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Vaccination obligatoire en santé : la France durcit les mesures

En France, médecins, infirmières et autres professionnels de la santé doivent présenter une preuve de vaccination depuis environ un mois, une mesure qui sera de nouveau resserrée à la fin de la semaine.

Des manifestants tiennent une affiche sur laquelle il est écrit : non à l'obligation vaccinale.

Des manifestants, travailleurs de la santé, dénoncent l'obligation vaccinale.

Photo : Getty Images / Christophe Simon

Vendredi, des milliers de travailleurs du réseau de la santé de France feront face à un ultimatum.

À partir du 15 octobre, les soignants devront présenter une preuve de vaccination complète (deux doses, ou une dose et infection) pour pouvoir se présenter au travail et éviter d’être suspendus sans salaire.

Il s’agit d’une deuxième grande étape dans la politique du gouvernement français. Depuis le 15 septembre, ces médecins, infirmières ou préposés aux bénéficiaires dans les centres de personnes âgées doivent prouver qu’ils ont entrepris le processus de vaccination, avec au moins une dose de vaccin.

L’annonce de cette mesure a donné lieu à des manifestations dans certaines grandes villes de France, comme Paris et Lyon. Des travailleurs de la santé ne cachaient pas leur crainte de voir le réseau privé de nombreux professionnels, alors que les besoins sont grands.

Un mois plus tard, combien d’employés ont-ils été suspendus ou sont susceptibles de l'être? Environ 15 000 sur les 2 millions de personnes touchées par l’obligation vaccinale, assure le ministre de la Santé Olivier Véran.

Le plus important, c'est que les hôpitaux n'ont pas fermé. Les EHPAD [établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes] n'ont pas fermé. Il n'y a pas eu de transfert massif de malades.

Une citation de :Olivier Véran, ministre de la Santé de France
Olivier Véran devant un lutrin.

Le ministre français de la Santé, Olivier Véran, faisait en août dernier le point sur la stratégie gouvernementale de lute contre la COVID-19.

Photo : Getty Images / Stéphane de Sakutin

Sur les ondes de France Info mercredi, le ministre a expliqué que le nombre de soignants déjà suspendus ou susceptibles de l’être représentait 0,6 % des effectifs dans le réseau, une proportion qui aurait diminué de 0,3 point de pourcentage au cours du dernier mois.

Ça fait un pourcentage très, très faible, a lancé le ministre sur les ondes de la radio publique.

Certaines situations tendues

Par rapport à l’ensemble des soignants, c’est sûr que ce sont des chiffres qui sont faibles, mais malheureusement aujourd’hui toute personne en moins dans un service entraîne des dysfonctionnements qui peuvent être graves, réplique Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France.

Le médecin assure que l’impact de la politique se fait sentir dans certaines communautés. Il note entre autres l’exemple de Montélimar, où l’hôpital a annoncé le mois dernier devoir annuler des dizaines d’opérations, puisqu’une vingtaine de membres du personnel, dont trois médecins anesthésistes, devaient être suspendus.

Le journal Le Parisien révélait par ailleurs cette semaine qu’à l’Hôpital Bichat de Paris, le service neurologique serait en danger, devant composer avec la présence de six infirmières, contre 20 en temps normal.

Le médecin Christophe Prudhomme est d'accord avec la vaccination du personnel de la santé : L’objectif est le bon, mais la méthode n’est pas bonne, dit-il. Pour lui, la moindre suspension vient s’ajouter à un problème déjà existant de pénurie de main-d'œuvre.

Selon la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), il y aurait 100 000 postes vacants dans les établissements français, qu’ils soient publics ou privés.

Tant que les personnes non vaccinées en poste ne peuvent pas être remplacées pour assurer la continuité des soins, il faut surseoir à l’application, autrement on met en danger le système de santé et on met en danger les patients.

Une citation de :Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France

Le gouvernement français a d’ailleurs montré une certaine flexibilité pour l’application de l’obligation vaccinale dans les départements d’outre-mer comme la Guadeloupe et la Martinique, où les taux de vaccination étaient particulièrement faibles au moment de l’entrée en vigueur de la mesure. Fin septembre, la direction du Centre Hospitalier Universitaire de Pointe-à-Pitre avançait que seulement 26 % du personnel était vacciné.

À la veille de la deuxième étape de son plan, l’administration demeure néanmoins convaincue que l’obligation demeure la meilleure manière d’augmenter la couverture vaccinale dans les hôpitaux et les centres de soin du pays.

Selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, la proportion de membres du personnel qui sont suspendus va continuer de descendre, puisqu’à mesure que les semaines passent celles et ceux qui font vraiment le choix de démissionner pour être vaccinés deviennent l’exception.

Un marcheur passe devant un panneau annonçant un site de vaccination.

En date du 12 octobre, plus de 73 % de la population française est adéquatement vaccinée.

Photo : Getty Images / Pascal Guyot

Des tribunaux saisis de contestations

Pour continuer d’aller de l’avant dans ce dossier, Paris peut pour l’instant compter sur des décisions judiciaires.

Fin septembre, un tribunal de Strasbourg a rejeté la requête de deux employés non vaccinés d’un hôpital du Haut-Rhin qui refusaient de se soumettre à l’obligation vaccinale pour les travailleurs de la santé.

Mardi, 29 soignants de Franche-Comté qui avaient refusé de présenter une preuve vaccinale ont été déboutés après avoir présenté un recours contre leur employeur.

Scénario semblable mercredi, un tribunal administratif de Versailles a également rejeté la demande d’urgence d’une adjointe administrative d’un hôpital qui contestait sa suspension sans salaire.

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