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Résultats financiers : le N.-B. prévoit un surplus de 37,7 millions de dollars

Le déficit prévu se transforme en surplus, ce qui fait bondir l'opposition et des syndicats.

Ernie Steeves devant un lutrin sur lequel le mot « Budget » est écrit.

Ernie Steeves présentait les résultats financiers du premier trimestre le 13 octobre 2021 (archives).

Photo : CBC / Maria Jose Burgos

Maya Chebl

Après avoir initialement reporté le dévoilement de sa mise à jour financière, le ministère des Finances du Nouveau-Brunswick a présenté ses résultats du premier trimestre et prévoit un montant excédentaire de 37,7 millions de dollars.

Lors de l’exercice précédent, en mars, le gouvernement provincial prédisait plutôt un déficit de 245 millions de dollars.

Le ministre des Finances et du Conseil du Trésor, Ernie Steeves, justifie les résultats actuels en citant notamment les transferts uniques du gouvernement fédéral pour atténuer les répercussions de la pandémie et des dépenses plus basses.

On estime que les recettes totales de la province surpasseront de 289,7 millions de dollars le montant prévu au budget. Cette somme inclut l'aide fournie par Ottawa en juillet, qui s'élevait à 148 millions de dollars.

Il s’agit toutefois d’un financement unique pour répondre aux besoins du système de soins de santé et pour la vaccination contre la COVID-19.

Si ce n'était pour le financement fédéral, on aurait probablement été en déficit budgétaire. On se doit donc de rester disciplinés, a commenté Ernie Steeves en conférence de presse mercredi. On ne peut pas compter sur ce montant pour l'avenir, a-t-il poursuivi.

Un excédent budgétaire pour une quatrième année consécutive

Dans ses états financiers révisés, le ministère des Finances signale un excédent de 408,5 millions de dollars au cours de la dernière année financière.

C'est la quatrième année d'affilée que la province constate une absence de déficit annuel. En 2018, le Nouveau-Brunswick faisait état d’un surplus de 67 millions de dollars, alors qu’il prévoyait un déficit de l’ordre d’environ 190 millions de dollars.

Ce montant excédentaire permet de prédire une réduction de la dette nette provinciale de plus de 700 millions de dollars. Elle se situerait désormais à 13,4 milliards de dollars.

« C'est très surprenant », affirme un économiste

Richard Saillant, par webcam, le 16 mars 2021.

Ce que l'on nous a annoncé, c'est probablement le surplus le plus important dans l'histoire du Nouveau-Brunswick. Que ce soit réalisé en pleine pandémie, c'est certainement très surprenant, déclare l'économiste Richard Saillant.

L'explication du ministère selon laquelle le surplus est surtout attribuable aux subventions fédérales ne constitue qu'une moitié de la réponse, selon ses analyses. L'autre moitié, c'est que le gouvernement a dépensé environ 300 millions [de dollars] de moins qu'il avait prévu l'an dernier, complète Richard Saillant.

À son avis, le Cabinet de Blaine Higgs a manqué de transparence. À mon sens, le gouvernement semble hésitant à vouloir divulguer véritablement l'état des finances publiques du Nouveau-Brunswick, dit-il.

Un surplus qui se justifie mal

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, Robert McKee, admet que le surplus présenté par le ministre des Finances aurait constitué une bonne nouvelle, en temps normal.

Mais on n’est pas en temps normal, on est toujours en pandémie. Puis même sans pandémie, nous vivons toujours une crise dans les services en santé ou en soins de longue durée, avance-t-il.

Robert McKee interviewé.

Le député libéral provincial, Robert McKee, estime que l'aide d'Ottawa ne suffit pas à justifier le surplus budgétaire du ministère des Finances du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Il rappelle au passage que le personnel en santé est brûlé, épuisé et qu’il quitte la province, que les personnes âgées souffrent et que plusieurs salles d'urgence n'acceptent plus de patients. Pour moi, il y a toujours des explications à faire aux Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises, constate-t-il.

D’après lui, le gouvernement peut difficilement se justifier auprès de sa population. Bien qu’il y ait plusieurs financements [uniques] qui viennent du fédéral, il y a toujours un surplus important si on enlève cet argent, argumente-t-il.

Même son de cloche du côté du député vert de la circonscription de Kent-Nord, Kevin Arseneau. Il n’a d’ailleurs pas daigné cacher son mécontentement. Je suis outré, je suis indigné et je trouve ça scandaleux, des surplus de cette envergure lors d’une pandémie, lâche-t-il.

Nous, comme députés sur le terrain, on le voit à chaque jour, des gens qui ont été poussés de plus en plus vers une certaine précarité, que ce soit en matière de logement [ou] de congés de maladie payés, élabore-t-il.

Tous les économistes vous le diront, en période non pas de ralentissement mais de récession, on doit dépenser davantage et encourir des déficits, et non pas des surplus, indique pour sa part Richard Saillant.

L'excédent, un levier pour les syndicats?

Le député vert Kevin Arseneau espère que les syndicats se serviront de l'annonce de cette somme excédentaire pour négocier à nouveau leurs conventions collectives. Pour plusieurs de ces fonctionnaires, elles sont échues depuis quatre ans.

Nos employés du secteur public ont un retard historique au niveau de leur salaire, déplore le député de Kent-Nord. Nos infirmières se font constamment offrir des contrats qui sont insultants, ajoute-t-il à titre d'exemple.

Kevin Arseneau interviewé.

Kevin Arseneau est député vert dans la circonscription de Kent-Nord.

Photo : Radio-Canada

Du côté du gouvernement, on souligne que le surplus n'est pas de l'argent comptant dans le compte en banque, et qu'il ne devrait pas être dépensé sur n'importe quelle cause.

Le porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Simon Ouellette, estime maintenant avoir les informations nécessaires pour appuyer les fonctionnaires dans leurs démarches.

Nous, on dit aux syndicats "L'argent est là. Le gouvernement fédéral a fait sa part, le gouvernement provincial a les moyens de faire sa part." Donc on espère qu'on aura un accord plutôt qu'une grève, confie-t-il. Il pense que le Nouveau-Brunswick a les outils pour offrir des services qui se tiennent debout.

La prochaine mise à jour financière devrait être divulguée à la fin du mois de novembre.

Avec des informations de Marie-Hélène Lange et de Frédéric Cammarano

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