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Élections municipales : densifier Whitehorse, un enjeu environnemental et social

Plan d'un terrain vague dans la 2e Avenue, à Whitehorse.

Au centre-ville de Whitehorse, de nombreux terrains ou bâtiments abandonnés sembleraient pouvoir permettre la construction de logements et la densification de la ville.

Photo : Radio-Canada

La faible densité de Whitehorse suscite la curiosité de la Yukon Conservation Society, qui a demandé aux candidats à la mairie de Whitehorse de décrire les mesures qu’ils comptent mettre en place pour encourager la densification des quartiers de la ville après les élections municipales.

Lewis Rifkind est analyste minier à la Yukon Conservation Society, mais il a un grand intérêt pour les affaires municipales.

Selon lui l’étalement urbain est au cœur des préoccupations, car le développement de la ville repose sur des quartiers à très basse densité qui engendrent plusieurs problèmes, à commencer par la dépendance aux voitures.

La densité rend les quartiers praticables à pied ou à vélo et on peut ainsi abandonner l'idée que tout le monde a besoin d’une voiture pour survivre à Whitehorse.

Selon lui, beaucoup de problèmes découleraient de cet étalement urbain : Si on densifie les quartiers, on n’a plus besoin de construire des routes si larges ni un nombre si énorme de stationnements pour chaque commerce.

La densification serait également accompagnée de services, comme les transports en commun, qui seraient rentables si le nombre de personnes qui y a accès par quartier était plus élevé.

Lewis Rifkind n’est pas le seul à le penser. La Ville de Whitehorse, dans le plan de développement communautaire publié cet été, évoquait les orientations émergentes dont elle doit tenir compte dans son développement.

Le rapport indique notamment que l’étalement urbain implique un entretien des routes toujours plus coûteux. Chaque kilomètre de route coûterait ainsi 15 000 $ par année à la mairie.

La Ville joue un rôle important dans l’influence du modèle de croissance, grâce à une planification urbaine réfléchie et planifiée, et en encourageant une offre de choix pour ses résidents.

Une citation de :Extrait du rapport « Official community plan, Emerging direction », de la Ville de Whitehorse

La Ville recommande donc la densification du centre-ville, mais aussi des quartiers. Elle veut ainsi créer des centres urbains dans les quartiers comme Whistle Bend, Takhini et McIntyre-Tank Farm.

Le rapport indique qu’une plus forte densité permettrait l’établissement de commerces et de services de proximité tout en limitant l’usage de la voiture. En 2011, le rapport montre que 75 % des habitants se rendaient au travail seuls dans une voiture. En 2016, cette proportion a atteignait 78 %, alors que la Ville visait à faire passer ce taux à 70 %.

C’est un cercle vertueux, selon Lewis Rifkind. Si nous commençons à densifier, d’un coup, ça devient intéressant d'ouvrir un dépanneur dans un quartier, car la population environnante créera une demande assez forte pour être rentable, explique-t-il même s’il concède que la question demeure controversée.

Il faudra beaucoup de courage politique, à n’importe lequel des candidats, pour dire qu’il faut maintenant arrêter de penser la ville pour les véhicules, mais la dessiner pour les gens.

Une citation de :Lewis Rifkind, Yukon Conservation Society

Pour densifier, il faut aussi des terrains et, selon Lewis Rifkind, il y en a un certain nombre, en ville, qui restent abandonnés, inutilisés, et qui seraient parfaits pour des logements, mais pour cela il faut prendre des mesures fortes, comme augmenter graduellement les impôts fonciers pour que cela devienne punitif.

Plus une organisation garderait un terrain non développé longtemps, plus l'impôt foncier tiré de ces terrains augmenterait, ce qui l'inciterait à les développer.

Du terrain gaspillé, selon un urbaniste

L’urbaniste Simon Lapointe confirme, lui aussi, que les occasions sont nombreuses pour densifier la ville et mettre fin au schéma d’étalement urbain appliqué depuis les années 1950.

Il y a énormément de sous-utilisation, de gaspillage à Whitehorse, note-t-il.

Selon lui, il existe des solutions à l’étalement urbain, mais elles font face à quelques obstacles.

Le zonage, les règlements de stationnements qui posent des contraintes énormes au développement de certains lots, le manque de personnel de construction, de développeurs, sont autant de facteurs qui entrent en ligne de compte.

Il y a de la place pour beaucoup de changement, ici, à Whitehorse et j'ai espoir qu'à moyen terme, ce sera possible de faire évoluer la norme, et je pense qu’une nouvelle mairie et un nouveau conseil pourraient aider.

Une citation de :Simon Lapointe, urbaniste à 3Pikas

Il invite les élus à songer à une meilleure utilisation du sol et à de meilleurs règlements avec la mise en place d’une densité moyenne, le financement équitable des modes de transports ainsi que la révision du mode de taxation. Des mesures qui, il le concède, sont hyperpolitisées.

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