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Les perturbations des chaînes d’approvisionnement freinent la croissance mondiale

Un porte-conteneurs, au port de Montréal.

L'économiste en chef du FMI a rappelé que les prévisions sont incertaines et qu'elles reposent notamment sur un objectif de vaccination de 40 % de la population mondiale d'ici la fin de cette année et de 70 % d'ici la mi-2022.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Agence France-Presse

Des pays pauvres à la traîne dans la vaccination contre la COVID-19 et des perturbations sur les chaînes d'approvisionnement partout dans le monde freinent la croissance mondiale, a prévenu mardi le Fonds monétaire international.

La pandémie n'est terminée nulle part tant qu'elle n'est pas finie partout, a souligné Gita Gopinath, l'économiste en chef du FMI, lors d'une conférence dans le cadre des réunions d'automne de l'institution.

Le FMI table désormais sur une hausse du PIB mondial de 5,9 % cette année contre 6 % en juillet.

La révision à la baisse est marginale, a souligné Mme Gopinath. Elle masque cependant d'importantes révisions pour certains pays et les perspectives pour les pays à faible revenu se sont considérablement assombries, a-t-elle ajouté.

Mme Gopinath a mis en avant la désynchronisation des chaînes d'approvisionnement mondiales, qui entraînent des blocages dans les ports, des pénuries pour toute une gamme de produits et matériaux, en particulier les semi-conducteurs, et une hausse des coûts d'exportation.

Cela pèse notamment aux États-Unis, où les industriels peinent à augmenter leur cadence de production. Combinées au rebond de la demande, ces perturbations entraînent aussi une hausse des prix de l'énergie, pesante pour les ménages, même si Mme Gopinath s'attend à ce que la situation s'améliore progressivement dès la fin du premier trimestre.

Une croissance mondiale autour de 5 %

Résultat, le FMI a abaissé la prévision de croissance 2021 des États-Unis à 6 %, contre 7 % en juillet. Cependant, il l'a révisée à la hausse pour 2022, à 5,2 %, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l'administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

La Chine, d'où est partie la pandémie fin 2019, a subi elle aussi une révision à la baisse, quoique marginale (-0,1 point à 8 %).

À l'inverse, le Fonds voit une croissance plus forte en 2021 en zone euro (+0,4 point à 5 %).

Là encore, les disparités sont grandes, avec un relèvement de sa prévision de croissance pour la France, qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3 %), et une révision à la baisse pour celle de l'Allemagne, qui pâtit également de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1 %).

Pour la région Amérique latine et Caraïbes, qui a été durement touchée par la pandémie, les prévisions s'améliorent (+0,5 point à 6,3 %) après une importante récession (-7 % contre -3,1 % à l'échelle mondiale) enregistrée en 2020.

Pour 2022, le FMI table sur une croissance mondiale inchangée à 4,9 %.

Incertitude

Toutes ces prévisions restent cependant très incertaines, reconnaît Gita Gopinath, rappelant qu'elles reposent notamment sur un objectif de vaccination de 40 % de la population mondiale d'ici la fin de cette année et de 70 % d'ici la mi-2022.

Environ 58 % de la population des économies avancées a été entièrement vaccinée, contre 36 % dans les économies émergentes et moins de 5 % dans les pays pauvres, souligne l'institution de Washington, qui a publié ses prévisions à l'occasion de ses réunions d'automne.

Si l'impact de la COVID-19 devait se prolonger [...], le PIB mondial pourrait être réduit de 5300 milliards de dollars [américains] au total au cours des cinq prochaines années comparé à nos prévisions actuelles, a expliqué Mme Gopinath.

Selon elle, la préoccupation la plus grande est la dangereuse divergence des perspectives économiques entre les pays.

Le PIB des économies avancées devrait en effet retrouver sa trajectoire d'avant la pandémie en 2022 et la dépasser de 0,9 % en 2024.

Priorité : maîtrise de la pandémie

En revanche, celui des marchés émergents et des économies en développement (hors Chine) devrait rester de 5,5 % inférieur aux prévisions prépandémiques en 2024. Cela entraînera un recul important de l'amélioration du niveau de vie de ces populations.

Mme Gopinath a également déploré une reprise du marché du travail inégale dans les économies et au sein même des catégories de travailleurs, en raison de facteurs combinés comme la peur d'être infecté par la COVID-19 et le problème de la garde des enfants.

Par ailleurs, les prix des aliments ont le plus augmenté dans les pays à faible revenu où l'insécurité alimentaire est la plus aiguë, alourdissant le fardeau des ménages les plus pauvres et augmentant le risque de troubles sociaux, souligne-t-elle.

Le FMI estime néanmoins que l'inflation va retrouver ses niveaux d'avant pandémie d'ici mi-2022, à la fois dans les économies avancées et émergentes.

Pour l'institution, la priorité absolue reste la maîtrise de la pandémie.

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