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Mouvement Montréal tiendrait un référendum sur le statut linguistique de la métropole

Balarama Holness en point de presse devant l'édifice Lucien-Saulnier.

La fusion avec Ralliement pour Montréal ne semble pas avoir fait déroger Balarama Holness de ses principes quant à la langue et au financement de la police.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Balarama Holness entend toujours reconnaître Montréal comme une ville bilingue et réduire les dépenses du SPVM, malgré la fusion de son parti avec celui de Marc-Antoine Desjardins.

Les deux hommes présentaient mardi matin une déclaration commune sur la langue et la sécurité publique. Or, le communiqué de l’annonce précise notamment que M. Holness entend reconnaître Montréal comme une ville bilingue tout en valorisant et en préservant la langue et la culture francophones dans la ville.

Ainsi, le chef de Mouvement Montréal propose une consultation d'un an de l'OCPM sur l'utilisation des langues anglaise et française au sein des institutions publiques et privées, suivie d'un référendum sur le statut linguistique de Montréal.

Dans cette consultation publique là, on va avoir le pouls de la ville pour savoir si elle veut un référendum sur la langue afin de déterminer la langue officielle ou les langues officielles de Montréal.

Une citation de :Balarama Holness, chef de Mouvement Montréal

Balarama Holness et Marc-Antoine Desjardins feraient campagne chacun dans leur camp, ont expliqué les deux hommes mardi matin devant l'édifice Lucien-Saulnier, là où ils avaient scellé leur alliance il y a deux semaines. M. Holness prônerait le bilinguisme officiel, tandis que M. Desjardins plaiderait pour le statu quo.

On va avoir des gens qui vont vouloir rendre peut-être Montréal bilingue – bonne chance! – et puis on va avoir des gens qui vont vouloir garder Montréal française, normalement, et ceux-là vont m'avoir dans leur camp, a illustré l'ex-chef de Ralliement pour Montréal.

Le référendum aurait lieu dans la seconde moitié du premier mandat, et son résultat ne s'appliquerait pas avant l'élection suivante, a-t-il précisé, mardi.

MM. Holness et Desjardins reconnaissent que la Ville de Montréal ne pourrait pas à elle seule réécrire sa charte. Mais si les Montréalais devaient opter pour le bilinguisme officiel, leur administration demanderait à Québec de modifier l'article 1 de ladite charte, qui spécifie que Montréal est une ville de langue française.

Le cas échéant, le projet de loi 96 sur la réforme de la loi 101 ne s'appliquerait pas à Montréal, a dit souhaiter M. Holness, mardi.

Définancer la police ou « réduire les dépenses »?

En ce qui a trait au financement de la police, M. Holness s'engage à réduire les dépenses du SPVM, notamment en éliminant et en gelant les nouveaux projets [...], dont le champ de tir de 57 millions de dollars qui était prévu pour 2020-2022.

Le SPVM, tout comme le reste des 28 000 employés municipaux, est embourbé dans trop de niveaux de gestion, estiment MM. Holness et Desjardins.

En contrepartie, leur parti suggère un investissement d'un milliard de dollars, soutenu par les gouvernements provincial et fédéral, pour les installations sportives, de loisirs et de récréation.

Des négociations qui s’étirent

Ces prises de position font suite à la fusion annoncée le 30 septembre de Mouvement Montréal et de Ralliement pour Montréal.

L’annonce de cette alliance avait surpris les observateurs, dans la mesure où les deux formations défendaient des idées contraires en matière de langue et de sécurité. Mouvement Montréal prônait le bilinguisme officiel et le définancement de la police, ce qui n’était pas le cas de Ralliement pour Montréal.

Marc-Antoine Desjardins avait alors promis que le nouveau parti, qui conserverait le nom de Mouvement Montréal, ne modifierait pas l’article 1 de la Charte de la Ville de Montréal et que des résolutions communes seraient publiées dans un délai de 48 à 72 heures pour relancer la ville de Montréal.

Marc-Antoine Desjardins devant l'édifice Lucien-Saulnier.

Marc-Antoine Desjardins a fusionné son parti avec celui de Balarama Holness le 30 septembre. L'annonce a eu lieu environ 36 heures avant la fin de la période de mise en candidature.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

La candidate vedette de Ralliement pour Montréal Patricia Tulasne, qui brigue maintenant la mairie de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve pour Mouvement Montréal, avait aussi expliqué avoir obtenu l'assurance que M. Holness reculerait sur certaines questions [...] comme la charte de la Ville et le définancement de la police.

D’autres candidats avaient plutôt choisi de retirer leur candidature. Je ne pense pas que la mayonnaise va prendre, avait expliqué l’ex-conseiller municipal Jean-François Cloutier, présenté jusque-là comme le futur président du comité exécutif de Marc-Antoine Desjardins.

J'ai assez d'expérience pour savoir que le parti qui domine va imposer ses vues au final, avait-il ajouté.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

Mouvement Montréal sera présent le 7 novembre dans les 19 arrondissements de la Ville de Montréal. La formation comptera en tout 74 candidats, contre 98 pour Ensemble Montréal (le parti de Denis Coderre) et 103 pour Projet Montréal (le parti de Valérie Plante).

En raison de sa fusion avec Ralliement pour Montréal, d’autres aspects du programme électoral de Mouvement Montréal pourraient encore changer d’ici le jour du scrutin. Malgré leurs divergences d'opinions, MM. Holness et Desjardins assurent être capables de travailler ensemble sur la majorité des enjeux qui touchent la métropole.

En effet, les priorités sont ailleurs, selon eux. Un cône orange s’en fout si vous parlez français ou anglais, a illustré l'ex-chef de Ralliement pour Montréal, qui se présente aujourd'hui comme candidat à la mairie de l'arrondissement d'Outremont.

Plante et Coderre contre la tenue d'un référendum sur la langue

La proposition de Mouvement Montréal n'a pas tardé à faire réagir les autres formations politiques, mardi.

Pour moi, il n'y a pas de raison de remettre en question le statut francophone de Montréal, a déclaré la mairesse sortante Valérie Plante en marge de son propre point de presse. Ça vise à mettre les communautés en opposition, a-t-elle continué. Je suis très inconfortable avec cette proposition.

Le rôle d'un maire, c'est de rassembler, pas de diviser, a déclaré de son côté le chef d'Ensemble Montréal, Denis Coderre. Je m'objecte complètement à un référendum sur cette question-là, a-t-il ajouté. Je ne pense pas que c'est une bonne idée.

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