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Vers une suspension du permis d’exercice pour des centaines d’infirmières auxiliaires

Une seringue est remplie d'une dose de vaccin.

Une seringue est remplie d'une dose du vaccin Pfizer contre la COVID-19 dans une clinique de vaccination.

Photo : Getty Images / PATRICK T. FALLON

Radio-Canada

Les infirmiers et infirmières auxiliaires du Québec qui ne sont pas adéquatement vaccinés contre la COVID-19 verront leur droit de pratiquer suspendu à compter de vendredi.

C'est ce qu'a annoncé lundi leur ordre professionnel, qui emboîte ainsi le pas à ceux représentant les infirmières, les inhalothérapeutes et les médecins.

La décision de l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ), qui représente 30 000 membres, n'est pas une surprise.

Dans un décret adopté le 24 septembre, le gouvernement Legault oblige en effet tous les travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux à être adéquatement vaccinés en date du 15 octobre.

C'est un décret, alors on a dû se plier au décret, a commenté la présidente de l'OIIAQ, Carole Grant, dans une entrevue accordée à Radio-Canada.

« On l’a recommandé fortement auprès de nos membres. Ça fait partie des mesures, on est tout à fait d’accord avec la vaccination. »

— Une citation de  Carole Grant, présidente de l'OIIAQ

Le ministre Dubé reconnaissant

En mêlée de presse à Gatineau mardi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a félicité l’OIIAQ pour son geste. Il s'est dit reconnaissant envers les ordres professionnels, même si moi, je trouve que ça ne va jamais assez vite. Il s'est ensuite adressé aux préposés aux bénéficiaires.

Les préposés aux bénéficiaires, qui n'ont pas d'ordre professionnel encore, devraient comprendre en ce moment que la vaccination, c'est la seule solution et on va être très ferme, a-t-il dit.

À l'approche de cette échéance, M. Dubé s'est engagé à présenter aux Québécois un plan de contingence, qui fera état de la nécessaire réorganisation de services un peu partout dans le réseau.

Appelé à réagir à la possibilité que la vaccination obligatoire soit contestée devant les tribunaux, le ministre de la Santé a déclaré vouloir trouver des solutions plutôt que d'aller en cour.

S'il fallait aller devant les tribunaux, nous avons des avocats qui vont regarder ça, a-t-il dit en anglais.

3103 membres concernés

En date du 7 octobre, si l'on se fie à un registre de vaccination fourni par le gouvernement, 1875 membres de l'ordre n'étaient pas vaccinés et 1228 autres étaient partiellement vaccinés. Ce qui fait un total de 3103 membres potentiellement concernés par la suspension. Ça fait du monde, a constaté Mme Grant.

Cela inclut donc des travailleuses qui n'ont reçu aucune dose d'un vaccin, d'autres qui n'en ont reçu qu'une, et d'autres encore qui ont reçu leur deuxième dose depuis moins de sept jours.

Le gouvernement considère ces dernières comme des gens adéquatement vaccinés, mais pas adéquatement protégés, puisqu'il doit s'écouler une semaine avant que l'immunisation soit probante.

« Il est difficile pour nous de vous donner la raison pour laquelle ces gens-là ne sont pas vaccinés. Ils ne nous appellent pas pour nous le dire non plus. »

— Une citation de  Carole Grant, présidente de l'OIIAQ

Le nombre d'infirmières dans chacune de ces trois catégories n'est pas connu.

Chacune d'elles doit recevoir un courriel cette semaine pour expliquer ce qu'elles doivent faire pour régulariser leur situation.

Carole Grant n'a pu dire dans quelles régions ni dans quels types d'établissements travaillent les infirmières auxiliaires qui entrent dans l'une ou l'autre de ces trois catégories.

Selon elle, l'OIIAQ sera en mesure de vérifier le statut vaccinal de ses membres et ainsi éviter que des travailleurs non vaccinés ne travaillent dans des établissements de santé au-delà du 15 octobre.

Cette responsabilité est partagée aussi par les établissements, alors ils doivent eux-mêmes faire la vérification auprès de leurs employés. Il y a une façon de faire de leur côté, et une façon de faire du nôtre, a noté Mme Grant.

Quiconque tentera de travailler sans être adéquatement vacciné s'exposera à une plainte au syndic de l'OIIAQ, qui pourra lancer une enquête pour pratique illégale de la profession. Les contrevenants s'exposent à des amendes très substantielles, selon Mme Grant.

Les infirmières qui régulariseront leur situation récupéreront rapidement leur permis d'exercer, sept jours après avoir reçu leur deuxième dose.

La suspension sera automatiquement relevée, a dit Mme Grant. Tout a été mis en œuvre pour que ça se fasse le plus rapidement et le plus simplement possible.

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