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Pénurie de vétérinaires au N.-B. : des semaines d’attente pour un rendez-vous

Des vétérinaires sont aux côtés d'un chien.

Alors que la pandémie a aussi raison du système de santé animalier, la formation et le recrutement d'étudiants demeurent des composantes clés des solutions envisagées.

Photo : Autre banques d'images / Gracieuseté

Rébecca Corrales-Soucy

Des citoyens du Nouveau-Brunswick doivent parfois attendre jusqu’à plusieurs mois avant de faire soigner leurs animaux de compagnie. Les cliniques vétérinaires manquent de personnel, particulièrement depuis le début de la pandémie.

Les animaux ont gagné en popularité et les cliniques peinent à offrir des rendez-vous face au nombre grandissant de clients.

Des résidents de la province sont nombreux dans l’attente, comme Alain Cormier. Le chien de sa fille a souffert d'une grippe pendant des semaines, sans pouvoir être traité.

Alain Cormier dans un parc à chiens, avec le chien de sa fille derrière.

Alain Cormier a dû attendre un mois pour que le chien de sa fille puisse être soigné à l’hôpital vétérinaire de Riverview.

Photo : Radio-Canada

Cela me fâche, parce qu'ils prennent d'autres animaux avant de prendre leurs propres clients, déclare le résident de Dieppe.

De leur côté, des vétérinaires disent faire leur possible.

Une situation difficile pour les travailleurs

Le Dr Francis Arseneault soigne des chats et des chiens depuis près de 50 ans.

C'est une nouvelle situation, que moi je n’ai jamais vécue de ma carrière.

Une citation de :Dr Francis Arseneault, directeur médical du Riverview Animal Hospital

Selon lui, la pénurie de personnel impacte les clients, mais aussi les travailleurs du milieu.

Le Dr Francis Arseneault devant une affiche de chien.

Le Dr Francis Arseneault explique que son équipe ne suffit plus à répondre aux urgences vétérinaires de Riverview.

Photo : Radio-Canada

Ça cause beaucoup de stress pour les travailleurs, parce qu’ils travaillent de plus longues heures et les clients attendent plus dans les bureaux. On n'aime pas ça, mais on essaie le mieux qu'on peut qu’il y ait moins de délais.

Puis, il faut garder nos employés, ajoute-t-il. La rétention est parfois difficile, car certains quittent sous la pression des horaires chargés et prolongés.

C’est pourquoi la clinique doit parfois reporter des chirurgies et des rendez-vous jugés moins urgents. Ça pourrait être des semaines, ça pourrait être une coupe de mois, il y a des cliniques c'est pire que ça, et le problème est mondial.

La Dre Leigh Egan-Mitton dans sa clinique vétérinaire.

La médecin vétérinaire Leigh Egan-Mitton possède une clinique en milieu rural. Elle doit travailler davantage pour répondre aux demandes de rendez-vous.

Photo : Radio-Canada

La situation est la même de Riverview à Richibouctou. La propriétaire de la Clinique Vétérinaire Beauséjour, la Dre Leigh Egan-Mitton, lance un cri d’alerte.

Nous avons besoin d'aide et d'un autre vétérinaire. Nous en attendons un depuis trois ans.

Une citation de :Dre Leigh Egan-Mitton, propriétaire de la Clinique Vétérinaire Beauséjour

Pour combler la pénurie de main-d'œuvre, les vétérinaires vont jusqu’à recruter à l’international. Ils font campagne auprès d’établissements américains et européens.

Le défi du recrutement

Selon le Dr Francis Arseneault et la Dre Leigh Egan-Mitton, une solution efficace serait de former plus d’étudiants vétérinaires au pays.

L'entrée de l'Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

Le Collège Vétérinaire Atlantique est le seul établissement à offrir des cours de médecine vétérinaire dans les maritimes (archives).

Photo :  CBC / Université de l'Île-du-Prince-Édouard

Ils estiment qu’au Canada, la formation de la relève est insuffisante face aux départs des retraités. À l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard, 42 personnes sont admises en médecine vétérinaire, et ce, pour tout l'Atlantique.

Selon la Dre Egan-Mitton, les places sont rares dans les universités canadiennes, car les gouvernements provinciaux financent certaines ressources nécessaires aux étudiants. Cela inclut de l’équipement de laboratoire, des édifices spéciaux, et même, une partie des frais de scolarité.

Nous ne savons pas si le gouvernement va augmenter le financement accordé aux universités, pour augmenter le nombre de places offertes, explique la Dre Leigh Egan-Mitton. Le gouvernement ne s’est d’ailleurs pas prononcé sur la question.

Les docteurs Egan-Mitton et Arseneault aimeraient voir plus de relève dans les universités canadiennes. Ils proposent aussi de former davantage de techniciens vétérinaires, un métier nécessitant une formation plus courte.

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