Émilie Monnet, elle sont dans la course pour leurs pièces respectives Copeaux et Okinum. Jean-Philippe Lehoux, Rébecca Déraspe et Emma Haché concourent également dans cette catégorie.

Mishka Lavigne a remporté ce prix en 2019 pour sa pièce Havre, qui n'avait encore jamais été présentée dans la région. Cette année, elle est finaliste grâce à Copeaux, dont la série de représentations à La Nouvelle Scène, au terme de cinq ans de création, a été abruptement interrompue le 13 mars 2020, lorsque les salles de spectacle ont été fermées une première fois à cause de la COVID-19.

Je dirais que c'est peut-être le plus beau des spectacles qu'il y a eu avec un de mes textes. J'en étais très, très fière, rappelle-t-elle. Ça a été très, très douloureux quand ça a été annulé. Ça a été vraiment un moment très crève-cœur, [alors] cette nomination-là vient vraiment nous faire très plaisir.

Ce baume, Mishka Lavigne le partage d'ailleurs avec les autres finalistes. Ça fait quand même du bien de voir qu'on peut encore célébrer ces textes-là, ces spectacles-là, ces auteurs-là, malgré tout ce qui se passe encore dans notre milieu à nous, laisse-t-elle entendre.

De son côté, Émilie Monnet voit son nom apparaître pour la première fois, et ce, pour son premier texte de théâtre publié, qui s'intitule Okinum, récemment présenté dans le cadre des Zones théâtrales au Centre national des Arts.

C’est une nouvelle magnifique en se levant [...]. C’est complètement inattendu, mentionne-t-elle. Il y a un peu d’anishinaabemowin dans le texte, et de l’anglais aussi. Je voulais faire un travail[...] sur la coexistence de ces langues-là, sonorement et dans l’espace. Donc, de savoir qu’il y a un texte sélectionné avec des bouts en langue autochtone, en anishinaabemowin, je trouve ça super.

Une troisième nomination pour Madeleine Stratford

Quant à l’Ottavienne Madeleine Stratford, elle est nommée une troisième fois en cinq ans pour l’une de ses traductions de l’anglais vers le français. Elle est finaliste pour son travail sur Dominoes at the Crossroads, de Kaie Kellough, publié en français sous le titre Petits marronnages.

Si elle admet en riant qu’elle aimerait bien gagner cette fois, elle se dit heureuse de se retrouver de nouveau dans la course avec un titre qui lui tient spécialement à cœur.

Je suis émue [...] parce que ce livre-là a été mon compagnon de pandémie, raconte celle qui a signé son contrat de traduction quelques jours avant le premier confinement. Les personnages de ce livre-là, et il y en a beaucoup, m’ont vraiment accompagnée pendant les mois difficiles. J’ai donc un amour particulier pour ce livre-là. Ça a été mon échappatoire.

Madeleine Stratford se dit doublement choyée, puisque le recueil qu'elle est actuellement en train de traduire - Sulphurtongue de Rebecca Salazar - s'est lui aussi glissé parmi les titres en anglais retenus dans la catégorie Poésie.

Les noms des lauréates et lauréats des LivresGG seront dévoilés le 17 novembre prochain.

Avec les informations de Marika Bellavance

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