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Un instrument à 1 $ permet de détecter la COVID-19 dans une population

Gen Erjavec manipule l'instrument sur un trottoir devant un trou d'homme ouvert.

La chercheuse Gen Erjavec prépare le déploiement de l’instrument dans les égouts à proximité d’une résidence pour étudiants à l’Université Dalhousie.

Photo : Gracieuseté/Graham Gagnon

Radio-Canada

Un instrument qui ne coûte qu’environ 1 $ et qui a été mis au point à l’Université Dalhousie, à Halifax, afin de détecter le virus de la COVID-19 dans les eaux usées est expédié un peu partout au Canada et à l’étranger afin d’aider les chercheurs et les services de santé publique à lutter contre cette maladie.

Il s’agit d’une petite cage sphérique contenant un tampon absorbant qui sert à recueillir des échantillons d’eaux usées dans les égouts. Les échantillons sont ensuite analysés en laboratoire, ce qui permet de déterminer s’ils contiennent le virus ou non.

Contrairement à d’autres méthodes, celle-ci ne coûte pas cher. La cage produite par une imprimante 3D ne coûte qu’environ 1 $.

Le faible coût de l’instrument rend ce genre de recherche plus accessible, explique l’un des chercheurs de l’Université Dalhousie qui participent aux travaux, Graham Gagnon. L’équipement d’analyse des échantillons est coûteux, mais la plupart des laboratoires où on étudie la COVID-19 en disposent déjà.

L’équipe de recherche comprend Emalie Hayes, une étudiante au doctorat qui a contribué à mettre au point l’instrument en question.

Les chercheurs ont expédié environ 150 exemplaires de leur instrument en Australie et à la Sorbonne, en France, ainsi qu’aux services de santé publique en Colombie-Britannique, en Ontario et aux Territoires du Nord-Ouest.

Les Territoires du Nord-Ouest l’ont utilisé pour recueillir des échantillons près d’écoles publiques. La présence du virus de la COVID-19 a été confirmée dans un cas.

La santé publique de la Nouvelle-Écosse dit qu’elle n’analyse pas les eaux usées pour suivre l’évolution de la COVID-19.

Prévoir la troisième et la quatrième vague

Les chercheurs ont ainsi recueilli et analysé des échantillons à quatre installations de traitement des eaux usées (Halifax, Dartmouth, Mill Cove et Eastern Passage). Ces dernières traitent environ 92 % des eaux usées dans la région d’Halifax.

Les chercheurs ont aussi recueilli des échantillons à proximité de cinq résidences pour étudiants à l’Université Dalhousie, à six autres endroits dans la municipalité régionale d'Halifax et dans quelques autres communautés de la province.

Les échantillons sont recueillis trois fois par semaine. Si l’analyse de l’un d’eux donne un résultat positif, les chercheurs prélèvent des échantillons plus souvent.

La méthode est assez précise pour détecter environ trois cas de COVID-19 parmi 100 000 personnes et elle peut révéler la présence de la maladie de 10 à 14 jours avant que les services de santé publique la confirment, selon Graham Gagnon.

La troisième vague de la COVID-19 a commencé à déferler sur la Nouvelle-Écosse durant la troisième semaine d’avril 2021. Les chercheurs avaient déjà détecté la présence du virus dans les eaux usées à la fin de la première semaine. Ils ont constaté une forte hausse de sa présence dans les eaux usées aux quatre centres de traitement une semaine avant que le nombre de cas annoncés quotidiennement ne monte en flèche.

Une chercheuse manipule la petite cage sphérique attachée à une corde et qui va être déposée dans les eaux usées pour recueillir des échantillons.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les chercheurs recueillent des échantillons à plusieurs endroits dans la municipalité régionale d'Halifax et dans quelques autres communautés de la province.

Photo : Gracieuseté/Graham Gagnon

La même chose s’est produite pour la quatrième vague de COVID-19, qui a débuté à la fin de l’été. Les chercheurs ont vu les signes préliminaires dans les eaux usées dès la fin du mois d’août, et deux semaines plus tard la santé publique a annoncé le retour de la maladie, explique M. Gagnon.

Il ne peut toutefois faire de prévision quant à ce que va devenir la quatrième vague. La tendance cette fois est moins stable que durant la troisième vague. Les chercheurs constatent une hausse certains jours, mais non d'autres jours.

La méthode ne peut pas servir à déterminer qui exactement est atteint de la COVID-19, mais elle permet de détecter rapidement et facilement si la maladie est présente dans une population donnée. Cette méthode couvre un bien plus grand public que n’importe quel autre test de dépistage clinique, souligne M. Gagnon.

Un produit similaire au Nouveau-Brunswick

Entre-temps, une entreprise au Nouveau-Brunswick, LuminUltra, se prépare à commercialiser d’ici la fin du mois un produit inspiré de celui mis au point par les chercheurs de l’Université Dalhousie.

L'un des dirigeants de LuminUltra, Jordan Schmidt, affirme que l’instrument éveille de l’intérêt dans le monde entier parce qu’il ne coûte pas cher, qu'il est facile à utiliser et qu'il recueille des échantillons de grande qualité.

M. Schmidt compare cette méthode à un détecteur de fumée. Il ajoute qu’elle peut servir à détecter la présence du virus dans les eaux usées provenant des endroits où l'on s’en préoccupe le plus, notamment dans les foyers de soins.

D’après un reportage de Frances Willick, de CBC

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