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Réactions de syndicats du réseau de la santé au report de la date de vaccination

La date butoir pour la vaccination adéquate du personnel de la santé est reportée au 15 novembre.

Christian Dubé répond à une question lors d'une conférence de presse.

Le ministre québécois de la Santé Christian Dubé a alloué un mois de plus au personnel de la santé pour se faire adéquatement vacciner.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Camille Lacroix-Villeneuve

Le ministre de la Santé Christian Dubé a annoncé mercredi qu'il laissait un mois supplémentaire aux travailleurs du milieu de la santé pour se faire adéquatement vacciner avant qu'ils ne soient suspendus sans solde. Des syndicats du réseau de la santé de l’Est-du-Québec poussent un soupir de soulagement.

La nouvelle date pour cette mesure est donc fixée au 15 novembre prochain, plutôt que le 15 octobre.

Steve Heppell en entrevue devant la caméra et le micro de Radio-Canada.

Le vice-président régional pour la Fédération de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord CSN, Steve Heppell.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Le vice-président régional pour la Fédération de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord–CSN, Steve Heppell, se dit soulagé par le report et encourage ses membres à se faire vacciner.

On est soulagés un peu, parce que le 15 [octobre], c'est dans deux jours. On vient de diminuer la pression un peu. On considère qu’un mois [de plus], ça va donner un temps raisonnable pour ceux qui avaient déjà une première dose d'aller chercher la deuxième, explique-t-il en entrevue.

Steve Heppell a toutefois tenu à mentionner que, selon lui, le choix individuel prime. Il reste que ceux qui ne veulent pas se faire vacciner, eux autres, on va continuer à les accompagner puis les appuyer là-dedans, parce qu'on considère que c'est un choix individuel, souligne M. Heppell.

Le président du conseil central Côte-Nord–CSN, Guillaume Tremblay, estime que ce mois supplémentaire pourra également servir à trouver d'autres solutions que la vaccination obligatoire pour les travailleurs.

Bien que ce soit une victoire, c'est, je pense, que le ministre de la Santé et des services sociaux, monsieur Dubé, il a réalisé à quel point son remède de cheval qu'il voulait nous imposer allait faire plus mal qu’il allait avoir de bénéfices, a dit M. Tremblay.

Parce que ça fait longtemps qu'on le dit, sur toutes les tribunes, déjà c'est difficile de donner les services à la population.

Une citation de :Guillaume Tremblay, le président du conseil central Côte-Nord CSN
Le président de la CSN Côte-Nord, Guillaume Tremblay devant la caméra et un micro de Radio-Canada.

Guillaume Tremblay croit que ce délai permettra au réseau de la santé de trouver d'autres solutions que la vaccination obligatoire pour les travailleurs.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) de la Côte-Nord tenait d'ailleurs un point de presse mercredi matin pour dénoncer cette vaccination obligatoire, craignant des ruptures de services si des employés quittaient le réseau le 15 octobre.

Selon Québec, en date du 11 octobre dernier, il y avait 244 travailleurs du milieu de la santé sur la Côte-Nord qui n'étaient pas adéquatement vaccinés.

Soulagement au Bas-Saint-Laurent

Le conseil central CSN du Bas-Saint-Laurent a également réagi de manière positive au report de la date limite à laquelle les travailleurs de la santé devront être adéquatement vaccinés contre la COVID-19.

La présidente du conseil central CSN au Bas-Saint-Laurent, Nancy Legendre, représente les quelque 1300 employés de bureau du réseau de la santé dans la région.

Nancy Legendre estime que ce sursis pourrait permettre à certains travailleurs de compléter le processus de vaccination. J'aurais tendance à vous dire tant mieux, si ça permet entre autres aux gens qui ont entrepris le processus de vaccination de pouvoir se rendre au 15 novembre et être immunisés à ce moment-là, explique Mme Legendre.

Parce qu'on va se le dire, de se ramasser sans solde du jour au lendemain, ce n'est pas plaisant pour personne.

Une citation de :Nancy Legendre, présidente du conseil central CSN au Bas-Saint-Laurent
Une femme avec des lunettes sourit.

Nancy Legendre revendique que les syndicats du réseau de la santé n’ont pas été consultés au sujet de la vaccination obligatoire de ses travailleurs.

Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin

561 travailleurs de la santé du Bas-Saint-Laurent n'ont toujours pas reçu leurs deux doses de vaccin contre la COVID-19 selon le gouvernement du Québec.

Un report bien accueilli aussi en Gaspésie

En Gaspésie, 206 travailleurs de la santé risquaient la suspension à compter de vendredi parce qu'ils ne sont pas adéquatement vaccinés.

Le président du Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l'Est-du-Québec (SIIIEQ), Pierre-Luc Bujold, se dit soulagé, particulièrement pour les services de santé de la Haute-Gaspésie.

Pier-Luc Bujold, photographié lors de la manifestation du 30 avril.

Le président du SIIIEQ, Pier-Luc Bujold.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Le gouvernement a une fois de plus reconnu les problèmes dans le réseau. Il a reconnu qu'il y a énormément de gens qui ont une assurance salaire ou sont en maternité. Et le fait d'obliger la vaccination obligatoire aurait encore surchargé le réseau.

Une citation de :Pierre-Luc Bujold, président du SIIIEQ

Le mois passé, le gouvernement a annoncé son projet Mammouth, de restructuration du réseau, incluant des primes : bien là il vient de prouver aujourd'hui que le temps presse. Il doit se virer de bord très rapidement et apporter des mesures structurantes pour le réseau de la santé, ajoute Pierre-Luc Bujold en entrevue téléphonique.

Soulagement pour certains, frustration pour d’autres

Ce report de 30 jours suscite aussi des réactions divergentes. La présidente de la section locale 5007 SCFP du Bas-Saint-Laurent, Johanne Campagna, déplore un tel changement de cap à deux jours de la date butoir.

Le syndicat indique que plusieurs employés ont déjà donné leur démission. Elle confirme avoir déjà reçu 70 avis de départ. Johanne Campagna ne cache pas sa colère, elle dit tenter de rejoindre la direction du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la région, pour savoir quoi faire de cette situation pour la suite.

On fait quoi pour revirer la machine de bord en deux jours? C'est jouer avec le monde! La réaction du gouvernement, puis ce qu'il a décidé, c'est complètement idiot. Il prend [les employés de la santé] pour des pions.

Une citation de :Johanne Campagna, présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent

Johanne Campagna affirme que 95 lettres ont été envoyées par leur employeur à ses membres non vaccinés. Elle représente 3000 travailleurs, dont des préposées aux bénéficiaires, des auxiliaires en services de santé et des gardiens de sécurité.

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