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Vaccination obligatoire des employés de la santé repoussée : les syndicats satisfaits

Des gens marchent devant le CIUSSS de l'Estrie-CHUS

La date butoir pour la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé a été repoussée au 15 novembre. (archives)

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Radio-Canada

Mercredi, le ministre de la Santé Christian Dubé a reconnu que le réseau de la santé risquait de « foncer dans un mur » par manque de personnel si la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé entrait en vigueur le 15 octobre. La date butoir a donc été repoussée au 15 novembre. Les syndicats de l'Estrie se disent soulagés de cette décision.

Ils partagent en effet l’avis du ministre de la Santé, d’autant plus que L’Estrie est la 4e région au Québec où le plus de travailleurs de la santé ne sont pas vaccinés.

Plus de 1400 travailleurs du réseau ne sont pas adéquatement vaccinés. Parmi ceux-ci, ils sont plus de 1000 à n’avoir reçu aucune dose du vaccin contre la COVID-19.

Pour les syndicats, le départ de centaines d’employés vendredi aurait représenté la goutte qui fait déborder le vase, alors que leurs membres se disent déjà à bout de souffle. Selon eux, le report d’un mois va permettre au réseau de la santé de mieux se préparer. Ils gardent tout de même des inquiétudes.

De ce qu’on sait, on va frapper un mur encore dans un mois. Peut-être un peu moins à grande vitesse, mais on va le frapper quand même de façon beaucoup trop rapide. 

Une citation de :Danny Roulx, porte-parole de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux

S’il faut retirer ces travailleurs-là, ça va être l’hécatombe dans le réseau de la santé. Pensons seulement aux travailleurs qui vont avoir encore plus de temps supplémentaire et de temps supplémentaire obligatoire, croit quant à lui Éric Bergeron, conseiller syndical pour le Syndicat canadien de la fonction publique. 

On était rendus qu’on demandait à l’employeur quel hôpital en Estrie, quel CHSLD va fermer ses portes en Estrie, tellement il manque déjà de monde. C’est vraiment un soulagement, souligne de son côté Stéphanie Goulet, la vice-présidente des relations de travail du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est. 

D’autres travailleurs de la santé espèrent que la date butoir va pousser les récalcitrants à aller se faire vacciner d’ici le mois prochain.

Je peux comprendre les réactions mitigées de mes collègues qui souhaitent que la pression continue à être mise sur ceux qui ne sont pas vaccinés. Je pense que le message du ministre est clair aujourd’hui que les gens doivent être vaccinés, mais qu’on offre un délai supplémentaire qui va grandement aider le réseau.

Une citation de :Benoit Heppel, chef du département de médecine générale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Je trouve que ce n’est pas correct, car nous, on s’est fait vacciner au début. [...] Ils ont eu leur délai à eux pour se faire vacciner et ils ne l’ont pas pris. Je ne suis pas sûre que tout le monde va le prendre plus, croit quant à elle Josée Nadeau, préposée aux bénéficiaires au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Plutôt déçu

Le Dr Yannick Poulin, pneumologue intensiviste au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, se dit surpris et plutôt déçu de la décision du gouvernement.

Je ne sais pas ce que ça va prendre aux gens qui travaillent dans un hôpital pour se faire vacciner [...] pour protéger la population, puis protéger leurs collègues et protéger tout le monde.

Une citation de :Yannick Poulin, pneumologue intensiviste au CIUSSS de l’Estrie-CHUS

On vient de perdre une belle occasion pour mettre de la pression pour que les gens soient vaccinés, déplore-t-il. 

Il admet que le gouvernement n’avait pas d’option idéale dans ce dossier. Mais est-ce qu’ils vont avoir d’autres choix dans un mois?, se demande-t-il. 

On a de la misère à comprendre ici au CHUS, probablement partout au Québec, pourquoi on priorise des gens de la minorité, car il faut que les gens sachent que la majorité du personnel qui travaille en santé sont vaccinés et pensent aux autres, à la sécurité de leurs patients, à la sécurité de leurs collègues, martèle-t-il. 

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a indiqué vouloir prendre le temps d’absorber la nouvelle avant de la commenter. 

Avec les informations de Marion Bérubé

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