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Un comité de surveillance demande aux coroners de mieux communiquer avec les familles

Anna Betty Achneepineskum accorde une entrevue.

Anna Betty Achneepineskum affirme que plusieurs familles l'ont contactée au fil des ans pour obtenir des réponses après la mort d'un proche.

Photo : CBC/Logan Turner

Radio-Canada

Le Conseil de surveillance des enquêtes sur les décès, qui supervise le coroner en chef de l’Ontario, recommande d’informer les familles, particulièrement les Autochtones, lorsqu’un nouveau coroner est affecté à une enquête, pour assurer une meilleure communication.

La recommandation, non contraignante, est le signe d’un problème répandu, affirme Anna Betty Achneepineskum, grande cheffe adjointe de la Nation Nishnawbe Aski (NAN), un regroupement de 49 Premières Nations du Nord de l’Ontario.

Selon elle, les coroners ne communiquent pas systématiquement et régulièrement avec les familles autochtones vivant dans des communautés isolées lorsqu'ils enquêtent sur le décès d'un proche.

Le fait que [les membres de la famille] ne sachent pas où se trouve l'être cher, ni ce qui lui arrive, ni pourquoi il est mort, ne fait qu'ajouter au chagrin et à la perte.

Une citation de :Anna Betty Achneepineskum, grande cheffe adjointe de la Nation Nishnawbe Aski

Nous nous attendons à ce qu'une personne d'Attawapiskat, de Fort Severn, de Sandy Lake ou d'Eabametoong, soit traitée de la même manière que si elle vivait à Toronto, ajoute la grande cheffe adjointe de la NAN.

Jonathan Rudin, directeur de programme pour les services juridiques autochtones, a représenté de nombreuses familles lors d'enquêtes du coroner.

Selon lui, les familles ne savent souvent pas quel est le rôle d’un coroner ou s’il y en a un qui s’occupe du dossier qui les concerne.

Les rapports des coroners ne sont pas souvent rédigés dans un langage simple, de sorte que les familles ont besoin d'aide pour déchiffrer ce que le coroner trouve, ajoute M. Rudin.

La recherche de réponses d’un père

La recommandation du Conseil de surveillance des enquêtes sur les décès découle des nombreuses démarches de Ronald Chookomolin, qui a dénoncé le silence de la police après la mort de son fils Marlan à Thunder Bay en 2017.

Bien que la police de Thunder Bay ait identifié une personne d'intérêt en 2018, aucune arrestation n'a été effectuée. L'enquête se poursuit, selon un porte-parole de la police.

Marlan Chookomolin et Martina Patrick posent pour une photo.

Marlan Chookomolin (à gauche) avec sa soeur Martina Patrick. Marlan est mort le 26 juin 2017 après avoir été retrouvé gravement blessé sur le bord d'un sentier à Thunder Bay.

Photo : Avec la permission de Martina Patrick

Depuis 4 ans, Ronald Chookomolin continue à chercher des réponses. Il a porté l'affaire devant le Bureau du directeur de l'examen indépendant de la police, qui a publié en 2018 un rapport sur le racisme systémique au sein du service de police de Thunder Bay.

Il a également porté le cas de son fils devant la Commission d'indemnisation des victimes d'actes criminels et le Conseil de surveillance des enquêtes sur les décès, qui a finalement formulé une recommandation en août 2021.

M. Chookomolin espère que la recommandation signifiera que les familles recevront plus fréquemment des informations directement des coroners chargés de l'enquête, ce qui, selon lui, n'était pas le cas lorsque son fils est mort.

La communication est une priorité, selon le coroner en chef

La recommandation est le plus récent appel lancé au coroner en chef de l'Ontario pour qu'il améliore la communication et la transparence avec les familles, en particulier avec les Autochtones.

Le Dr Dirk Huyer, coroner en chef de l'Ontario, a déclaré à CBC News qu'il s'attend déjà à des conversations régulières et continues entre les familles et les coroners chargés de l'enquête, et que le travail se poursuit pour améliorer cette communication.

Les familles devraient avoir autant d'informations que possible. Il s'agit de l'être cher qu'elles ont perdu et c'est clairement une tragédie pour elles. Et donc, on s'attend dans toute l'organisation à ce que les coroners soient facilement disponibles et communiquent régulièrement.

Une citation de :Le Dr Dirk Huyer, coroner en chef de l'Ontario

M. Huyer affirme qu'il a rappelé cette attente aux membres expérimentés de son équipe et qu'elle est souvent soulignée aux coroners et au personnel.

Le coroner en chef de l’Ontario Dirk Huyer accorde une entrevue.

Le coroner en chef de l’Ontario Dirk Huyer s'attend déjà à ce que les coroners communiquent régulièrement avec les familles lors d'une enquête.

Photo : CBC/Matt Prokopchuk

Il a toutefois reconnu qu'il ne sait pas combien de fois les familles ne sont pas tenues informées des enquêtes sur les décès.

Nous n'avons pas de vérification spécifique ou de suivi pour déterminer la fréquence exacte.

M. Huyer a déclaré que son bureau travaille avec des organisations comme la Nation Nishnawbe Aski pour améliorer les enquêtes sur les décès et la communication avec les familles.

Ce sont des conversations auxquelles Mme Achneepineskum dit avoir participé lors d'un précédent mandat de grande cheffe adjointe de la NAN, de 2015 à 2018. Ils font ces efforts, mais c'est trop lent.

Mme Achneepineskum appelle au développement d'une équipe de liaison qui pourrait aider à faciliter la communication avec les membres des Premières Nations.

Elle présentera cette recommandation lors d'une prochaine réunion avec le coroner en chef de l'Ontario.

Avec les informations de Logan Turner, de CBC

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