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Talibans, Américains et Européens se rencontrent sur fond de promesse d’aide du G20

Jeunes Afghanes.

De jeunes filles afghanes cherchent des clients pour leur vendre de l’eau au sommet de la colline de Nadir Khan, à Kaboul.

Photo : Getty Images / WAKIL KOHSAR

Agence France-Presse

Les talibans afghans ont rencontré pour la première fois une délégation conjointe des États-Unis et de l'Union européenne (UE) mardi à Doha, le jour même où les dirigeants du G20 se sont engagés à travailler ensemble pour éviter une catastrophe humanitaire en Afghanistan.

L'UE a promis, lors du sommet virtuel du G20 organisé par l'Italie, de fournir une aide humanitaire d'un milliard d'euros (1,4 milliard de dollars canadiens) à l'Afghanistan, où les talibans, des islamistes radicaux, ont pris le pouvoir le 15 août.

Confrontés à la paralysie de l'économie et à l'imminence d'une grave crise humanitaire, les talibans cherchent à obtenir un soutien international, bien que leur régime ne soit encore reconnu par aucun pays.

Les pourparlers directs à Doha entre représentants des talibans, de l'UE et des États-Unis ont été facilités par le Qatar, pays proche des talibans.

Ils devraient permettre aux États-Unis et aux Européens d'aborder des problèmes tels que la liberté de déplacement pour les personnes désirant quitter l'Afghanistan, l'accès à l'aide humanitaire et les droits des femmes, selon la porte-parole de l'UE, Nabila Massrali.

Éviter une catastrophe humanitaire

À l'ouverture du sommet du G20, l'UE a promis un milliard d'euros, dont une partie est destinée aux besoins humanitaires urgents et aux voisins de l'Afghanistan qui avaient accueilli les Afghans fuyant les talibans.

Une aide spécialisée pour les vaccinations, l'hébergement, ainsi que pour la protection des civils et des droits de la personne, est également prévue, a-t-elle précisé.

Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter un effondrement humanitaire et socio-économique majeur en Afghanistan.

Une citation de :Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne

Les dirigeants du G20 ont réaffirmé leur promesse d'apporter de l'aide humanitaire à Kaboul, tout en rappelant qu'ils restaient extrêmement concentrés sur la lutte contre le terrorisme, a indiqué la Maison-Blanche.

Le régime taliban est lui-même confronté à la menace du groupe armé État islamique qui a mené une série d'attaques meurtrières en Afghanistan ces derniers mois.

Mario Draghi.

Le premier ministre italien Mario Draghi lors d'une conférence de presse à la suite d'un sommet virtuel du G20 consacré à l'Afghanistan.

Photo : Getty Images / TIZIANA FABI

Le chef du gouvernement italien, Mario Draghi, a souligné que le G20 envisageait un mandat général à l'ONU afin de superviser la réponse internationale aux problèmes socio-économiques de l'Afghanistan.

Mais, selon lui, il est encore tôt pour une reconnaissance du régime des talibans bien qu'une sorte d'implication de leur part serait nécessaire pour fournir l'aide à leur pays.

La France s'est montrée inquiète de l'isolement économique du pays et des 600 000 déplacés, des facteurs pouvant avoir un effet déstabilisateur.

En amont des discussions de Doha, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a affirmé que l'UE cherchait avant tout à prévenir un effondrement de l'Afghanistan. Nous ne pouvons pas nous contenter de regarder et d'attendre. Nous devons agir, et rapidement.

Samedi à Doha, les talibans ont rencontré des responsables américains, premier face-à-face depuis la prise du pouvoir à Kaboul. Leur chef de la diplomatie, Amir Khan Muttaqi, a ensuite appelé les États-Unis à établir de bonnes relations et à ne pas affaiblir l'actuel gouvernement afghan.

Présent aux entretiens de Doha, Martin Longden, chargé d'affaires britannique en Afghanistan avant l'évacuation de son ambassade, a rappelé que son pays avait insisté pour agir sur les questions de contre-terrorisme, de liberté de mouvement et de droits de la personne, dont l'éducation pour les filles.

La reprise du pouvoir par les talibans est une réalité dont nous devons tenir compte. Le plus important maintenant est d'interagir avec eux, a déclaré à Doha Mutlaq Al-Qahtani, émissaire spécial du Qatar pour l'Afghanistan, esquivant une question sur la reconnaissance éventuelle du régime des talibans par son pays.

La priorité maintenant est la situation humanitaire, l'éducation et la libre circulation des personnes souhaitant quitter l'Afghanistan, a-t-il dit à l'ouverture du Global Security Forum.

Les États-Unis ont envahi l'Afghanistan en 2001 et fait chuter le régime des talibans, en réponse aux attentats du 11 septembre planifiés par le réseau djihadiste Al-Qaïda depuis l'Afghanistan, alors contrôlé par les talibans. Les troupes américaines se sont retirées fin août dernier.

La prise de pouvoir par les talibans a entraîné l'évacuation d'Afghanistan de plus de 100 000 personnes qui redoutaient des exactions ou des actes de vengeance de la part des nouveaux maîtres du pays.

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