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La Nouvelle-Écosse manque d’environ 2165 travailleurs de la santé

Des ambulances devant un hôpital.

La Nouvelle-Écosse estime manquer de 27 travailleurs paramédicaux, mais leur syndicat affirme qu'il y en a environ 200 en congé de maladie.

Photo : CBC/Tom Ayers

Radio-Canada

Le nouveau bureau de recrutement de travailleurs de la santé en Nouvelle-Écosse doit agir rapidement s’il espère embaucher les centaines de personnes nécessaires pour appuyer les employés actuels qui sont surchargés de travail, recommandent des représentants syndicaux des ambulanciers et des infirmières.

Le nombre de postes à pourvoir dans le domaine de la santé dans la province change quotidiennement. Il a été récemment estimé à 2165. Il s’agissait entre autres de 1086 postes d’infirmières immatriculées et de 27 postes d’ambulanciers, selon le bureau de recrutement et le service ambulancier.

Les données ne révèlent pas tout, selon Michael Nickerson, un directeur de la section 727 du syndicat IUOE, qui représente les travailleurs paramédicaux de la Nouvelle-Écosse.

Michael Nickerson.

Michael Nickerson, représentant du syndicat des travailleurs paramédicaux de la Nouvelle-Écosse, explique que beaucoup d'entre eux sont mécontents de leurs conditions de travail, et ce, depuis des années.

Photo : CBC/Tom Ayers

M. Nickerson affirme que des travailleurs paramédicaux renoncent à la profession ou déménagent pour travailler dans d’autres provinces où ils gagnent un meilleur salaire. Il aimerait voir le bureau de recrutement s'attaquer rapidement à ce problème. Il faut que ces travailleurs se sentent mieux valorisés et plus appréciés, dit-il.

Le représentant syndical estime que 200 travailleurs paramédicaux sont en congé de maladie pour des raisons de santé physique et mentale. Ils constituent environ 18 % du personnel.

Diminution prévue du personnel infirmier

Janet Hazelton, présidente du Syndicat des infirmières de la Nouvelle-Écosse, dit aussi que les données ne reflètent pas tous les postes vacants.

Le syndicat estime que 235 postes d’infirmières auxiliaires autorisées et 12 postes d’infirmières praticiennes sont aussi vacants.

Mme Hazelton demande de l’aide de longue date pour régler la pénurie d’infirmières. La pénurie va s'aggraver, car environ 25 % des infirmières dans la province comptent prendre leur retraite durant les cinq prochaines années, explique-t-elle.

Janet Hazelton parle au micro devant des collègues qui tiennent une grande bannière.

Janet Hazelton, présidente du Syndicat des infirmières de la Nouvelle-Écosse, a participé à une manifestation en septembre pour attirer l’attention sur la pénurie d’infirmières.

Photo : CBC/Dave Laughlin

De plus, selon elle, le gouvernement n’a jamais sondé les infirmières afin de vérifier pourquoi elles partent. Il faut savoir quels sont les problèmes pour être en mesure de les régler, explique-t-elle.

Tout comme les travailleurs paramédicaux, les infirmières doivent souvent faire des heures supplémentaires. Si une collègue est malade, l’infirmière en poste ne peut rentrer à la maison avant qu’on trouve quelqu’un pour remplacer celle qui est absente.

On ne peut pas compter trop longtemps sur des infirmières qui font des heures supplémentaires, car elles se fatiguent et risquent de se blesser, souligne Janet Hazelton.

Le maintien en fonction est un problème clé

Michael Nickerson dit aussi que si on veut améliorer la situation dans les services ambulanciers il faut consulter ces travailleurs.

Il y a beaucoup de mécontentement envers l'employeur chez les travailleurs paramédicaux depuis des années en raison de leurs conditions de travail, indique le représentant syndical.

M. Nickerson affirme que les ambulanciers travaillent souvent jusqu’à 15 heures par jour sans pouvoir prendre des pauses appropriées pour leurs repas. Les salaires et l’équilibre entre le travail et la vie personnelle sont importants, dit-il. L’employeur et le gouvernement doivent reconnaître cela, ajoute M. Nickerson.

Les objectifs du bureau de recrutement

Le bureau de recrutement de travailleurs de la santé travaille avec le service ambulancier. Ce dernier explique qu’il a formé un comité chargé de proposer des solutions.

Le service ambulancier dit avoir embauché 57 travailleurs paramédicaux et 6 agents de communication médicale depuis le mois de janvier. Il souligne que ce nombre est déjà supérieur au total de l’année dernière, qui était de 42 embauches.

Le bureau de recrutement exprime l’espoir d’embaucher plus de travailleurs de la santé qu’il en faut à l’heure actuelle. Par exemple, il estime qu’on manque de 448 préposés aux soins continus et qu’il espère en recruter plutôt près d’un millier.

Kevin Orrell dans une salle de conférence.

Le Dr Kevin Orrell dirige le bureau de recrutement de travailleurs de la santé. Il a discuté avec des travailleurs du domaine à l'occasion d’une table ronde provinciale organisée en septembre.

Photo : CBC/Robert Short

Le bureau a déjà connu du succès du côté des médecins en changeant le mode de rémunération de certains nouveaux médecins qui envisageaient de partir et en concluant des contrats avec des étudiants en médecine qui sont formés à l’extérieur de la province, explique le Dr Kevin Orrell, PDG de l’organisme.

Dès sa première journée à l’Assemblée législative, le nouveau premier ministre Tim Houston a souligné qu’il veut améliorer le système de santé de la province et qu’l a aussi à l’esprit la rétention des travailleurs de la santé.

Tim Houston n’avait pas de nouvel objectif à annoncer, mardi, mais il a dit reconnaître l’urgence de la situation.

Janet Hazelton exprime de l’optimisme quant au nouveau bureau de recrutement des travailleurs de la santé. Elle dit que c’est la première fois qu’elle voit un organisme gouvernemental entièrement consacré à cet enjeu.

Mme Hazelton espère des changements positifs en matière d’embauche d’ici six mois. Elle souligne que les infirmières ont besoin de signes concrets indiquant que des renforts vont arriver.

D’après un reportage de Carolyn Ray, de CBC

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