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Produits contenant de l’amiante : des médecins préoccupés par une échappatoire

Un travailleur, qui porte un masque et un survêtement spécial, manipule de l'amiante.

Un travailleur manipule de l'amiante.

Photo : iStock

La Presse canadienne

Des défenseurs de la santé publique et des groupes environnementaux affirment que le gouvernement fédéral doit colmater une échappatoire permettant la revente de produits d'occasion contenant de l'amiante.

Le Canada a interdit le minéral cancérigène et les produits qui le contiennent en décembre 2018, plus de 30 ans après que l'Organisation mondiale de la santé l'eut désigné comme cancérigène.

Dans une lettre de juillet à Environnement et Changement climatique Canada, l'Association canadienne des médecins pour l'environnement, les Amis de la Terre Canada et d'autres organisations soutiennent qu'ils trouvent encore beaucoup de produits contenant de l'amiante à vendre en ligne.

Nous sommes troublés par le fait que des produits contenant de l'amiante et des échantillons d'amiante continuent d'être vendus au Canada, a écrit Kathleen Ruff, directrice de RightonCanada.ca et militante de longue date qui a poussé le Canada à cesser d'exploiter, d'utiliser et d'exporter l'amiante.

Largement extrait au Québec pendant des décennies, l'amiante était autrefois un produit populaire. Il était utilisé dans des matériaux de construction, des textiles et des pièces automobiles, plus durables et ignifuges.

Ruban avec la mention « Danger amiante ».

Le Canada a interdit le minéral cancérigène et les produits qui le contiennent en décembre 2018.

Photo : Getty Images / Neydtstock

Cependant, des effets négatifs sur la santé ont commencé à apparaître il y a plus d'un siècle, en particulier chez les travailleurs qui extrayaient les fibres ou les utilisaient pour fabriquer des éléments tels que des carreaux de cuisine, des plaquettes de frein, des gants de cuisine, des matériaux d'isolation et de toiture.

Lorsqu'elles sont inhalées, les minuscules fibres d'amiante entraînent de nombreux problèmes de santé, notamment une maladie pulmonaire appelée asbestose et une forme rare de cancer du poumon nommée mésothéliome. L'amiante est la principale cause de décès au travail au Canada, responsable de milliers de morts attribuables au mésothéliome au cours des deux dernières décennies seulement.

L'interdiction de 2018 s'applique à l'utilisation, à la vente et à l'importation du minéral lui-même, ainsi qu'à l'importation, la fabrication, la vente et l'utilisation de produits contenant de l'amiante. Il existe des exceptions pour les produits déjà intégrés dans les bâtiments et les véhicules.

Mme Ruff a déclaré qu'une recherche sur Internet avait récemment révélé la présence de nombreux produits contenant de l'amiante, comme des housses de planche à repasser, des gants et des pièces de voiture. Lorsque cela a été signalé à Environnement et Changement climatique Canada, on n'a pas semblé y voir de problème.

C'est de la négligence, a lancé Mme Ruff. Pourquoi le gouvernement du Canada ne répond-il pas qu'il est préoccupé?

Des travailleurs manipulent de l'amiante.

Des travailleurs manipulent de l'amiante.

Photo : iStock

Droits acquis

Le ministère fédéral a initialement indiqué à Mme Ruff que les exemptions au règlement signifiaient que tous les produits fabriqués avant l'entrée en vigueur de l'interdiction bénéficiaient de droits acquis, de sorte qu'ils pouvaient toujours être vendus et utilisés légalement.

Il a ensuite précisé que l'exception ne s'appliquait qu'aux produits fabriqués et utilisés avant l'entrée en vigueur de l'interdiction. Ainsi, une housse de planche à repasser contenant de l'amiante qui est toujours dans son emballage d'origine dans un entrepôt ne peut désormais plus être vendue, peu importe la date de fabrication. Les produits contenant de l'amiante peuvent être vendus s'ils ont déjà été utilisés, à condition qu'ils aient été fabriqués et utilisés pour la première fois avant le 30 décembre 2018.

Mme Ruff et les autres signataires ont affirmé qu'ils étaient en désaccord avec l'interprétation de la loi par Environnement Canada et ont déclaré que, s'il y avait une telle échappatoire, elle devrait être immédiatement colmatée.

Une porte-parole du ministre de l'Environnement, Jonathan Wilkinson, a noté que l'amiante était nocif pour la santé humaine et c'est la raison pour laquelle il a été interdit. Dans une déclaration écrite, Joanna Sivasankaran a affirmé qu'il appartenait à la direction de l'application de la loi d'Environnement et Changement climatique Canada de faire respecter la loi.

Cela se fait indépendamment du cabinet du ministre, a-t-elle soutenu.

Jane McArthur, la responsable du programme sur les substances toxiques à l'Association canadienne des médecins pour l'environnement, a déclaré que sur la base des preuves scientifiques des impacts sur la santé humaine, il n'y a aucune justification claire pour autoriser la vente et le commerce de ces produits.

Elle a mentionné que les produits plus anciens sont probablement plus nocifs, car ils présentent le plus grand risque d'usure, de sorte que les fibres d'amiante sont plus souvent exposées. L'amiante est nocif lorsque ses fibres minuscules sont inhalées.

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