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Après Senneterre, La Sarre se mobilise pour conserver ses soins de santé

L'hôpital de La Sarre.

L'hôpital de La Sarre

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Après la ville de Senneterre, c’est au tour de la population de l’Abitibi-Ouest de se mobiliser pour conserver des services de santé sur son territoire.

Dès le 15 octobre, 22 des 44 lits toujours disponibles à l’hôpital de La Sarre seront fermés.

Ces fermetures touchent 15 des 30 lits de courte durée, 3 des 8 lits de santé mentale, 2 des 4 lits de soins intensifs ainsi que les 2 lits restants en pédiatrie.

Les enfants de l’Abitibi-Ouest nécessitant une hospitalisation devront donc être transférés à Rouyn-Noranda.

Pour Miranda Dessureault, mère de famille et membre impliquée du comité citoyen pour la conservation des soins de santé en Abitibi-Ouest, cette perspective est très préoccupante.

En tant que maman, me dire que je ne peux pas être à proximité de mon enfant 24 heures sur 24, je vais trouver ça difficile. Ici, papa peut venir prendre le relais et mamie peut venir faire son tour pendant que je retourne à la maison. Si je m’en vais à Rouyn, c'est une heure de route. Faire un relais pour aller se doucher ou aller manger, ça devient compliqué, exprime-t-elle.

L'hôpital de La Sarre.

La moitié des lits de l'hôpital seront fermés dès vendredi.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Selon le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT), les fermetures de lits annoncées étaient devenues inévitables en raison de la forte pénurie d'infirmières qui touche la région et plus particulièrement l’Abitibi-Ouest.

D’après des chiffres fournis par le CISSS-AT, 146 infirmières sont requises dans le système de santé dans la MRC d'Abitibi-Ouest, alors que seulement 88 sont disponibles, incluant la main-d'œuvre indépendante.

Le manque à gagner est de 40 %, alors qu’il est en moyenne de 21 % dans le reste de l'Abitibi-Témiscamingue.

Pour Sylvain Trudel, membre très actif au sein du comité citoyen, la pénurie d’infirmières est principalement due à la centralisation de la gestion des ressources humaines décrétée par la réforme Barrette il y a quelques années.

Il n’y en avait pas de problème en Abitibi-Ouest avant 2015, quand cette gestion-là des ressources humaines était plus près du terrain.

Une citation de :Sylvain Trudel, membre du comité citoyen

M. Trudel soutient qu’il est préférable de s’attaquer aux causes du problème actuel plutôt qu’à ses conséquences.

On a eu une problématique d’obstétrique il y a quelques années. La pénurie d’infirmières en était la principale cause. La cause n’a pas été prise en compte parce qu'aujourd'hui, le problème de pénurie d’infirmières revient nous hanter de façon plus générale dans l’ensemble des départements, affirme-t-il.

Sylvain Trudel dans un stationnement, souriant.

Sylvain Trudel, membre du comité citoyen pour le maintien des soins de proximité en Abitibi-Ouest

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Celui qui est comptable de profession est d’avis qu’une gestion locale des ressources humaines et des horaires, de même que la nomination d’un gestionnaire en place à La Sarre, sont des solutions qui permettraient d’améliorer la situation. Il se désole que la décision de fermer la moitié des lits de l’hôpital ait été prise avant même d’essayer d'autres solutions.

Le sentiment qu’on a, c’est qu’on est comme un patient qui a une jambe malade. Notre jambe, c’est la pénurie d’infirmières, et elle ne va pas bien. Le CISSS-AT nous dit : on va te couper la jambe en haut du genou. Nous autres, on dit : est-ce qu’on pourrait essayer les antibiotiques avant de couper?

Une citation de :Sylvain Trudel

Selon M. Trudel, les fermetures de lits ne répondront pas à l’objectif de rendre disponible un plus grand nombre d’infirmières.

Un transfert par ambulance, ça consomme beaucoup d’énergie. C’est quelque chose qui prend au minimum la moitié de la journée d’une infirmière. Les infirmières qu’on pense récupérer en coupant à 15 lits, je vous annonce qu’elles vont faire de l’asphalte, soutient-il.

Mobilisation citoyenne

Dimanche prochain, une marche est organisée à La Sarre par le comité citoyen afin de manifester contre les fermetures de lits annoncées.

Miranda Dessureault est persuadée que la mobilisation citoyenne pourra à nouveau faire bouger les choses.

La population de l’Abitibi-Ouest se tient énormément. Quand la fermeture de l’obstétrique nous a été annoncée il y a deux ans, je pense que la mobilisation citoyenne a eu un très gros impact dans le dossier, et la réouverture s'est faite 51 jours plus tard. C’est le même principe qu’on vit là, pas uniquement pour la natalité, mais aussi pour tous nos soins de santé. Aujourd’hui, c’est en se levant debout et en disant qu’on tient à nos soins de santé qu’on va y arriver.

Une citation de :Miranda Dessureault

Le maire de La Sarre, Yves Dubé, partage l’avis de Mme Dessureault, tout en se montrant déçu de devoir à nouveau composer avec d’importantes compressions en santé.

Il y a deux ans, toute la MRC s’est mobilisée pour dénoncer haut et fort la fermeture de la natalité. Là, on dirait qu’on revient à la case départ. J’aurais pensé qu’un plan d’action pour parer au manque de main-d'œuvre aurait été mis en place. La fermeture de lits, c’est très décevant, c’est préoccupant. Pour une localité comme La Sarre, c’est inacceptable, conclut-il.

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