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Bris de service à venir en santé en Outaouais : le ministre Dubé laisse planer le mystère

L'homme à la cravate est devant un lutrin sur lequel est ajusté une affiche sur laquelle il est écrit «Outaouais - votre santé, notre priorité».

Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, lors d'un point de presse à Gatineau le mardi 12 octobre 2021.

Photo : Radio-Canada / Laurie Trudel

À trois jours de l’entrée en vigueur de la vaccination obligatoire pour les infirmières qui travaillent au Québec, le gouvernement caquiste n'a toujours pas présenté son plan de contingence. De passage en Outaouais, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a seulement pu confirmer que des bris de service supplémentaires sont à prévoir.

Ce ne sera pas une surprise : il va y avoir de la réorganisation de services, mais je ne veux pas qu'il y ait d'ajustements de dernière minute. Il faut faire ça de façon planifiée et s'assurer que ce sera temporaire, a-t-il déclaré.

Le peu d'informations divulguées quant aux répercussions précises à venir inquiète dans la région, alors que cette mesure a été annoncée il y a plus d'un mois.

On peut jouer sur les mots tant qu'on veut, ce n'est pas une réorganisation, ce sont des fermetures. Il y a des services fermés en Outaouais et d'autres services vont fermer au cours des prochains jours, déplore André Fortin, le député libéral du Pontiac.

De ne pas annoncer son plan à moins de 72 heures de la vaccination obligatoire, c'est très épeurant. C'est tout sauf productif, renchérit Karine D'Auteuil, la présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO).

Le service d'obstétrique de l'Hôpital de Shawville est déjà suspendu depuis février 2020, alors que l'urgence de l'Hôpital de Gatineau n'est ouverte que 10 heures par jour en raison de la pénurie de main-d'œuvre qui frappe l'Outaouais.

Je suis déçu d'entendre un ministre qui semble être arrivé en dans la région sans plan ou engagement précis. Il ne faut pas se laisser endormir par la voix rassurante du ministre, ce qu'il nous dit aujourd'hui, c'est que d'autres services vont fermer dans la région.

Une citation de :André Fortin, député libéral du Pontiac

À l'heure actuelle, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais cherche à pourvoir 350 postes d'infirmières, soit environ 12,5 % des travailleuses nécessaires pour opérer au maximum de leur capacité.

Entre 150 et 160 infirmières supplémentaires ne pourront plus exercer leur profession dans la région à compter du 15 octobre en raison de leur statut vaccinal. Christian Dubé a été catégorique : pas question de repousser la date, peu importe les répercussions de cette mesure.

J'ai beaucoup d'empathie pour les gens qui se posent des questions sur la vaccination, mais pour des gens qui sont dans la santé et qui ont vu des gens être malades depuis 18 mois, j'ai beaucoup de difficulté à comprendre que ces gens-là ne vont pas se faire vacciner, a expliqué le ministre.

C'est une décision excessive qui vient fragiliser le système de santé. C'est inévitable que les services aux patients seront touchés. On ne peut pas donner des services avec la moitié des effectifs, insiste Mme D'Auteuil.

Des primes permanentes à venir en Outaouais

À l'échelle de la province, 5000 infirmières manquent à l'appel, mais la problématique est particulièrement criante en Outaouais, dont le statut particulier a été reconnu en octobre 2019.

Beaucoup de diplômés du Cégep Héritage ne voient jamais l'intérieur du réseau de la santé québécois et se dirigent directement vers l'Ontario, parce que les échelles salariales sont démesurées, surtout au début de leur pratique, a souligné M. Fortin.

Gros plan d'André Fortin.

André Fortin souhaite freiner l'exode des travailleurs de la santé du Québec vers l'Ontario (archives).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Pour mettre fin à l'exode d'infirmières vers l'Ontario, des primes permanentes seront bientôt offertes aux infirmières de l'Outaouais selon le ministre. L'élaboration des détails de cette prime est en cours, à la suite de la signature de la convention collective de la Fédération interprofessionnelle de la santé, la semaine dernière.

La région de l'Outaouais a été délaissée au cours des dernières années, on a beaucoup de rattrapage à faire à cause d'enjeux prépandémiques, a rappelé M. Dubé. Maintenant que la convention comme telle est signée, on peut travailler sur un programme qui va être permanent, mais je ne veux pas scooper le ministre des Finances.

En plus d'incitatifs financiers, des modifications seront également apportées pour bonifier les conditions de travail des infirmières, notamment dans le cas des horaires.

Dans les dernières années, la main-d'œuvre externe avait priorité sur les horaires ce qui était illogique, donc on va abolir cette règle et nos employés auront maintenant priorité sur les horaires favorables, a précisé le ministre de la Santé et des Services sociaux.

Le SPSO souhaite également établir des ratios patients-infirmières sécuritaires pour attirer de nouvelles infirmières et diminuer leur surcharge de travail.

Avec les informations de Laurie Trudel

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