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5 crises majeures dans l’œil d’Anthony Di Monte

Anthony Di Monte assis à un bureau.

Le directeur général des Services de protection et d'urgence de la Ville d'Ottawa, Anthony Di Monte, prendra sa retraite le 29 octobre prochain après carrière bien remplie.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

À la fin du mois, le directeur général des Services de protection et d'urgence de la Ville d'Ottawa, Anthony Di Monte, tournera la page sur une longue carrière professionnelle empreinte de défis et d’événements qui resteront gravés dans les esprits. À l’aube d’une retraite bien méritée, il a accepté pour Radio-Canada de revenir sur les crises majeures qui ont marqué et façonné l’homme derrière l’uniforme.

La tuerie de l'École polytechnique de Montréal, 1989

Avant d'œuvrer au sein de la ville d’Ottawa, Anthony Di Monte a travaillé dans la métropole montréalaise à Urgences-santé Montréal, une société publique de services ambulanciers. Il était superviseur aux opérations quand il a été appelé à intervenir sur les lieux de la tuerie de l'École polytechnique de Montréal, le 6 décembre 1989. Ce jour-là, le tristement célèbre Marc Lépine est entré dans l’établissement et a ouvert le feu, tuant 14 femmes et blessant 13 autres personnes, avant de retourner son arme contre lui.

J’étais sur les lieux cette journée-là. [...] Comme tout le monde, je pense, on a perdu notre innocence.

Une citation de :Anthony Di Monte

En début d’opération, onde de choc pour les équipes d’interventions : le directeur des communications de la Ville de Montréal, un collègue de M. Di Monte, a appris que sa fille était parmi les victimes. La nouvelle lui est tombée dessus tout juste après une mêlée de presse.

Une foule et plusieurs ambulances à l'extérieur d'un bâtiment.

Des images d'archives de la tuerie de l'École polytechnique de Montréal, en 1989, qui a fait 14 victimes.

Photo : La Presse canadienne

Pour moi, la distance professionnelle n’était plus là. Soudainement il y avait un être humain qui venait de perdre sa fille. C’est quelqu’un que je connaissais, avec qui j’avais un lien. Ça a été très difficile, admet M. Di Monte.

Quelques années plus tard, Anthony Di Monte interviendra à la suite d’un autre massacre, celui de Concordia en 1992, quand un professeur est entré dans l’Université et a assassiné quatre collègues puis blessé une autre personne.

De Polytechnique à Concordia on a vu un changement énorme dans la profession préhospitalière et aussi au niveau policier. [...] À la polytechnique, les policiers restaient à l’extérieur et attendaient le Swat, et durant ce temps-là, la tuerie continuait. Déjà à Concordia, ça avait changé. Les policiers entraient à l’intérieur et on chassait le bandit, partage-t-il.

La fusillade au Monument de la guerre et au Parlement, 2014

C’est par hasard qu’Anthony Di Monte s’est retrouvé au cœur d’un drame qui a secoué la capitale fédérale , le 22 octobre 2014. En cette journée d’automne, un homme a ouvert le feu sur le caporal Nathan Cirillo posté au Monument commémoratif de guerre avant de se diriger au Parlement où il a été abattu par un segment d'armes.

Je suis ambulancier, je suis chef de service et je suis à 30 secondes de là...

Une citation de :Anthony Di Monte

Cette journée-là, M. Di Monte assistait à des réunions au centre-ville pour établir un protocole en cas d’éclosion du virus Ebola, qui faisait des ravages en Afrique à l’époque. Il était à ce moment chef du service ambulancier de la Ville d’Ottawa. Alors qu’il s’était arrêté pour prendre un café entre deux rendez-vous, il a entendu sur les ondes de sa radio de service qu’une personne, tout près, était en arrêt cardiaque.

J’ai décroché le micro pour dire que j’allais répondre à l’appel, que j’allais supporter les ambulanciers sur les lieux. Mais en arrivant, évidemment, l’événement a pris une autre tournure. Ce n’était pas un arrêt cardiaque, mais c’était le caporal [Nathan Cirillo] qui venait d’être tiré, raconte Anthony Di Monte.

Trois policiers armés se dirigent vers le parlement.

Un vaste périmètre de sécurité avait été déployé le matin du 22 octobre 2014 lorsque le tireur avait ouvert le feu au Monument commémoratif de guerre avant d'entrer au parlement (archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Les grandes inondations de 2017 et 2019

Les villes d’Ottawa et Gatineau ont été frappées deux fois par des inondations majeures, en 2017 et 2019. Les résidences inondées se comptaient par centaines dans différentes zones de la capitale nationale, notamment dans les secteurs de Britannia, Constance Bay et plus à l’est à Cumberland. La Ville d’Ottawa avait d’ailleurs déclaré l’état d’urgence et fait appel aux Forces armées canadiennes en 2019.

Des pompiers avec un bateau dans une rue inondée.

Les autorités interviennent à bord de bateaux dans le secteur de Cumberland.

Photo : Radio-Canada / Pascale Langlois

Deux inondations majeures, c’est du jamais vu dans la région, lance Anthony Di Monte. Ça a été mouvementé. J’ai eu des journées et des semaines assez longues, se remémore-t-il.

Les deux inondations ont été difficiles. Il y a des gens qui ont tout perdu. C’est difficile de voir l’aspect humain [derrière].

Une citation de :Anthony Di Monte
Anthony Di Monte en train de travailler sur un ordinateur portable.

À quelques jours de la retraite, Anthony Di Monte, le directeur général des Services de protection et d'urgence de la ville d'Ottawa, continue de suivre activement ses dossiers.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Les tornades de 2018

Entre les inondations majeures qu’a connues Ottawa, une série de tornades a secoué différents secteurs de la capitale nationale le 21 septembre 2018, avec des vents soufflant parfois à plus de 200 km/h.

Des camions et des travailleurs devants des débris de maisons.

Des équipes au travaille après le passage d'une tornade dans le secteur Dunrobin, dans l'ouest d'Ottawa, en septembre 2018.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Quelques centaines de maisons et d’immeubles ont été lourdement endommagés. Mais personne n’est mort lors de la catastrophe, souligne M. Di Monte avec soulagement.

On a été chanceux, il n'y a pas eu de perte de vie, mais quand même, des gens ont perdu leurs champs, leur maison, dit-il.

Ça a été des années un peu mouvementées, mais, en même temps, des moments positifs dans le sens où on a travaillé avec une équipe forte qui était là pour aider la communauté.

Une citation de :Anthony Di Monte

La pandémie de COVID-19

Ce n’est que récemment qu’Anthony Di Monte a pris les devant de la scène, avec un des plus grands défis qu’il lui ait été confié : orchestrer la gestion de la pandémie de COVID-19 dans la capitale fédérale.

Anthony Di Monte qui regarde un paysage de la ville d'Ottawa par une fenêtre.

Anthony Di Monte a été amené à gérer plusieurs crises au cours de son parcours professionnel. Une des plus complexes aura été sans aucun doute la gestion de la pandémie de COVID-19 dans la capitale fédérale.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Gérer tout cela et garder la confiance du public, et communiquer avec le public c’était très très important.

Une citation de :Anthony Di Monte

Celui qui confie avoir refusé à deux reprises le poste directeur général des Services de protection et d'urgence a été propulsé en 2020 aux commandes d’une vaste opération, probablement une des plus complexes que l’administration de la Ville n’a jamais eu à gérer.

Quand on m’a donné le mandat de gérer la pandémie, on m’a donné la capacité et l’ensemble des outils nécessaires de la Ville, donc le personnel, les édifices, la logistique... et c’est assez complexe, note M. Di Monte qui entend maintenant partager plus de temps avec son épouse, ses enfants et voyager.

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