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Après un mois d’accalmie, les combats reprennent en Éthiopie

Diverses sources craignent que le conflit, qui affame des centaines de milliers de personnes, n'entre dans une nouvelle étape.

 Un soldat tient un fusil mitrailleur.

Un membre des forces spéciales d'Amhara tient son fusil devant le 5e bataillon du commandement nord de l'armée éthiopienne à Dansha, le 25 novembre 2020.

Photo : Getty Images / EDUARDO SOTERAS

Agence France-Presse

Les combats ont repris dans la région éthiopienne de l'Afar après un mois d'accalmie, ont affirmé mercredi à l'AFP des sources humanitaires et rebelles, sur fond de nouvelle offensive du gouvernement d'Addis Abeba.

Le conflit au Tigré, entamé il y a près d'un an lorsque le premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale pour chasser les autorités régionales du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), s'est propagé ces derniers mois aux régions voisines de l'Afar et de l'Amhara.

Mardi, des informations faisaient notamment état de confrontations armées dans la ville afar d'Awra où le TPLF, utilisant des armes lourdes, a tué de nombreux civils, selon des sources humanitaires.

Ces informations n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante et les responsables de la région Afar n'étaient pas joignables pour des commentaires.

Getachew Reda, le porte-parole du TPLF, a nié que les rebelles aient utilisé des armes lourdes contre des civils et qualifié cette information d'accusation [destinée] à ternir la réputation de nos forces. Il a en revanche confirmé de récents combats en Afar.

Les forces ennemies croulent et sont en déroute dans certaines parties de l'Afar, a-t-il affirmé, décrivant des affrontements à la frontière entre l'Afar et l'Amhara.

Des signes avant-coureurs d'une offensive fédérale

Depuis près d'une semaine, des sources rebelles et humanitaires rapportent les signes d'une nouvelle offensive de l'armée fédérale, qui pourrait marquer une nouvelle étape dans ce conflit qui a plongé selon l'ONU des centaines de milliers de personnes dans la famine.

Les responsables d'Addis Abeba n'ont pas explicitement confirmé cette offensive, mais M. Abiy Ahmed a déclaré cette semaine que le gouvernement avait la responsabilité de protéger de tout acte de terrorisme ses citoyens à travers tout le pays.

Des réfugiés qui se servent de l'eau dans des bidons de l'UNICEF.

Des dizaines de milliers de Tigréens ont fui l'Éthiopie et se trouvent maintenant dans des camps de réfugiés au Soudan.

Photo : La Presse canadienne / AP / Nariman El-Mofty

Fin 2020, les forces fédérales avaient rapidement pris le contrôle du Tigré. Mais fin juin, le TPLF a repris l'essentiel de la région puis a poursuivi son offensive en Amhara et en Afar afin de mettre fin à ce qu'il décrit comme un blocus humanitaire du Tigré.

En septembre, le gouvernement a affirmé que les rebelles avaient subi de lourdes pertes et été mis en déroute en Afar. De son côté, le TPLF affirmait avoir simplement retiré des troupes de la région afin de les redéployer sur d'autres fronts, dont l'Amhara.

Mercredi, M. Getachew a déclaré que l'objectif militaire actuel du TPLF était de repousser l'offensive et aller aussi loin que nécessaire pour casser le siège contre le peuple du Tigré.

Des sanctions économiques américaines?

La guerre a tendu les relations entre l'Éthiopie et ses partenaires occidentaux, notamment les États-Unis, un allié historique.

Cette semaine, un porte-parole du département d'État américain a déclaré à l'AFP que Washington considérait toute la palette d'outils à sa disposition face à l'aggravation de la situation.

Parmi ceux-ci figurent les sanctions économiques ciblées pour tenir responsable ceux qui sont coupables, ou complices, de prolonger le conflit, entraver l'accès humanitaire, empêcher un cessez-le-feu.

Mardi, États-Unis, France, Allemagne et Royaume-Uni ont appelé les parties à cesser immédiatement les exactions et à entamer des négociations pour un cessez-le-feu.

Par ailleurs, Samantha Power, la cheffe de l'agence humanitaire américaine (USAID), a affirmé que les États-Unis et d'autres partenaires avaient discuté d'une extension des opérations aériennes pour livrer des fournitures de secours directement dans la région, contre laquelle le gouvernement a résisté jusqu'ici.

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