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L’application mobile albertaine contre les surdoses maintenant offerte à Edmonton

L'application DORS sur un téléphone cellulaire.

Déjà disponible à Calgary, l'application DORS est désormais utilisable à Edmonton.

Photo : CBC / Janet French

Radio-Canada

Alors que la crise des opioïdes fait rage dans la capitale albertaine, la province a décidé d’implanter son application téléphonique pour lutter contre les surdoses à Edmonton.

L’application, appelée DORS (Digital Overdose Response System), est offerte à Calgary depuis cet été. Dans un communiqué de presse, le gouvernement annonce qu’après Edmonton, ce mois-ci, elle sera utilisable dans d'autres villes dans les mois à venir.

Cette application est destinée plus particulièrement aux personnes qui consomment des opioïdes seules chez elles.

Lorsqu’elles se mettent à consommer, elles enclenchent une minuterie. Si elles ne l’éteignent pas avant la fin de la minuterie ou au moment où l'alarme sonne, elles reçoivent un appel du centre d'urgence STARS (Shock Trauma Air Rescue Service).

Si elles ne répondent pas à cet appel, les services d'urgence sont alors dépêchés sur place.

C’est comme avoir quelqu’un pour vous accompagner, sans que cette personne ait besoin d’être là, résume Lerena Greig, directrice générale de l’organisme Parents Empowering Parents.

Selon elle, les personnes consommant seules chez elles et, donc, les utilisateurs potentiels de l'application sont nombreux.

La province précise qu’elle ne divulguera pas de données concernant l’utilisation de ce système, faisant valoir le respect de la vie privée.

Des personnes derrière les chiffres

Selon les dernières données provinciales, 821 Albertains sont morts d'une surdose entre janvier et juillet 2021, contre 619 pour la même période l’an dernier.

Edmonton est particulièrement touchée, avec 295 décès durant les 7 premiers mois de l’année, contre 215 sur la même période en 2020.

À Calgary, le nombre de morts est passé de 206 entre janvier et juillet 2020 à 262 cette année.

Derrière ces chiffres, il y a des gens. Des gens qui ont des familles et des proches qui les aiment, souligne Angela Welz, membre du conseil de l’organisme Moms Stop the Harm.

Sa fille Zoe est morte d’une surdose en 2016 à l'âge de 18 ans. Cette année-là, 553 Albertains sont morts d’une surdose aux opioïdes dans la province. En 2020, ils étaient 1158.

Eric Engler, attaché de presse du ministère adjoint aux Dépendances et à la Santé mentale, explique qu’une augmentation des activités liées au crime organisé et au carfentanil à Edmonton aggrave la crise des opioïdes.

Le gouvernement provincial espère que la mise en place de l’application DORS permettra de ralentir le nombre de surdoses.

À son lancement, cet été, plusieurs organismes avaient salué l’initiative, tout en regrettant qu'elle n’ait pas été implantée plus tôt.

La Colombie-Britannique a une application similaire, appelée Lifeguard, depuis mai 2020.

En 2020, en Alberta, un projet pilote qui mettait en relation les consommateurs de drogues dans des zones éloignées et des personnes pour les surveiller avait été abandonné par le gouvernement.

Une année encore plus meurtrière

La porte-parole du Nouveau Parti démocratique de l’Alberta en matière de dépendances, Lori Sigurdson, critique l’approche du gouvernement conservateur. Selon elle, les solutions apportées ne sont pas à la hauteur de la crise que connaît la province. Nous nous dirigeons vers notre année la plus meurtrière, affirme-t-elle.

Elle est convaincue qu’il y a un lien entre le nombre croissant de surdoses à Edmonton et la fermeture, cette année, de l’un des trois centres de consommation supervisée dans le centre-ville.

Angela Welz, de Moms Stop the Harm, pense qu’il y a besoin de plus de centres de consommation supervisée à travers la province pour aider ceux qui n'ont pas accès à l'application mobile. Il y a des personnes qui n’ont pas de téléphone cellulaire ou d’accès à Internet, souligne-t-elle.

En même temps que l’élargissement de l’application, le gouvernement annonce qu’il souhaite installer un premier centre de consommation supervisée dans le quartier Strathcona, dans le sud d’Edmonton. Le lieu exact et le calendrier du projet restent à déterminer.

D’après les informations de Janet French

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