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Des ambulanciers réclament un ordre professionnel et du financement de Québec

Deux techniciens ambulanciers descendent un patient sur une civière au sortir d'une ambulance.

Un patient arrive aux urgences de l’hôpital Notre-Dame, à Montréal, en octobre 2021.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Maintenant que des techniciens ambulanciers paramédicaux pourront être appelés en renfort dans les hôpitaux, des entreprises ambulancières estiment que de l'argent est nécessaire pour leur permettre de contribuer davantage au réseau de la santé et d'alléger la pénurie d'infirmières.

Québec a annoncé des mesures pour ramener 4300 infirmières dans le réseau public et embaucher des agentes administratives. Il s'est dit prêt à y consacrer 1 milliard de dollars. Mais le gouvernement n'a pas atteint son objectif à ce jour.

Du même souffle, en vertu d'un arrêté ministériel, des techniciens ambulanciers pourront être appelés en renfort dans des urgences, des hôpitaux, des CHSLD et des CLSC.

Tant les entreprises ambulancières que les syndicats d'ambulanciers s'en réjouissent, puisque leur expertise est ainsi reconnue.

Il s'agit pour le moment d'un prêt de services; les entreprises ambulancières n'y sont pas contraintes, a expliqué en entrevue mercredi Francis Brisebois, porte-parole de la Coalition des entreprises de services paramédicaux du Québec.

Cette coalition représente Dessercom et d'autres entreprises dans plusieurs régions du Québec, hors de Montréal et Laval, qui emploient 1000 techniciens ambulanciers paramédicaux.

Ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a beaucoup d'investissements qui sont faits auprès des infirmières, alors qu'il y a des paramédics qui sont en mesure d'aider le réseau, a fait valoir M. Brisebois.

Oui, on peut continuer d'investir dans le réseau de la santé, on peut continuer d'investir dans la profession d'infirmière. Par contre, il y a d'autres professions, dont celle des paramédics, insiste-t-il.

Ajouter des paramédicaux dans les hôpitaux n'équivaudra pas à dépouiller les services ambulanciers pour amener du renfort dans les établissements, croit-il.

Les paramédics vont être en mesure d'être sur les véhicules ambulanciers, de répondre aux appels d'urgence, mais également d'assister la population dans des soins de prévention, dans des soins communautaires, assure-t-il.

À quoi donc servirait le financement requis? Je pense notamment à la conversion des horaires de faction. Ça nécessite des investissements majeurs pour l'État. Par contre, les bénéfices sont là, opine M. Brisebois.

Ces horaires de faction obligent un technicien ambulancier paramédical à être de garde, chez lui, 24 heures sur 24, pendant sept jours consécutifs. Ils sont dénoncés par les syndicats d'ambulanciers depuis des années. Et les entreprises savent qu'ils nuisent à l'attraction et à la rétention de la main-d'œuvre. Mais la conversion de ces horaires coûterait cher.

Un ordre professionnel

Par ailleurs, comme les techniciens ambulanciers pourront poser à l'intérieur des hôpitaux des actes qu'ils ne pouvaient auparavant poser que dans leurs véhicules, la coalition craint qu'on cherche éventuellement à les soumettre à l'Ordre des infirmières.

La coalition d'entreprises prône plutôt la création d'un ordre professionnel spécifique aux techniciens ambulanciers paramédicaux, ainsi que des actes qui leur seraient réservés.

En mai dernier, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a d'ailleurs demandé à l'Office des professions de se pencher sur ce dossier.

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