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La montée du niveau de la mer, catastrophe à retardement

Un montage montre Buckingham Palace aujourd'hui, à sec, et Buckingham Palace inondé.

Cette image montre ce qu'il adviendrait de Buckingham Palace, la résidence officielle de la royauté britannique à Londres, advenant une montée des eaux moyenne de 6,4 m générée par un réchauffement planétaire de 3 °C.

Photo : Climate Central

Radio-Canada

Si le monde continue de produire des émissions de gaz à effet de serre (GES) au rythme actuel, les terres sur lesquelles vit quelque 15 % de l'humanité seront sérieusement menacées par l'élévation du niveau de la mer, selon une étude présentée par Climate Central (Nouvelle fenêtre), une organisation indépendante de journalistes et de scientifiques.

Selon cette organisation à but non lucratif, environ 50 grandes villes côtières devraient mettre en place des mesures d'adaptation sans précédent pour empêcher une telle montée des eaux d'inonder les secteurs les plus densément peuplés de leur territoire et de rendre leur population vulnérable aux intempéries.

L'Asie, qui compte neuf des dix mégapoles les plus à risque, serait la région du monde la plus durement touchée, mais tous les continents seraient touchés, sauf l'Australie et l'Antarctique. Certaines petites îles pourraient même disparaître presque complètement.

Ce scénario le plus pessimiste, propulsé par un réchauffement climatique de 4 °C, ferait monter le niveau des mers selon une médiane de 8,9 mètres et aurait des impacts sur environ 1 milliard de personnes.

Si toutefois le monde parvient à respecter la cible supérieure fixée par l'Accord de Paris en limitant le réchauffement climatique à 2 °C par rapport à l'ère préindustrielle, les conséquences seront réduites environ de moitié. Le niveau de la mer s'élèverait alors de 4,7 mètres, menaçant les terres où vivent actuellement environ 500 millions de personnes.

Or, le monde n'est pas en passe de limiter le réchauffement climatique sous la barre des 2 °C. Sur la base des émissions actuelles, la Terre devrait atteindre et même dépasser 3 °C de réchauffement d'ici 2100.

Une fois émis, le dioxyde de carbone (CO2) reste dans l'atmosphère pendant des siècles. Le carbone déjà présent dans l'atmosphère réchauffe actuellement la planète de 1,1 °C, ce qui signifie que même sans émissions nettes après 2020, le niveau médian mondial de la mer devrait augmenter d'environ 1,9 mètre au cours des siècles à venir.

Environ 5 % de la population mondiale vit actuellement sur des terres situées sous le niveau qui sera atteint en marée haute sous l'effet du dioxyde de carbone déjà accumulé dans l'atmosphère par l'activité humaine, a expliqué à l'AFP Ben Strauss, président de Climate Central et auteur principal d'un article sur le sujet paru dans Environmental Research Letters.

La limite de 1,5 °C, la plus ambitieuse inscrite dans l'Accord de Paris, que les pays du monde entier vont essayer de maintenir au sommet COP26 de Glasgow le mois prochain, se traduit quant à elle à long terme par une montée médiane des eaux de 2,9 mètres.

À Glasgow et jusqu'à la fin de cette décennie, nous avons la possibilité soit d'aider les 100 prochaines générations, soit de les trahir.

Une citation de :Ben Strauss, président de Climate Central

L'équipe de Climate Central a par ailleurs tenté d'illustrer concrètement les conséquences liées à ces différents scénarios de montée des eaux en fournissant des images de lieux historiques plus ou moins inondés (Nouvelle fenêtre), selon la gravité du réchauffement climatique.

Musées, cathédrales, temples et célèbres places publiques à travers le monde seraient notamment à risque d'être partiellement ou complètement inondés.

L'image ci-dessous montre par exemple les conséquences de l'élévation du niveau de la mer sur l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique, située à Victoria. Le scénario inévitable d'un réchauffement à 1,1 °C est présenté à gauche. À droite, il atteint plutôt 3 °C.

Avec les informations de Agence France-Presse

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