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Le métro a 55 ans - « Retour vers le futur » dans les coulisses de la STM

Inauguration du métro de Montréal en 1966.

Le métro de Montréal a été inauguré en 1966.

Photo : Archives de la STM

Même si les vieilles voitures MR-63 ne sont plus là pour souligner les 55 ans de l'inauguration du métro, plusieurs éléments d'époque sont encore présents sur le réseau. Petite visite à saveur historique des coulisses de la Société de transport de Montréal (STM) pour se rendre compte que c'est souvent dans les vieux chaudrons qu'on fait les meilleures soupes.

La STM en mode rétro

Même si la STM a complètement remplacé ses vielles MR-63, il reste encore plusieurs éléments qui datent de l’inauguration du métro le 14 octobre 1966, il y a exactement 55 ans.

Outre l’architecture des stations et les céramiques murales au style parfois psychédélique, l’un des éléments restants les plus mythiques est probablement le train aspirateur que l’on fait passer certaines nuits pour nettoyer les voies. Mais idéalement plus pour trop longtemps.

Ça prend beaucoup d’efforts pour le maintenir en vie, car certaines pièces deviennent difficiles à trouver et sont longues à obtenir, mentionne Marie-Claude Léonard, directrice exécutive métro à la STM.

Un système de plusieurs wagons assemblés ensemble.

Acheté à l'époque 250 000 $, le train dépoussiéreur est encore en service 55 ans plus tard.

Photo : Gracieuseté de la STM

Dans un futur pas trop lointain, la STM aimerait trouver un nouveau train disposant de batteries et qui serait donc autonome. Car pour faire circuler le train dépoussiéreur actuellement, il faut remettre le courant la nuit sur la ligne où il circule, ce qui retarde les travaux nocturnes des équipes. Celles-ci ne peuvent travailler, pour des raisons de sécurité, que lorsque le courant est coupé.

Même la fameuse huile d’arachide dans laquelle sont trempés les sabots des freins en bois n’a pas changé. Au point où on la retrouve sur les nouveaux trains Azur. Commandée à raison de 4000 à 5000 litres par an, elle permet de traiter les 20 000 sabots qui sont fabriqués annuellement, améliorant leur résistance à la chaleur.

Le logo bleu avec une flèche blanche pointant vers le bas en haut d'un poteau.

Un panneau indiquant la présence d'un édicule de métro.

Photo : Gracieuseté de la STM

Autres artéfacts d’époque : le logo des panneaux à l'extérieur des édicules, les pneus des voitures de métro, les poubelles, les bancs et les noms des stations sur les quais. Même l’amour des Montréalais pour leur métro et la fierté des employés qui y travaillent n’ont pas changé, se félicite Mme Léonard.

Pas plus abordable, le métro?

Il y a 55 ans, il fallait travailler 12 minutes au salaire minimum (1 $/h en 1966) pour se payer un billet qui coûtait 20 cents. En 2021, même si le salaire minimum a été récemment revalorisé (13,70 $/h), il faut travailler 16 minutes pour se payer un billet à 3,50 $ soit 33 % plus longtemps.

Un employé de la STM dans son cubicule répond aux questions de futurs passagers du métro.

La loge d'un employé en station en 1966.

Photo : Gracieuseté de la STM

Commentaires? Quand on se compare à d’autres villes dans le monde, la STM continue de se comparer avantageusement avec les autres sociétés de transport, répond Mme Léonard.

Elle mentionne que, depuis 2017, c'est une agence indépendante (l'ARTM) qui fixe les tarifs dans le Grand Montréal.

S’il faut travailler plus au salaire minimum que par rapport à 1966, c’est peut-être que le salaire minimum n’a pas augmenté suffisamment rapidement.

Une citation de :Marie-Claude Léonard, directrice exécutive métro à la STM

En tant que membre de la Coalition nationale pour la tarification sociale en transport, l'organisme Trajectoire Québec milite notamment pour que les personnes les moins fortunées puissent avoir accès à des tarifs plus avantageux.

Souvent, les personnes à faible ou très faible revenu ne peuvent même pas se payer un ticket pour aller à une entrevue d'embauche ou à un rendez-vous de soutien psychosocial, mentionne Sarah V. Doyon, directrice générale de l'organisme.

Si elle se félicite que des aînés ou des étudiants aient accès à des tarifs réduits, elle précise que les personnes qui en ont le plus besoin n'y ont pas accès. Dans un contexte où la hausse des loyers relègue ces personnes en périphérie des grands centres urbains, il y a urgence d'agir si on veut combattre l'exclusion sociale, ajoute-t-elle.

Son organisme invite d'ailleurs les candidats aux municipales à se positionner sur le sujet et à suivre l'exemple de la Société de transport de l'Outaouais qui, depuis 2019, a instauré une mesure de tarification sociale pour les personnes vivant sous le seuil de faible revenu.

La STM bonne élève de l’intégration

Dans le rapport d’activité de 1966, nulle mention du nombre d’employés de couleur au sein de l’organisation. C'est à partir de 1987 que la STM a commencé à évaluer dans ses bilans annuels ses efforts en matière de diversité.

Fin 2019, les minorités visibles ethniques et autochtones représentaient 33,9 % des 10 444 employés de la STM, ce qui en fait l’un des employeurs les plus proactifs au Québec. À elles seules, les personnes issues des minorités visibles totalisent 17,1 % du personnel (contre 3,1 % à la Société de transport de Laval, 4,8 % à la Société de transport de Longueuil et 9,4 % à la Ville de Montréal). Ces résultats sont une source de fierté, indique la STM, qui ajoute que le travail n'est pas terminé.

L'intérieur de l'édifice contient de vieux wagons empilés.

Un dessin illustrant le projet MR-63 prévu au coin des rues Peel et Ottawa dans Griffintown à Montréal

Photo : Gracieuseté

Ressusciter des vieilles MR-63

La plupart des MR-63 ont été dépouillées de leurs pièces de rechange avant d'être envoyées au recyclage. Toutefois de vieux wagons ont été sauvegardés pour être offerts afin que subsistent quelques traces du passé. Le Musée ferroviaire possède un train, de même que Les Jardins de Métis, près de Rimouski.

L'organisme qui en a obtenu le plus est piloté par deux jeunes Montréalais qui veulent créer un lieu propice à la promotion des talents locaux (Nouvelle fenêtre) dans le quartier Griffintown au coin des rues Peel et Ottawa sur un terrain de la Ville. On a obtenu certains des permis et on est proche d'avoir notre bail, mentionne Étienne Morin Bordeleau.

Le projet qui est notamment soutenu par Desjardins comprend désormais un édifice sous lequel seraient empilées d'anciennes MR-63. Les jeunes entrepreneurs attendent la confirmation de subventions gouvernementales avant de lancer la confection des plans et devis. L'ouverture est toujours prévue en 2023.

Qui fait mieux : la CTM de 1966 ou la STM de 2019?

En 1966 – 1967, la CTM (Commission de transport de Montréal) dirigée par Lucien Lallier a transporté près de 285 millions de personnes (284 803 721 pour être exact) si l'on se fie au rapport annuel disponible (Nouvelle fenêtre) dans les archives. Le tout pour un budget de 60 millions de dollars, soit 21 cents par trajet.

En 2019 (on élimine les années de pandémie), la STM en a effectué 466 millions de déplacements pour 1,7 milliard $ (1 748 563 000 $) de dépenses d'exploitation, soit 3,75 $ par trajet.

Si l’on prend en compte l’inflation, les 21 cents de 1966 vaudraient en 2019 autour de 1,63 $. Cela signifie que la CTM était capable de transporter les Montréalais pour deux fois moins cher (3,75 : 1,63 = 2,3) que la STM, même en excluant la hausse du coût de la vie.

Des hommes sont assis et écoutent un discours.

Le cardinal Paul-Émile Léger était présent lors de l'inauguration du métro en présence de dignitaires et de dirigeants de la (Commission de transport de Montréal.

Photo : Gracieuseté de la STM

Comment expliquer cela? On risque une hypothèse parmi d'autres, celle du nombre d’employés.

En 1966, la CTM avait en moyenne 5714 employés (soit 1 employé pour 49 702 trajets annuels). En 2019, la STM comptait 10 444 employés, soit 1 employé pour 44 618 trajets. Il s'agit d'un rendement inférieur de 11 %.

La STM indique ne pas être à l'aise avec l'exercice et préfère ne pas commenter les résultats obtenus. Elle précise toutefois que la STM de 1966 est bien différente de la STM de 2021.

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