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Traverses dans l’Est-du-Québec : la STQ publie une étude aux conclusions caviardées

Navire au quai de Trois-Pistoles.

L'étude s'intéresse notamment au lien fluvial entre Trois-Pistoles et Les Escoumins (archives).

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

La Société des traversiers du Québec (STQ) a rendu publique une étude de marché – dont l’entièreté des recommandations a été caviardée. Elle concerne les liens maritimes entre Trois-Pistoles et Les Escoumins, ainsi que Rimouski et Forestville et a été remise au ministre des Transports, François Bonnardel.

En entrevue, le porte-parole de la STQ, Bruno Verreault, affirme que l'objectif de cette étude était de nourrir la réflexion sur la pertinence de l’étatisation des deux traverses privées.

Quant à ses conclusions, M. Verreault se limite à dire que la vocation touristique de ces deux traverses a été confirmée.

Ça a démontré la vocation touristique des deux traverses privées [...] c’est vraiment ce que l’étude a démontré, indique-t-il.

L’étude, pour ce qu'on est en mesure d'en lire, brosse un portrait exhaustif des deux traverses privées qui relient les deux rives du fleuve Saint-Laurent.

Or, ce qui frappe à la lecture du document, c’est la quantité de passages caviardés.

Capture d'écran d'un rapport caviardé dont la seule phrase lisible indique: Calcul des impacts économiques et environnementaux.

Il est impossible de connaître les impacts environnementaux du retrait d'un ou l'autre des traversiers étudiés par la STQ.

Photo : Capture d'écran de l'étude de marché de la STQ

On peut lire cependant qu'une bonne proportion d’usagers des traverses analysées utiliserait davantage le service si l'offre était améliorée.

Autrement, l’impact environnemental du retrait d’un ou l’autre des liens maritimes est entièrement caviardé, tout comme les options optimales suggérées à la lumière de cette enquête.

Un document caviardé produit par la STQ.

Il est aussi impossible de prendre connaissance des options optimales dégagées par les auteurs de l'étude de marché.

Photo : Capture d'écran de l'étude de marché de la STQ

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) indique que toutes les informations contenues dans les conclusions de l'étude étaient sensibles pour les entreprises privées opérant les traversées.

L'étude a été reçue par le MTQ il y a environ deux semaines.

En ce qui concerne la suite à donner à ce document, la STQ affirme que la balle est dans le camp du MTQ à savoir si les deux traverses doivent être nationalisées.

Invité à commenter cette étude de marché, le propriétaire du CNM Évolution qui assure la liaison entre Rimouski et Forestville, Hilaire Journeault, n’a pas voulu nous accorder d’entrevue, indiquant qu’il préférait d’abord lire le document.

Rimouski appelle Québec à mieux financer la traverse

De son côté, le maire sortant de Rimouski, Marc Parent, avoue avoir souri lorsqu'il a entendu la conclusion de l'étude concernant le caractère touristique de la traverse vers Forestville.

C'est beaucoup plus que ça. Elle a une vocation extrêmement importante pour les gens de la région de Forestville qui viennent au centre hospitalier de Rimouski. On peut penser aux travailleurs qui traversent régulièrement vers le sud ou vers le nord, énumère-t-il.

Marc Parent derrière un micro de Radio-Canada lors d'une entrevue.

Le maire sortant de Rimouski, Marc Parent

Photo : Radio-Canada

Selon M. Parent, si c'est la vocation touristique qui ressort aux yeux de la STQ, c'est parce que la traverse ne répond plus adéquatement aux besoins des habitants de la région.

C'est une entreprise privée qui n'est absolument pas compensée par le gouvernement du Québec et qui doit compétitionner avec d'autres traversiers qui sont soit une propriété de la STQ ou largement subventionnés par la STQ, avance le maire qui croit que la solution passe donc par plus de financement de la part de Québec ou une nationalisation de la traverse.

Cette étude est publiée plus de deux ans après avoir été commandée par le gouvernement du Québec.

La démarche devait fournir un portrait complet des impacts des services privés de traversier et des options qui s'offrent au gouvernement, indiquait à l'époque le ministre québécois des Transports, François Bonnardel.

Avec les informations de Patrick Bergeron

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