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Les Canadiens qui ont reçu une « vaccination mixte » pourront-ils aller aux États-Unis?

Un homme assis sur la plage sous un parasol.

Les autorités sanitaires américaines évaluent la question de la « vaccination mixte ». Les « snowbirds » et autres voyageurs qui ont reçu deux vaccins différents pourraient être contraints de continuer à voyager par avion s'ils désirent se rendre aux États-Unis.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

L'assouplissement des restrictions américaines aux frontières terrestres pour « le début de novembre » était généralement bien accueilli, mercredi, même si une importante question demeure sur le sort des Canadiens qui ont reçu une « vaccination mixte ».

En faisant cette annonce, les hauts responsables de l'administration de Joe Biden ainsi que le secrétaire à la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, n'ont pas précisé si les États-Unis considéreront comme pleinement vaccinés les nombreux Canadiens qui ont reçu deux types de vaccins.

Des responsables américains ont toutefois déclaré que les experts des Centres pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC) étudiaient activement cette question.

Ottawa a aussi fait pression sur la Maison-Blanche pour démontrer l'efficacité des calendriers mixtes de vaccination, en présentant notamment ses propres recherches menées par l'Agence de la santé publique du Canada.

Cette question, ainsi que l'absence d'une date ferme — au-delà de début novembre — et un manque de précisions sur le type de documents que les voyageurs devront présenter, ont freiné un peu l'enthousiasme autour de cette annonce que les gens des deux côtés de la frontière attendaient pourtant impatiemment depuis des mois.

Perrin Beatty, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Canada, a admis mercredi que le travail n'était pas terminé.

Les deux gouvernements doivent travailler ensemble pour s'assurer que les Canadiens entièrement vaccinés avec des doses mixtes pourront entrer aux États-Unis, a-t-il dit.

Définir le « voyageur pleinement vacciné »

Un homme se fait vacciner.

L'Agence de la santé publique du Canada assure travailler avec d'autres gouvernements dans le monde qui hésitent à permettre aux Canadiens qui ont reçu deux vaccins différents de traverser leurs frontières sans observer une quarantaine.

Photo : getty images/istockphoto / AtlasStudio

Représentant du 26e district de l'État de New York, qui comprend la ville de Buffalo, Brian Higgins a mené une croisade pour l'abolition de ces restrictions de voyage. Ce membre du Congrès américain a reconnu en conférence de presse mercredi que la Maison-Blanche devait maintenant clarifier sa définition de voyageur entièrement vacciné.

Il s'est encore demandé pourquoi l'administration américaine avait mis autant de temps à ouvrir les frontières terrestres, alors qu'Ottawa l'a fait au début d'août. Je pense que c'est complètement irrationnel, totalement inutile. Ces frontières auraient dû être ouvertes en même temps et auraient dû l'être des mois et des mois plus tôt.

Les États-Unis n'exigeront pas des voyageurs qu'ils présentent la preuve d'un test de dépistage négatif à la COVID-19, contrairement au Canada, qui inclut un récent test PCR négatif parmi les exigences pour toute personne entrant au pays – y compris les citoyens canadiens et les résidents permanents.

La stratégie de l'administration Biden est d'harmoniser la politique des frontières terrestres avec ses nouvelles règles de voyage internationales, qui entreront également en vigueur en novembre et remplaceront les interdictions de voyager existantes par une nouvelle exigence : tous les ressortissants étrangers devront présenter une preuve de vaccination.

Début janvier, tous les ressortissants étrangers entrant aux États-Unis, que ce soit pour des raisons essentielles ou non essentielles, devront présenter une preuve de vaccination, ont déclaré des responsables.

Afin d'être considérés comme entièrement vaccinés, les voyageurs doivent avoir reçu un cycle complet d'un vaccin approuvé par la Food and Drug Administration des États-Unis ou par l'Organisation mondiale de la santé. Cela inclut donc l'Oxford-AstraZeneca, un vaccin utilisé au Canada qui n'a jamais reçu l'approbation de la FDA.

Pas de tests

Perrin Beatty a également demandé à Ottawa d'éliminer l'exigence d'un test de dépistage avant le départ et de travailler avec Washington sur un système rapide de certification des vaccins aux frontières, afin de faire face à un volume de voyages qui devrait être plus élevé.

Drew Dilkens, maire de Windsor, en Ontario, a rappelé que les tests PCR, du moins en Ontario, coûtent environ 200 $ par personne. À ce prix, les Canadiens n'iront pas passer une journée aux États-Unis pour voir un match de baseball ou un concert, dit-il.

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, qui était à Washington mercredi, a demandé aux Canadiens de ne pas baisser la garde pour l'instant.

Nous avons presque – presque – surmonté la COVID. Essayez simplement de faire les choses que vous devez absolument faire, et abstenez-vous de faire les choses que vous souhaitez simplement faire.

Une citation de :Chrystia Freeland, vice-première ministre du Canada

Je pense que, si nous pouvons le faire pendant quelques semaines encore, le Canada pourra mettre complètement la COVID derrière lui.

Le maire de Sarnia, Mike Bradley, croit d'ailleurs que les Canadiens continueront d'être prudents, étant donné que certaines régions des États-Unis ont des mesures de santé publique plus souples et un nombre plus élevé de cas.

Cette préoccupation, selon lui, était également apparue lorsque le Canada avait assoupli ses restrictions frontalières pour les Américains au début du mois d'août.

Je pense que le gouvernement canadien a fait une erreur en ouvrant notre frontière sans obtenir d'accord de réciprocité avec les Américains. C'est quatre mois plus tard, mais ça arrive, et c'est une bonne chose, a-t-il dit.

Evan Rachkovsky, porte-parole de l'Association canadienne des snowbirds, estime que l'annonce de la Maison-Blanche n'est pas en avance pour les Canadiens qui espèrent passer l'hiver dans le sud des États-Unis. Certains snowbirds avaient déjà organisé l'expédition de leur véhicule là-bas, dit-il.

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