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Le déclin du saumon quinnat n’explique pas celui des épaulards résidents du Sud

Le bébé épaulard L-125 sort sa tête de l'eau.

Le déclin du saumon quinnat n’est qu’une partie d’un problème plus vaste, selon les chercheurs.

Photo : Offerte par Dave Ellifrit/Center for Whale Research

Radio-Canada

La croyance selon laquelle les épaulards résidents du Sud sont en déclin en raison d’un manque de saumon quinnat est contestée par une équipe de chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC).

Le déclin du saumon quinnat n’est qu’une partie d’un problème plus vaste, révèle une récente étude publiée dans le Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences.

Les résultats sont pour le moins surprenants, estime l'un des auteurs, Andrew Trites, directeur du centre de recherche sur les mammifères marins à l'UBC. Cela ne concorde pas avec ce que tout le monde croyait.

Un épaulard résident du Sud nage devant un banc de saumon près du fleuve Fraser, en Colombie-Britannique.

Les épaulards résidents du Sud et du Nord se nourrissent principalement de poisson, de saumon quinnat notamment.

Photo : La Presse canadienne / Keith Holmes

Des saumons et des épaulards en déclin

Au cours de la dernière décennie, le nombre d’épaulards résidents du Sud a oscillé autour de 70. Les scientifiques ont souvent affirmé que ces derniers souffraient de malnutrition et qu’ils étaient maigres.

Depuis environ 5 ans, cette population d’épaulards apparaît dans la mer des Salish plus tard dans l’année qu’à l’habitude.

Ces facteurs, combinés au déclin des stocks de saumons, ont mené à la conclusion que les orques évitent la mer des Salish parce qu’elles n’y trouvent pas assez de nourriture.

Un nombre de proies plus élevé au sud

Les chercheurs de l’UBC ont comparé les épaulards résidents du Sud à ceux du Nord, qui sont prospères et se nourrissent également principalement de saumon quinnat. Ils sont en général plus gros, et leur population est croissante, explique Andrew Trites.

La présomption était alors que leur habitat contient davantage de saumon quinnat et que c’est pour cette raison qu’ils sont plus prospères, résume le chercheur. 

À l’aide de technologie d'écholocalisation de pointe, son équipe a évalué le nombre et la disponibilité des saumons pour les deux populations d’épaulards, en 2018 et en 2019.

Les chercheurs ont examiné deux régions critiques pour la migration des poissons : le détroit Juan de Fuca pour les résidents du Sud et celui de Johnstone pour les résidents du Nord.

Des épaulards.

Des membres du groupe «L» vus dans le détroit de Haro le 24 janvier 2020.

Photo : Dave Ellifrit/Centre for Whale Research

Contrairement aux attentes, les deux habitats ont démontré une disponibilité semblable de saumon quinnat. De façon encore plus surprenante, les habitats du Sud contenaient un nombre de saumons de 4 à 6 fois plus important que ceux du Nord pendant l'été.

C’est un résultat important, puisque nous sommes le premier groupe de chercheurs à aller tester la croyance qu’il existe une pénurie de saumon quinnat. Nous ne l’avons pas remarquée, dit Andrew Trites.

Cela démontre que la raison pour laquelle les épaulards résidents du Sud [fréquentent moins la mer des Salish ] n’est pas liée à l’absence de saumon. Il s’agit d’autre chose.

Ce n’est pas dire que les stocks de saumon quinnat sont en bon état, précise le coauteur de l’étude.

Le fait est que le saumon quinnat est aussi disponible pour les résidents du Sud que pour les résidents du Nord, dont le nombre est en croissance. Alors cela devrait faire en sorte que les gens ouvrent les yeux et qu’ils posent des questions.

Avec les informations de Karin Larsen

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