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80 000 litres d’eau pour les habitants d’Iqaluit

Des camions-citernes s'approvisionnent en eau au bord de la rivière Sylvia Grinnell, à Iqaluit.

Les camions-citernes de la Ville d'Iqaluit récupèrent l'eau de la rivière Sylvia Grinnell pour la distribuer aux habitants pendant qu'ils ne peuvent consommer de l'eau du robinet à cause de l'odeur de carburant qui en émane.

Photo : La Presse canadienne / Emma Tranter

Radio-Canada

Le gouvernement du Nunavut va faire venir 80 000 litres d’eau embouteillée pour les habitants d’Iqaluit, qui ne peuvent boire l’eau du robinet depuis mardi à cause de l'odeur de carburant qui en émane.

Le gouvernement territorial veut ainsi aider la Ville d’Iqaluit, qui traverse une crise de l’eau, selon le maire Kenny Bell. L'eau transportée par les airs sera distribuée au cours des trois prochains jours.

L'état d'urgence a été déclaré à Iqaluit mercredi après la découverte de signes de contamination au carburant de l'approvisionnement en eau traitée de la ville par des employés municipaux. Cela faisait plusieurs jours que les habitants se plaignaient de l'odeur qui émanait de l’eau.

Des échantillons d'eau ont été envoyés dans des laboratoires situés hors du territoire, mais les résultats ne seront pas disponibles avant au moins cinq jours ouvrables, explique la Municipalité.

Entre-temps, la ville affirme que l'eau de l'aqueduc est impropre à la consommation, même si elle est bouillie ou filtrée, ce qui signifie que près de 8000 résidents doivent trouver d’autres moyens de s'approvisionner.

La santé publique déconseille aussi le bain utilisant cette eau aux femmes enceintes et aux nourrissons.

Le ministère de l'Éducation du Nunavut a ordonné la fermeture des écoles d'Iqaluit et d'Apex, mercredi, après la publication de l'avis de non-consommation d'eau de la veille.

Le gouvernement du Nunavut a également annoncé que tous ses bâtiments d'Iqaluit sont fermés mercredi et qu’ils le resteront jusqu’à vendredi matin. Il y a cependant quelques exceptions, comme l’Hôpital général Qikiqtani, certains services du ministère de la Santé, les centres de détention ou encore les bureaux de protection de l’enfance.

Des habitants d'Iqaluit remplissent des bidons d'eau à la rivière Sylvia Grinnell.

Des habitants d'Iqaluit se sont tournés vers la rivière Sylvia Grinnell pour s'approvisionner en eau potable, parce que, dans les épiceries, les eaux embouteillées coûtent très cher.

Photo : La Presse canadienne / Emma Tranter

Trouver d'autres sources

De nombreuses personnes se sont rendues à la rivière Sylvia Grinnell afin de s'approvisionner en eau potable après l'annonce de la Municipalité.

Mercredi, Manon Faubert attendait qu’un des camions-citernes revienne de la rivière pour remplir sa carafe, faute d'avoir un réservoir plus grand. Elle déplore le manque d'information quant à l'évolution de la situation.

Je suis fatiguée et je pense à tous les aînés et les personnes à mobilité réduite qui ne peuvent pas venir jusqu’ici. Que va-t-il se passer pour eux?

Une citation de :Manon Faubert, habitante d'Iqaluit

Joey Kropf, qui a aussi fait la file pour remplir ses bidons, s'inquiète pour son bébé et sa femme. Ma femme allaite et consomme cette eau depuis quelques semaines. On nous a dit que l'eau était sans danger jusqu'à hier, c'est un peu frustrant.

Il pense qu'il devra faire bouillir l'eau qu'il récupère de la ville, puis la faire refroidir pour pouvoir donner des bains à son fils de 3 mois dans les prochains jours. Il évoque aussi la possibilité de faire une toilette plus sommaire. On fera ce qu'il faut pour qu'il soit propre.

9 $ le litre d’eau

Un peu plus loin, dans les épiceries, les Nunavummiut s'arrachent les bouteilles d'eau.

Johnny Mark fait partie de ceux qui cherchent de l’eau consommable. L’eau coûte cher quand on l’achète au magasin, note-t-il. Toute ma vie, l’eau a été gratuite et nous n’avions jamais eu un tel problème. Alors c’est nouveau pour moi.

Des personnes achètent des bouteilles d'eau dans une épicerie d'Iqaluit.

Dans les épiceries d'Iqaluit, les bouteilles d'eau sont une denrée très demandée à la suite de l'interdiction de boire l'eau du robinet.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

À Iqaluit, 1 litre d’eau en bouteille coûte 9 $, alors qu’une douzaine de petites bouteilles revient à environ 24 $, selon le maire, Kenny Bell. Il affirme que ceux qui ont un besoin urgent en eau, mais ne peuvent payer ce prix, peuvent communiquer avec la Ville, qui va leur en livrer le plus rapidement possible.

Nous voulons nous assurer que nous livrons de l'eau à deux endroits de la ville et que nous livrons aux aînés et aux personnes ayant des besoins spécifiques, précise-t-il, tout en ajoutant qu'il n'y a pas suffisamment de bidons pour en distribuer.

Il attend avec impatience les résultats des analyses de l'eau.

Nous sommes à la merci du laboratoire dans le Sud et du calendrier des vols.

Une citation de :Kenny Bell, maire d'Iqaluit

Le maire explique que les autorités travaillent sur un moyen de contourner le réservoir d'eau qu’elles soupçonnent d'être contaminé. Les foyers pourraient donc bientôt avoir de l'eau de l'aqueduc municipal, mais il faudra peut-être la faire bouillir.

Un homme remplit son bidon d'eau à partir d'un camion-citerne.

Les habitants d'Iqaluit peuvent remplir leurs bidons d'eau grâce à des camions-citernes de la Ville présents à la bibliothèque et à l'aréna des Jeux d'hiver de l'Arctique.

Photo : CBC / Jackie McKay

La Ville a mis en place des stations-service et a déclaré qu'elle travaillait sur d'autres moyens de fournir de l'eau propre à la consommation d'ici là.

Même s’il avoue être inquiet, le maire cite le gouvernement territorial, selon lequel il n’y a pas, à ce stade, de risques à long terme pour les personnes qui ont consommé l’eau avant mardi.

Malgré la situation actuelle, Kenny Bell rappelle que la Ville connaît une crise associée à l’eau depuis cinq ans.

Nous allons demander au gouvernement fédéral beaucoup d’argent bientôt. [...] J’espère que [les ministres] écoutent et qu’ils accordent de l'attention à ce qu’il se passe ici.

Avec les informations de Jackie McKay et Cindy Alorut

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