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Le Québec envahi par les coccinelles asiatiques cet automne

Beaucoup de coccinelles sur un morceau de bois.

Beaucoup de coccinelles sur un morceau de bois.

Photo : Radio-Canada

Si vous avez l’impression que les coccinelles sont plus présentes cet automne qu’à l’habitude, vous n’avez pas la berlue. Une espèce en particulier, la coccinelle asiatique, est plus visible que jamais dans toutes les régions du Québec.

Le professeur au Département de sciences biologiques de l'Université de Montréal Jacques Brodeur affirme que 2021 est une année exceptionnelle pour ce qui est de l’importance des populations de coccinelles asiatiques.

Une vingtaine de coccinelles regroupées sur un contenant en styromousse.

Les coccinelles asiatiques se rassemblent à cette période de l'année pour trouver des endroits où passer l'hiver.

Photo : Radio-Canada

Leur déploiement semble plus important qu’à l’habitude, peu importe où vous vous trouvez au Québec.

Je dirais que c'est une bonne année à coccinelles. Il y en a nettement plus que l'année dernière, par exemple. On en observe un peu plus dans la région de Montréal. J'étais en Montérégie et en Estrie la fin de semaine dernière et j'en ai vu encore nettement plus, observe-t-il.

Conditions réunies

Les conditions climatiques printanières et l’abondance de nourriture expliquent cette présence plus marquée de ces coléoptères tachetés.

Une coccinelle asiatique, en gros plan, marche sur une feuille verte.

Les coccinelles se nourrissent beaucoup de pucerons. Lorsqu'on a une année où les pucerons sont abondants, ça a un impact sur le nombre de coccinelles qu'on va observer dans les champs ou en milieux urbains, explique Jacques Brodeur.

La coccinelle asiatique pique-t-elle?

La réponse est non. Elle est capable de mordre, mais il ne s'agira que d'une morsure inoffensive.

Difficile à identifier

Il y a environ 80 espèces de coccinelles au Québec. La coccinelle asiatique est difficile à identifier, car elle peut avoir plusieurs couleurs et des points différents en nombre et en taille. 

Elle possède tout de même certaines caractéristiques bien à elle.

La coccinelle asiatique est beaucoup plus grosse que la majorité des coccinelles qu'on a ici au Québec, elle est plus robuste, illustre le biologiste.

Une centaine de coccinelles sont mortes à l'intérieur d'une maison, en bordure de fenêtre

Les coccinelles peuvent s'inviter dans les maisons.

Photo : iStock / manonallard

Contrairement aux espèces de coccinelles qu’on trouve traditionnellement au Canada, qui hibernent au pied des arbres, les coccinelles asiatiques ciblent les cavernes et les maisons à l’approche du temps froid.

La coccinelle asiatique est aussi pourvue d’un réflexe de défense, qui l’amène à relâcher un peu de son sang, une substance qui peut tacher des surfaces poreuses et qui est, en plus, particulièrement malodorante.

Peu d'ennemis

Très peu de prédateurs, de parasites ou encore de micro-organismes sont en mesure d'attaquer la coccinelle asiatique.

Elle a été introduite au siècle dernier par les Américains, dans un contexte de lutte biologique en agriculture. C'est un prédateur extrêmement vorace, qui peut décimer des populations de pucerons assez rapidement, raconte Jacques Brodeur. 

Photo macro de coccinelle dans l'herbe verte. Monde des insectes et des insectes macro. Nature au printemps concept.

Coccinelle dans l'herbe verte

Photo : getty images/istockphoto / Visual_Intermezzo

Le problème, par contre, c'est qu'elle est envahissante et très agressive, au point où les experts estiment qu’elle est en train de déloger certaines espèces de coccinelles indigènes en Amérique du Nord, dont au Québec.

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