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En mode préélectoral hâtif, Andrea Horwath courtise le Nord de l’Ontario

Andrea Horwath parle en conférence de presse.

Andrea Horwath est cheffe du parti néo-démocrate de l'Ontario depuis 2009.

Photo : Radio-Canada

Sophie Houle-Drapeau

Un vent préélectoral souffle de plus en plus fort sur la scène politique en Ontario, une semaine après l’ouverture de la législature ontarienne.

À 8 mois des élections ontariennes, Andrea Horwath en profite pour faire un tour dans le Nord de l’Ontario. La cheffe néo-démocrate a d’abord fait un arrêt mardi à North Bay pour parler de la crise des opioïdes.

Elle a ensuite attaqué le gouvernement Ford au sujet de la crise à l’Université Laurentienne mercredi et se rendra à Sault-Sainte-Marie jeudi.

Andrea Horwath parle dans un micro et les 4 autres personnes sont debout derrière elle.

La cheffe du NPD, Andrea Horwath accompagnée de trois députés du Nord de l'Ontario et d'un professeur à l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada

Ce déplacement signe un début hâtif du mode préélectoral et s'explique par plusieurs facteurs selon la politologue Geneviève Tellier, qui s’attend en outre à ce que l’électorat francophone soit fortement courtisé.

La professeure à l'École d'études politiques à l'Université d'Ottawa croit que les partis provinciaux tentent présentement de surfer sur la vague de la campagne fédérale qui s’est terminée le 20 septembre dernier.

Elle s'attendait à voir les partis commencer à hausser le ton plus tard, autour du temps des Fêtes.

Geneviève Tellier note que les progressistes-conservateurs et les néo-démocrates sont en bonne posture, ce qui explique un certain ton agressif des deux partis.

Elle estime que la stratégie est entre autres de bousculer le Parti libéral en occupant tout l’espace médiatique. Les publicités préélectorales de la semaine dernière en sont un bel exemple.

La crise à l’Université Laurentienne

Geneviève Tellier croit que la situation à l’Université Laurentienne a ramené le Nord de l’Ontario au premier plan dans la sphère politique. Cette crise est un boulet pour le parti de Doug Ford, explique la politologue.

Il était donc prévisible que les partis de l'opposition tentent d’enfoncer le clou.

Malgré tout, les progressistes-conservateurs sont en bien meilleure position auprès de l’électorat francophone qu’en 2018 selon Mme Tellier, qui souligne que les récents investissements du gouvernement ont surtout un caractère économique.

Dans le nord de la province, il suffit de penser aux infrastructures comme la Place des Arts à Sudbury et la reconstruction de La Ronde à Timmins.

Ces investissements ne sont pas suffisants pour répondre aux besoins de la communauté franco-ontarienne, a indiqué le néo-démocrate Guy Bourgouin mercredi lors de la conférence de presse à l’Université Laurentienne.

Un petit peu d’argent ne répond pas aux besoins de la communauté franco-ontarienne.

Une citation de :Guy Bourgouin, député néo-démocrate de Mushkegowuk—Baie James

Parmi ce qu'il considère comme des échecs du gouvernement progressiste-conservateur, le député de Mushkegowuk—Baie James cite la crise à l’Université Laurentienne, les délais concernant la modernisation de la Loi sur les services en français et l’abolition du poste indépendant de Commissaire aux services en français.

Il parle devant un micro.

Le député néo-démocrate de Mushkegowuk—Baie James, Guy Bourgouin, lors d'une conférence de presse à l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada

Ne pas oublier les libéraux

Ce n'est pas parce qu’il a connu une déconfiture aux dernières élections provinciales que le Parti libéral est condamné à rester le troisième parti. L'appui aux idées libérales est là en Ontario soutient Geneviève Tellier.

Le talon d'Achille des libéraux, selon la politologue, demeure son chef Steven Del Duca, encore méconnu du grand public, d’où l’attrait pour les deux autres partis principaux de ne pas leur laisser le temps ni la place de faire des gains.

Un homme saluant la foule

L'ancien ministre Steven Del Duca a été élu à la tête des libéraux de l'Ontario en mars 2020.

Photo : Radio-Canada

De leur côté, les troupes de Doug Ford ont amélioré leur image auprès des francophones, mais la marche est encore haute pour le parti au pouvoir, précise Geneviève Tellier. Elle s’attend à des luttes féroces entre le NPD et les libéraux.

Le désavantage du NPD est qu’on est encore dans les intentions et les belles paroles alors que les libéraux ont une histoire d’actions et de réalisations à leur actif.

Une citation de :Geneviève Tellier, professeure à l'École d'études politiques à l'Université d'Ottawa

Malgré de piètres résultats en 2018, le Parti libéral a été en mesure de conserver des circonscriptions ayant une forte présence francophone.

C’est ce qui fait dire à Geneviève Tellier que le NPD a tout intérêt à prendre des engagements clairs et visibles comme celui de transférer les programmes en français de l’Université Laurentienne vers l’Université de Sudbury.

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