•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Plante qualifie de « troublants » les agissements d’un candidat d’Ensemble Montréal

Une pancarte d'Ensemble Montréal.

Antoine Richard brigue la mairie de l'arrondissement de Verdun pour Ensemble Montréal, la formation politique de Denis Coderre.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Les tactiques immobilières du courtier Antoine Richard, qui brigue la mairie de Verdun aux côtés de Denis Coderre, suscitent la controverse. Valérie Plante qualifie ces agissements de « troublants », tandis que son adversaire minimise l'affaire, soulignant qu'il ne s'agit pas de méthodes « interdites », mais bien de pratiques « non recommandées ».

Selon le Journal de Montréal, M. Richard aurait adopté des stratégies éthiquement discutables en effectuant de profitables opérations d'achat-revente (communément appelées des flips) dans Verdun, un secteur où les logements abordables se font rares.

L'aspirant maire d'arrondissement aurait notamment racheté les propriétés de deux clients sous le montant des évaluations pour les revendre lui-même beaucoup plus cher – des allégations qui n'ont pas été confirmées par Radio-Canada. Ces pratiques lui auraient permis de toucher 471 000 $ en quelques mois.

L'article du Journal de Montréal a été abondamment relayé sur les réseaux sociaux mercredi par l'équipe de Valérie Plante. La mairesse sortante a également réagi fortement en marge d'un point de presse tenu en matinée dans l'est de la ville.

Mme Plante a qualifié de très, très troublants les agissements du candidat de Denis Coderre à la mairie de Verdun. M. Richard, estime-t-elle, contourne les règles dans un des arrondissements montréalais les plus touchés par les flips et la spéculation.

Pour [Denis Coderre], l’habitation, c’est un bien de consommation, alors que pour nous, c’est un droit fondamental.

Une citation de :Valérie Plante, cheffe de Projet Montréal

Mme Plante accuse par ailleurs Ensemble Montréal de vouloir créer un faux registre [des baux], qui se ferait sur une base volontaire, et d'avoir l'intention de subventionner les promoteurs afin de transformer les tours de bureaux du centre-ville en habitations. Pour elle, Denis Coderre échoue au test de crédibilité en matière de logements.

La cheffe de Projet Montréal était dans Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles mercredi afin de présenter sa stratégie pour les industries innovantes. Elle a notamment fait part de sa volonté de créer trois zones métropolitaines pour attirer ces industries dans l'est, l'ouest et le nord de Montréal.

Par voie de communiqué, le parti de Mme Plante a annoncé sur l'heure du midi qu'il s'engageait à travailler avec le gouvernement du Québec afin d’obtenir le pouvoir de moduler le droit de mutation en fonction de la durée de propriété d'une résidence.

Ces transactions seront plus fortement taxées que les ventes de résidences occupées depuis de nombreuses années par le même ménage, a expliqué Projet Montréal, sans donner plus de détails.

Selon la formation politique, une telle mesure aurait pour effet de décourager les reventes rapides à fort profit, comme celles réalisées par Antoine Richard, [et de] ralentir la spéculation effrénée qui nuit à l'abordabilité, sans pour autant pénaliser les ménages montréalais.

Denis Coderre se range derrière son candidat

En guise de réaction, le parti de Denis Coderre – qui n'était pas visible mercredi – a indiqué dans une déclaration transmise à Radio-Canada que les pratiques immobilières de son candidat à la mairie de Verdun n'étaient pas interdites, comme l'affirme le Journal de Montréal, mais simplement non recommandées.

Nous avons eu de bonnes discussions avec Antoine Richard concernant les pratiques immobilières évoquées dans le journal. Son ordre professionnel a suivi l’affaire de près, nous nous en remettons à son bon jugement.

Une citation de :Denis Coderre, chef d'Ensemble Montréal

M. Coderre a profité de l'occasion pour réitérer [sa] confiance envers son candidat.

Contrairement au président de la Commission scolaire English-Montreal Joe Ortona, exclu d'Ensemble Montréal en raison de son opinion sur la réforme de la loi 101 prônée par le gouvernement Legault, M. Richard continuera donc de faire campagne aux côtés de Denis Coderre.

Une défense risible

Dans sa riposte, Ensemble Montréal affirme par ailleurs que Projet Montréal est mal placé pour [lui] faire la leçon en matière de pratiques immobilières.

Peu de temps avant d’adopter un règlement interdisant la conversion d’immeuble, Valérie Plante a elle-même supprimé un des appartements dans son multiplex pour agrandir le sien, a souligné l'attachée de presse Elizabeth Lemay, ajoutant que cette façon de faire était questionnable.

Cette défense est risible, réplique Projet Montréal.

Il est honteux de voir qu’ils [les membres d'Ensemble Montréal] sont incapables de faire la différence entre un de leurs candidats qui enfreint des règles éthiques et participe activement au retrait de logements abordables à Verdun, et un type de rénovation qui répond au manque de logements familiaux et qui permet à des familles de rester à Montréal, a fait valoir l'attachée de presse Catherine Cadotte par texto.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

La mairie de Verdun est libre depuis l'annonce en mars dernier du départ de Jean-François Parenteau. Outre Antoine Richard, deux candidats tenteront de se faire élire à ce poste aux élections du 7 novembre prochain, soit Marie-Andrée Mauger (Projet Montréal) et Jayoti Nanda (Mouvement Montréal).

Il y a deux semaines, CBC, le réseau anglais de Radio-Canada, avait donné la parole à la militante Lyn Leigh O’Donnell, qui s'était dite choquée de voir M. Richard annoncer un logement de trois chambres à 2100 $ par mois dans Verdun, en pleine crise du logement.

Aux yeux de certains défenseurs des droits des locataires, les politiciens qui sont aussi propriétaires d'immeubles résidentiels sont en conflit d'intérêts, dans la mesure où ils pourraient vouloir éviter de s’attaquer à la crise du logement.

Et la question ne se pose pas qu'à Montréal. Aux dernières élections fédérales, le Nouveau Parti démocratique avait dénoncé la candidature du libéral Taleeb Noormohamed dans Vancouver-Granville, soulignant que celui-ci avait engrangé des millions de dollars dans l’achat-revente de logements.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !