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Après 10 ans, un terrain de l’île Charron n’a toujours pas le statut d’aire protégée

Des personnes manifestent; l'une d'elles tient une pancarte disant «Sauvons l'île Charron».

Manifestation contre le développement immobilier sur l'île Charron (archives)

Photo : Radio-Canada

Il y a 10 ans ce mois-ci se concluait une saga qui aura tenu les environnementalistes en haleine pendant plusieurs années. Le gouvernement de Jean Charest faisait l'acquisition d'un terrain de l'île Charron, où le promoteur Luc Poirier aurait voulu construire plus de 2000 logements.

L'intention du gouvernement québécois à l'époque était claire : ce terrain d'une vingtaine d'hectares devait être intégré au parc national des Îles-de-Boucherville. Dix ans plus tard, ce n'est toujours pas fait.

Le terrain boisé est inaccessible aux visiteurs et il n'est même pas comptabilisé dans le Registre des milieux naturels protégés. La parcelle de terrain en fera partie lorsqu'elle sera intégrée au parc national, précise le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs du Québec.

Dix ans, ça fait quand même un bon bout! s'impatiente Benoit Tendeng, biologiste et chargé de projet en conservation à la Société pour la nature et les parcs (SNAP). L'analyse qu'on peut en tirer, c'est que la bureaucratie est peut-être en cause.

En 2007, le projet du promoteur Luc Poirier fait surface. Ce dernier souhaite construire des milliers d'habitations sur le terrain qu'il a acheté au Mouvement Desjardins.

À Nature Québec, on s'est dit : c'est impossible qu'on laisse faire ça, se souvient Jean Hubert, président de l'association des Amis du parc national des Îles-de-Boucherville. Si on érigeait, à la porte du parc, un énorme village urbain de 2000 à 2500 habitations – ce qui était le projet du promoteur –, on pouvait appréhender une dégradation importante de l'écosystème.

La station de pompage Lafrance est située sur l'île Charron, près du pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine.

L'Île Charron vue du ciel (archives)

Photo : Ministère des Transports du Québec

Après avoir décrété une réserve foncière pour empêcher toute construction, Québec acquiert finalement le terrain en octobre 2011, avec l'intention explicite d'intégrer celui-ci au parc national des Îles-de-Boucherville.

L'ajout de ces quelque 20 hectares permettrait d'agrandir le parc, qui est relativement petit et dont le territoire est sollicité par de nombreux citoyens depuis le début de mars 2020. Avec la pandémie, les gens ont compris que la nature est une alliée et qu'elle est importante pour la santé mentale, entre autres, explique Benoit Tendeng.

Jean Hubert croit qu'un sentier pourrait facilement y être aménagé, en bordure du fleuve, avec une simple passerelle. Ce n'est pas une question de coût, croit-il. La Sépaq fait beaucoup d'investissements dans ses équipements [...] et est capable d'en faire encore puisque les parcs ont maintenant des revenus.

Pourquoi est-ce si long d'intégrer ce terrain au parc national? Le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs explique que l’intégration de nouveaux terrains dans un parc national est un long processus qui s’échelonne sur plusieurs années et qui demeure évolutif au fil de l’avancement de chacune des étapes.

Le terrain, qui aurait servi de dépotoir plus ou moins sauvage à une certaine époque, a fait l'objet de travaux de caractérisation environnementale pour déterminer l'étendue de la contamination. Suivra un plan de réhabilitation des sols, puis une proposition de concept d'aménagement qui fera l'objet de consultations publiques.

Bref, le processus pourrait prendre encore plusieurs années, mais le ministère assure que son objectif est toujours d'inclure le terrain de l'île Charron dans le parc national des Îles-de-Boucherville.

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