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Les médecins de la Saskatchewan peuvent désormais facturer la pilule abortive

Une boite de pilules abortives Mifegyne.

Dans la province, les avortements chirurgicaux ne sont offerts qu'à Saskatoon et à Regina.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Depuis le 1er octobre, les médecins de la Saskatchewan peuvent être remboursés lorsqu'ils prescrivent la pilule abortive à une patiente.

La pilule abortive Mifegymiso a été ajoutée au régime d’assurance-médicaments de la Saskatchewan en 2017 et elle est couverte depuis 2019, mais jusqu'ici, les médecins ne pouvaient être remboursés pour avoir rédigé une ordonnance. Ils devaient facturer un conseil ou une consultation.

Seuls les médecins qui pratiquaient des avortements chirurgicaux étaient directement indemnisés. Cela a dissuadé certains d'entre eux de prescrire la pilule abortive.

Maintenant que cela peut être facturé correctement et que les médecins peuvent être indemnisés pour le temps que cela prend, nous espérons que le nombre de médecins prêts à offrir ce service aux patientes qui en ont besoin augmentera, se félicite une médecin de famille de Saskatoon, Carla Holinaty.

Elle espère que ce remboursement aidera les femmes qui sont dans le besoin, en particulier celles qui vivent dans des zones reculées.

La Dre Holinaty affirme qu’avant le 1er octobre, il était presque impossible pour certaines femmes d'obtenir la pilule abortive. Des femmes vivant en zone rurale devaient parcourir de longues distances pour se rendre en ville afin d’obtenir une ordonnance.

Si l'accès à la pilule abortive s'est amélioré au cours des ans, les femmes ont toujours des problèmes pour accéder aux services dans le domaine de la santé reproductive et sexuelle, selon la directrice générale de la clinique de santé sexuelle de Saskatoon, Heather Hale.

Elle explique que déjà, avant la pandémie de COVID-19, l'information sur l'interruption d'une grossesse était difficile à trouver et que le sujet est souvent entouré de secret et de honte dans la province.

Mme Hale explique que Saskatoon et Regina sont les seuls endroits où on peut obtenir un avortement chirurgical dans la province. Il existe donc une barrière géographique pour les femmes qui vivent ailleurs, constate-t-elle, ajoutant que c'est un problème exacerbé par le manque d'options de transport.

L’accès à l’avortement n’est pas égal d’une ville à l’autre

À Regina, par exemple, les avortements chirurgicaux sont pratiqués jusqu'à 18 semaines et 6 jours, et la recommandation d'un médecin n'est pas nécessaire. À Saskatoon, les femmes peuvent se faire avorter jusqu'à 12 semaines, mais elles ont besoin d'une recommandation de médecin.

Heather Hale pense que les femmes qui ne respectent pas ces délais pourraient avoir à se rendre hors de la province pour se faire avorter, en assumant elles-mêmes les dépenses.

L'accès à l'avortement dépend du fait d'avoir ou non de l'argent dans son compte en banque, affirme la directrice en promotion de la santé d'Action Canada pour la santé et les droits sexuels, Frédérique Chabot. Elle ajoute qu’à cause de la pandémie la santé sexuelle et reproductive est encore plus sous-estimée.

La santé sexuelle est stigmatisée. Souvent, elle n'est pas prioritaire dans les systèmes de santé, ni pour les gouvernements et les organismes de financement, affirme-t-elle.

Alors que la Saskatchewan est exposée à un nombre record d'hospitalisations en lien avec la COVID-19, la province a réduit les services dans son centre de santé pour femmes à Regina et dans les cliniques de santé sexuelle.

Les avortements chirurgicaux continuent d'être une priorité, assure toutefois un porte-parole de l’Autorité de la santé de la Saskatchewan.

Lorsqu'il y a une crise de santé publique, les besoins en matière de santé sexuelle et reproductive ne disparaissent pas, ils deviennent souvent plus urgents, souligne Frédérique Chabot.

Avec les informations de CBC News

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