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Déversement de pétrole : la Première Nation de Heiltsuk continue de réclamer justice

Des traces de diésel dans une marre d'eau entourée d'algues et de roches.

Le remorqueur Nathan E. Stewart a coulé déversant 110 000 litres de diésel dans les eaux près de Bella Bella le 13 octobre 2016.

Photo : April Bencze/nation Heiltsuk

Radio-Canada

Cinq ans après une marée noire au coeur de son territoire causé par le naufrage d'un remorqueur, la Première Nation de Heiltsuk subit toujours les conséquences du désastre et demande justice pour la destruction d'une de ses zones traditionnelles de pêche.

Le 13 octobre 2016, le remorqueur Nathan E. Stewart a coulé au large de Bella Bella, en Colombie-Britannique, déversant 110 000 litres de diesel et 2000 litres de lubrifiant dans les eaux du passage Seaforth, situé sur le territoire traditionnel de pêche de la Première Nation de Heiltsuk.

Ces contaminants ont dérivé vers Gale Pass, un secteur riche en palourdes japonaises et en fruits de mer de toutes sortes sur lesquels repose l’économie de la Première Nation. Avant le déversement, les Heiltsuk touchaient des revenus annuels de 200 000 $ provenant de l'exploitation de ce secteur.

On ne peut toujours pas exploiter cette zone. On ne pratique plus nos activités culturelles à Gale Pass. C’est vraiment traumatisant pour la communauté, à déploré la cheffe élue du conseil de la Première Nation, Marilyn Slett, à l’émission The Early Edition de CBC.

Financer l'étude d'impact environnementale

Selon la Première Nation Heiltsuk, la compagnie américaine Kirby Corporation, à laquelle appartient le remorqueur responsable du désastre, n’a pas voulu faire une recherche complète sur l'impact écologique et sanitaire du déversement comme elle le demandait.

La Première Nation Heiltsuk amasse donc des fonds pour mener sa propre étude d’impact environnemental (EIE), explique sa cheffe, Marilyn Slett.

Dans un communiqué publié un an après le désastre, la communauté autochtone soutient que Kirby Corporation compte limiter son étude sur les conséquences du déversement aux 12 semaines qui ont suivi le désastre du 16 octobre 2016.

« L’étude environnementale doit être plus robuste que cela. Elle doit donner toute l’histoire. »

— Une citation de  Marilyn Slett, cheffe élue, Première Nation de Heiltsuk

La communauté souhaite également être consultée dans le cadre de l'étude environnementale afin que le savoir traditionnel Heiltsuk soit utilisé, en plus des techniques scientifiques modernes, réaffirme la cheffe Slett.

Devant la justice

La Première Nation de Heiltsuk a déposé une poursuite civile contre la compagnie, la province et le gouvernement fédéral. La cheffe Skett soutient que la réponse d’Ottawa face au déversement a été lente, inefficace et n’a pas pris en considération la santé et la sécurité de la communauté Heiltsuk.

La cheffe Marilyn Slett.

La Première Nation de Heiltsuk a accusé des ministères fédéraux de garder secrètes certaines analyses de données formulées à la suite de la collecte d'échantillons sur les lieux du naufrage. Selon la Première Nation, ces données peuvent renseigner sur l'écologie des lieux et la santé de la population locale.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Les règles entourant le déversement de pétrole doivent être plus sévères sur la côte Pacifique, soutient-elle.

« Ces règles, qui permettent à des compagnies polluantes de résister et de ne pas payer pour l’étude d’impact environnemental, comme ce qui se passe ici, ne devraient pas exister. »

— Une citation de  Marilyn Slett, cheffe élue, Première Nation de Heiltsuk

La compagnie Kirby Corporation et le gouvernement du Canada n’ont pas répondu aux demandes de commentaire de l’émission The Early Edition.

D'après le Conseil national de la sécurité des transports des États-Unis, le remorqueur s’est probablement échoué quand un membre de l’équipage s’est endormi pendant son quart au poste de pilote.

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