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Le communautaire recommande de rediriger une portion des fonds du SPO pour leurs services

Un graffiti où il est écrit «Homeless Lives Matter Too».

Un graffiti, sur une rue à Ottawa, indique «Homeless Lives Matter Too» (archives).

Photo : Radio-Canada / Doug Hamilton

Radio-Canada

Un rapport rédigé par plusieurs centres de ressources communautaires demande au Service de police d'Ottawa (SPO) de rediriger vers le milieu communautaire une partie de l'argent qu'il reçoit pour le maintien de l’ordre chez les populations vulnérables.

Le document présenté mardi fait état de cinq recommandations au corps policier, dont la réaffectation des millions de dollars dépensés annuellement pour le maintien de l’ordre chez les personnes itinérantes, les personnes confrontées à des problèmes de santé mentale et les jeunes.

Selon le rapport des Centres de ressources et de santé communautaires d'Ottawa, dans bien des cas, les interventions des organismes communautaires sont plus efficaces que celles des policiers.

Le rapport donne en exemple les 60 000 appels au 911 en lien avec des personnes itinérantes. La grande majorité des appels ne sont pas liés à des enjeux criminels, mais plutôt à des problèmes mineurs comme le déplacement de personnes endormies sur des bancs publics ou encore le manque d'accès à des toilettes publiques.

Les organismes communautaires affirment être les mieux placés pour intervenir dans ce genre de situation, surtout s'ils ont accès à plus de financement.

Le directeur du Centre de ressources communautaires Orléans Cumberland, Luc Ouellet, propose entre autres la création de programmes de jour pour voir à ce genre de situation. On pourrait investir par exemple un à 1,5 million de dollars pour pouvoir donner ce soutien-là, explique-t-il.

Ça éviterait évidemment aux policiers d’être présents.

Une citation de :Luc Ouellet, directeur du Centre de ressources communautaires Orléans Cumberland

Le rapport propose également de revoir l'approche des policiers avec les violences sexuelles, ainsi que la répartition du service 911 pour le rendre mieux adapté aux interventions plus complexes.

On demande donc à la Ville d'Ottawa de redistribuer une partie de l'argent destiné à la police pour qu'elle soit investie dans les organismes communautaires spécialisés notamment dans les enjeux d'itinérance et de santé mentale.

Le regroupement espère maintenant que la Ville adoptera rapidement des changements proposés dans le rapport, et ce, dès son prochain budget.

Encore du travail à faire

Le professeur émérite à l'Université d'Ottawa et spécialiste dans la prévention du crime, Irvin Waller, accueille favorablement l'ensemble du rapport. C’est publié à un moment où Ottawa doit sortir bientôt son plan de sécurité et de bien-être, fait-il valoir en entrevue, avant de souligner que la capitale nationale accuse un retard par rapport à Toronto et à Peel.

Un homme accorde une entrevue à la caméra, à l'extérieur d'une résidence.

Irvin Waller est professeur émérite à l'université d’Ottawa, spécialisé en criminologie.

Photo : Radio-Canada

Ce dernier aurait cependant préféré qu’on rédige le rapport en incluant davantage d'exemples canadiens, de villes qui ressemblent plus à Ottawa. J'aurais aimé un peu plus de preuves scientifiques et un peu moins de confiance en ce qui est fait dans les villes aux États-Unis, complète-t-il.

Il concède que les politiques sociales sont relativement bonnes à Ottawa, comme ailleurs au Canada, mais qu'il reste de la place pour faire des apprentissages auprès des pays qui sont plus avancés que nous.

Ce qui est important dans une réduction de violence, c’est que ça réduit de beaucoup le besoin d’une réponse répressive de la police.

Une citation de :Irvin Waller, professeur émérite à l'Université d'Ottawa et spécialiste dans la prévention du crime

Le professeur souligne que les minorités et les personnes défavorisées sont surreprésentées dans les incidents de violence de rue. Le sixième des homicides touche la communauté noire alors que cette proportion monte au quart pour les autochtones. Je crois que le Canada en général a beaucoup à apprendre des autres pays surtout des pays avec des niveaux de violence moins hauts que nous, conclut-il.

Avec les informations de Marie-Jeanne Dubreuil

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